La Lanterne (d'Auguste ?)

« À l'entrée du port, à l'extrêmité du quai sud, se dessinent deux exèdres semi-circulaires ouvertes au nord dont la plus orientale fut comblée, dès l'époque romaine, d'un massif de béton.

Sur ce massif se dresse le monument [...] appelé Lanterne d'Auguste. C'est une tour de 10 m. de hauteur constituée d'une base hexagonale surmontée d'une pyramide à six pans; une corniche en biseau sépare cette dernière de la base. Les restaurations n'ont pas altéré l'allure première de la construction : des parties de parement primitif subsistent sur les faces est.

La fonction de la Lanterne reste énigmatique. Ce n'est pas le phare du port, rôle que lui avait attribué Girardin. Tout d'abord, elle est située à l'intérieur des terres. Ensuite, elle manque d'une hauteur suffisante. De plus, son sommet n'est accessible ni de l'intérieur en maçonnerie pleine, ni de l'extérieur dépourvu d'escalier. On pense qu'il s'agissait d'un amer, c'est à dire d'un signal marquant l'entrée du port pour les navigateurs. On a aussi proposé, mais sans aucune preuve, de retrouver le phare soit dans la tour qui flanquait la Butte Saint-Antoine au sud-est, soit dans les vestiges de la petite île du Lion de mer [...]»
(1)

« La Lanterne marquait le début du mur protecteur du quai sud du canal qui reliait le port proprement dit à la mer. Sur plus de 100 m. ce mur, bordé d'un quai occupé de nos jours par une petite route, prolongeait le quai et le mur sud du port en direction de la mer. C'est par l'observation d'un cadastre ancien et des photographies aériennes que P.A. Février pense avoir retrouvé approximativement la direction et l'emplacement du quai nord du canal dont tout a disparu. (Voir à ce sujet : "Canal Port-Mer")

L'entrée du port avait une largeur de 80 m. et le canal pouvait atteindre de 50 à 80 m. de large. Par les moyens indiqués ci-dessus, on peut aussi essayer d'expliquer l'interruption brusque du mur sud du canal au bout d'une centaine de mètres : soit par un prolongement par un talus de terre aujourd'hui effacé, soit par la présence, entre le port et la mer, d'un deuxième étang qu'un court, canal aurait suffi à relier au port [...] le paysage côtier a changé depuis l'antiquité, non par suite d'une modification du niveau de la mer, mais par l'effet d'ensablements qui ont provoqué un recul de la côte (300 m. environ, d'après les dernières estimations). La communication du port avec la mer reste donc une question mal précisée » (2)

(1) - « FRÉJUS - Forum Iulii, une ville romaine » par Louis ROBION, professeur au Collège Henri Bosco
    à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1982) page 46
(2)- Texte d'origine inconnue

ICONE : Cl. J. HOUBEN