Les VOIES ROMAINES

Texte provisoire :

Aux débuts de leur occupation, les Romains ont probablement utilisé, entretenu et amélioré l'antique voie héracléenne qui leur semblait trop longue puisqu'elle épousait tous les contours du relief.

C'est pour activer les communications entre l'Italie et la Gaule que, dès 12 avJC. l'empereur Octave-Auguste fit entreprendre l'établissement d'une nouvelle voie, bien plus directe, dite Voie Julia-Augusta, qui, du Cap Martin remontait à La Turbie, descendait le vallon de Laguet, passait à La Trinité-Victor, l'Ariane, grimpait à Saint-Pons, près du Monastère, traversait le plateau de Cimiez et parvenait au Ray par Gairaut. Un embranchement rejoignait à Magnan la voie héracléenne par Corbella et Saint-Etienne.
De ce carrefour, par Saint-Sylvestre, à travers les collines, elle rejoignait le Var qu'elle traversait à Bellett puis grimpait vers La Gaude, Vence puis Grasse vers Castellane.
De Vence, un embranchement descendait vers Antibes, puis gagnait Fréjus et la Provence.

Une importante voie de pénétration s'engageait dans la vallée du Paillon pour rejoindre Levens, Utelle, La Tour, Saint-Etienne-de-Tinée puis se dirigeait vers Barcelonnette et Embrun. Nombre d'embranchements se détachaient et glissaient leurs ramifications dans toutes les vallées.

Ces routes qui nous paraissent étroites en regard de nos artères actuelles, elles dépassaient rarement 2,50 m, étaient remarquablement construites. Nous en conservons des
tronçons presque intacts (chemln du Caladat sur le versant ouest de Cimiez, une partie du chemin de Gairaut, etc.).

Sur presque tout leur parcours les voies romaines étaient couvertes de dalles, parfaitement ajustées, qui reposaient sur une épaisse couche de pierres. On y avait creusé des stries pour empêcher les chevaux de glisser et, à maints endroits, des rainures parallèles, larges de 12 cm, espacées de 1,45 m qui servaient de guide aux roues de chariots. Des canivaux et rigoles facilitaient l'évacuation des eaux.

De temps à autre se voyaient de grosses pierres utilisées par les cavaliers pour enjamber leurs montures et la voie s'élargissait afin que les véhicules puissent se croiser. Parfois, devant les plus beaux panoramas, des blocs servaient de bancs aux admirateurs du paysage. Dans des auberges-relais établies de proche en proche, l'on pouvait se désaltérer ou se restaurer pendant que s'effectuait l'échange des animaux.

Compte tenu des moyens de communication de l'époque, l'organisation des voies romaines ressemble à celle des autoroutes actuelles. De petites bornes marquaient les stades (185,50 m) et chaque mille (1 482 m) était signalé par un milliaire. De Vintimille à Cimiez se trouvaient les milliaires 589 à 608. Nous en possédons toute la série, parfois en plusieurs exemplaires puisque, à chaque restauration importante, l'on plaçait de nouvelles bornes. C'est ainsi que la Voie Julia fut refaite en 179 sur l'ordre de l'empereur Hadrien et en 211 sous le règne de Caracalla. Puis le nom de Voie Aurélia
semble avoir remplacé celui de Voie Julia ; il en reste trace dans l'expression "lou camin aurelian" >
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(1)- Texte extrait de "Histoire du pays niçois" de René Liautaud (Editions du Rocher 1972) p.45 et 46.

ICONE : Image d'origine inconnue