Le Clos de la tour

« Cette ancienne propriété du Chapitre de la cathédrale de Fréjus (appelée aussi Clos ou Vigne du Chapitre ou encore Capitou) se situe dans le nord-ouest de la ville antique, en bordure méridionale du rempart dont la tour a donné le nom actuel du terrain. On connaissait depuis longtemps sa richesse archéologique par d'intéressantes trouvailles faites en surface ou à faible profondeur. Autant que ces vestiges, la situation exceptionnelle du Clos de la Tour assurait les éventuels fouilleurs d'une bonne récolte : l'absence d'urbanisation sur le terrain lui-même, la proximité relative du centre si mal connu de la colonie, le voisinage prometteur du quartier du théâtre à l'est, du rempart au nord-ouest, et surtout la croisée du Cardo maximus et du Decumanus maximus dans l'angle sud-ouest du Clos [...]

Histoire du quartier

Les fouilles ont permis d'observer une évolution longue et complexe de ce quartier.

Tout d'abord, par rapport à la déduction coloniale imprécisément datée, l'occupation du quartier fut tardive. Ce dernier naquit véritablement sous le règne de Tibère (14-37) seulement. Vers 20-30, un nivellement amélioré et un empierrement rendent les rues praticables, les premières maisons s'élèvent, comportant des unités d'habitation simples, petites, mais non pauvres [...] S'il y eut une occupation antérieure (autour du début de notre ère), il s'agissait d'installations très sommaires : on retrouve des fondations en moellons mal équarris liés à l'argile et les «rues» restaient encore impraticables.

• c 'est à l'époque flavienne (vers 70 ?) qu'eut lieu le grand aménagement du quartier. Le réseau d'assainissement fut mis en place. Sous la branche sud du Cardo, un grand égout collecteur rassemble les rejets de plusieurs canalisations d'îlots. De profonds remaniements touchent les maisons, et tout un quartier en est transformé.
• dans les deux siècles suivants, la vie du quartier se poursuivit. On observe l'entretien des rues par des recharges successives qui en exhaussent le niveau. à des dates diverses et parfois tardives (jusqu'en plein milieu du IIIe siècle, pour l'îlot III), les maisons reçoivent des modifications encore très importantes, elles ont tendance à s'étendre aux dépens des rues dont la largeur est diminuée d'autant et les alignements primitifs modifiés [...]
• l 'abandon est difficile à préciser. L'occupation du quartier persista jusqu'au cœur du IVe siècle au moins, avec des traces de constructions et de remaniement dans l'îlot I. Mais à cette date, quel était l'état des lieux ? gravats et décombres embarrassent de plus en plus les trottoirs et le Cardo ; les maisons sont occupées mais on soupçonne leur délabrement. Au Ve siècle, il ne semble pas y avoir eu d'occupation véritable.

Les rues

On peut tirer trois précisions des fouilles : l'aménagement du quartier et des rues prit, tout d'abord, la forme d'un nivellement d'ensemble du terrain par arasement des dos de rochers et par comblement des creux. Il subsiste une pente sensible vers le sud. Ce nivellement rend les rues praticables sous le règne de Tibère seulement, vers 20-30. Les fouilles ont, ensuite, confirmé le caractère orthogonal des decumanes et des cardines du quartier par rapport aux deux grands axes de la ville : on connaissait déjà le parallélisme existant entre la façade du théâtre et le decumanus maximus [...]

Les maisons

Comme aucun îlot n'a été dégagé dans son entier, nous ne connaissons que les « angles » de ces derniers situés en bordure du carrefour. L'interprétation - et les mesures - restent donc précaires et sujettes à révision. » (1)

(1) -« FREJUS - Forum Iulii, une ville romaine » par Louis ROBION, professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1982) pages 80 à 82
ICONE : Mosaïque, Musée archéologique de Fréjus

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