Le théâtre antique

« Les lacunes de nos connaissances concernant ce monument sont à la mesure des profondes destructions qui ont laissé subsister, seulement, les fondations de la scène et les murs rayonnants qui supportaient une partie de la cavea [...] Le théâtre pourrait être un des plus anciens monuments de la colonie, si l'on en juge par l'appareil des murs (moellons assez gros et irréguliers ; joints épais) et par la simplicité du décor et de l'architecture qui n'ont laissé que de pauvres vestiges [...]

Situation

Le théâtre se situe dans le quartier nord-est de la ville où il s'adosse aux pentes, douces en cet endroit, de la butte. L'hémicycle s'ouvre vers le sud-est et la façade quifermait l'édifice de ce côté se trouvait parallèle au decumanus maximus distant de 80 m. ; c'est un précieux indice pour retrouver la direction des rues secondaires qui sont orthogonales dans ce quartier.

L'hémicycle

Un hémicycle, en forme de fer à cheval, constituait la cavea. Il n'en subsiste que les murs rayonnants, les gradins ont disparu. Il semble qu'il existait trois séries différentes de gradins. Du bas vers le haut de la cavea :

• les gradins d'orchestre (trois rangées ?) [...]

• une deuxième série de gradins reposant sur un massif de maçonnerie ;

• par contre, la troisième série la plus élevée de gradins s'appuyait sur des voûtes rampantes que portaient les murs rayonnants. Comme ces derniers se plaquent sur un mur circulaire, on peut proposer l'hypothèse de deux états successifs du théâtre ; l'adjonction des murs rayonnants aurait permis d'agrandir un théâtre de petites dimensions.

La façade de l'hémicycle a disparu. En dernier lieu (1946), le Dr Donnadieu avait fait l'hypothèse d'une façade légère en bois, reposant sur des fondations et des naissances de murs assez minces qu'il retrouvait tout autour de l'hémicycle.

L'élévation de la façade de l'hémicycle reste inconnue : deux étages ? un étage plus un attique ? L'accès aux gradins se faisait soit par certains passages à travers la façade menant à des galeries et des escaliers, soit par deux entrées situées à la jonction de l'hémicycle et du bâtiment de scène.

La scène

Les fondations de la scène existent encore et permettent de retrouver :

• le Proscaenium (39 m. x 6,80 m.) : plateau où évoluaient les acteurs, constitué d'un plancher reposant sur des piliers de maçonnerie carrés et sur élevé par rapport à l'orchestre ;

• le Pulpitum : mur bas (1,20 m. à 1,40 m.) séparant orchestre et proscaenium ;

• la Fosse : (l = 0,78 m.), située entre pulpitum et proscaenium , permettant de lever (et non de descendre) le rideau par un système de mâts télescopiques et coulissants ;

En arrière et sur ses deux côtés, la scène était entourée par des bâtiments dont la hauteur devait égaler celle de la cavea (que nous ignorons). Du côté de la scène, les décorations et les portes des murs de ces bâtiments faisaient partie du décor de pièces jouées. S'agissait-il d'une décoration simple (peinture en trompe-l'œil) ou périssable (bois stuqué) ? en tous cas, on n'en a retrouvé. Ces bâtiments formaient des dépendances contenant les décors, les coulisses, les accessoires, les foyers des acteurs :

• latéralement, on les appelait Parascaenia. À Forum Julii, ils offraient (sur un ou deux niveaux ?) une ou deux salles vastes de 16,80 m x 6,78 m.

• en arrière de la scène, on les appelait Postscaenium. Ils offraient (sur un ou deux niveaux ?) une ou deux salles (16,30 m. x 3,28 m.). »
(1)

(1) - « FRÉJUS - Forum Iulii, une ville romaine » par Louis ROBION, professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1982) pages 68 à 70.

ICONE : Cl. J. HOUBEN