Le Musée archéologique et les collections municipales

Depuis 2000 ans, les monuments romains marquent le paysage de Fréjus et du Var : l'Aqueduc, l'Amphithéâtre, les Remparts, et bien d'autres sites abandonnés depuis l'Antiquité, ont attiré et inspiré de nombreux voyageurs anonymes ou célèbres, tels Victor HUGO ou Prosper MERIMEE.

L'agglomération moderne ne s'est véritablement développée qu'à partir du milieu du XXe siècle,permettant à des générations de collectionneurs, souvent hommes d'église, d'y faire des découvertes remarquables aux abords des remparts romains, car de nombreux jardins recouvraient la ville antique.

Histoire des premières collections.

Dès la fin du XVIe siècle, des collections d'antiquités ont commencé à être organisées.

Nicolas ANTELMY (1567-1646) et son neveu Pierre ANTELMY (1598-1668), chanoines de la cathédrale de Fréjus, constituent un cabinet de curiosités renfermant des médailles, des inscriptions, des sculptures ainsi qu'un trépied en bronze provenant du Clos de la Tour. Ils font don de ces collections à un illustre érudit provençal, Nicolas de PEIRESC, mais ces objets ont été malheureusement dispersés.

C'est au début du XIXe siecle, plus précisement en 1803, que les premières fouilles archéologiques officielles ont lieu à la Plate-Forme, au Théâtre romain et aux Thermes de Villeneuve sous l'impulsion du prefet du Var Christophe de VILLENEUVE-BARGEMON.

Création du Musée archéologique municipal.

Il faut attendre la venue de Joseph-Antoine AUBENAS (1813-1893), magistrat puis maire de Fréjus, pour que soit fondé en 1880, dans une salle de l'ancienne mairie (rue Jean-Jaurès), Le Musée archéologique appellé Cabinet des antiquités, dont il devient le premier conservateur. Il y rassemble les collections de la commune et des dons privés et publie en 1881 une Histoire de Fréjus, ouvrage fondamental pour la connaissance de la ville.

En 1912, la mairie est transférée dans l'ancien évêché. Le musée y occupe alors la salle dite de l'Officialité, actuelle salle Riculphe, au rez-de-chaussée, puis sera installé dans la salle haute du cloître, où il se trouve encore aujourd'hui.

Au début du XXe siècle, Auguste PELLOUX-GERVAIS, propriétaire du domaine agricole du Clos de la Tour (ancienne propriété de l'évêché) situé sur l'emplacement d'un quartier de la ville antique, découvre sur son terrain une quantité importante d'objet archéologiques, ainsi que plusieurs mosaïques, dont celle du léopard, qu'il donnera au musée en 1923.

L'archéologie moderne à Fréjus.

Deux personnalités éminentes, le Dr Alphonse DONNADIEU (1877-1959), maire de la ville et conservateur du musée, et Jules FORMIGE (1879-1960), architecte en chef des monuments historiques, vont marquer à leur tour l'archéologie des années 1920-1930. Le premier fouille, entre autres sites, la ferme du Reydissart à Villepey, la Plate-Forme et le site de l'Agachon sur la colline du Moulin à vent ; le second s'est consacré à la fouille du Théâtre romain et à la restauration du Baptistère et du Cloître.

Il faut surtout souligner ensuite l'action de Paul-Albert FEVRIER (1931-1991), professeur à l'Université de Provence, qui à travers ses nombreux chantiers de fouille a oeuvré pour la sauvegarde des principaux sites et monuments de la ville, et dont la rigueur scientifique a permis d'initier une archéologie moderne à Fréjus. C'est à cette époque, en 1970, lors des fouilles du Clos de la Tour, qu'est mis au jour l'hermès bicéphale devenu le symbole de la ville.

En 1982, la Ville de Fréjus crée le Service archéologique municipal qui figure parmi un des premiers de France, et dont les chantiers contribuent encore à enrichir les collections de la commune.

Ce texte figure sur l'un des panneaux du Musée archéologique

ICONE : Cl. J. Houben

 

Visite du Musée archéologique de Fréjus,
après sa rénovation, début 2005.


Evocation de FORVM JVLII durant le Haut-Empire
Conception : Chérine GEBARA et Isabelle BERAUD,
Réalisation : Denis DELPABILLO