Le clergé Fréjusien face aux lois de 1789


Fréjus en 1789

Fréjus, alors bourg essentiellement agricole, compte en 1789 3062 âmes,

Sa population, pauvre dans son ensemble, se compose surtout de petits agriculteurs indépendants, faisant avec peine vivre leurs familles. Bon nombre d'autres ménagers ou employés agricoles se louent soit à temps partiel pour les grands travaux, soit à temps complet.

La grande propriété agricole appartient alors en partie à la bourgeoisie. Elle garde son fonds rural de génération en génération et l'arrondit tant par donations testamentaires que par mariages entre famines de possédants, ou encore, à l'Église. A cette époque, le clergé local possède une grande partie de notre terroir. Les propriétaires ont pour nom : l'Évêque, seigneur temporel de Fréjus, le Chapitre, le grand Séminaire, les soeurs Dominicaines et pour une importance moindre les pères Dominicains.

De nombreuses familles fréjusiennes occupent des emplois de ménagers dans ces exploitations. Ces propriétés dans l'ensemble sont tenues d'une façon rigoureuse. Elles représentent en gros la principale source de revenus de leurs propriétaires. De près ou de loin, chaque famille est quelque peu intéressée à cette gestion des biens ruraux ecclésiastiques ou bourgeois. La grande majorité de la population reste soumise à l'autorité des grands terriens fréjusiens. Non pas par esprit courtisan, simplement parce qu'il en a toujours été ainsi. Chacun pense qu'il ne peut vivre qu'avec l'aide de son employeur,

Cette introduction veut situer un état d'esprit: celui de la majorité des Fréjusiens. Les événements le prouveront. Il ne se passera rien à Fréjus pendant la Révolution. Je veux dire aucun événement sanglant révolutionnaire.

L'administration nouvelle, présidée par des maires bourgeois, appliquera honnêtement les lois et décrets du nouvel ordre, sans défaillance, mais sans zèle. La population suivra, sans plus. Il faut toutefois tenir compte qu'à partir du moment où des Fréjusiens ont pu acquérir dès le 14 Avril 1791, les biens de l'Église vendus aux enchères, par intérêt, ils se rangeront du côté de l'ordre nouveau, et ce de peur que les anciens propriétaires ne leur reprennent leurs biens.


Importance de l'église catholique à Fréjus à lu veille de la Révolution

Fréjus est comme il a toujours été, siège d'un diocèse important. L'Évêque y demeure.

Voici la liste des Ecclésiastiques en poste en 1789 :

-L'évêque, seigneur temporel portant le titre de Monsieur de Fréjus : Monseigneur Emmanuel François de Beausset-Roquefort

- Le prévôt de la cathédrale : Monsieur le chanoine J.Martin Cavalier

- Trois vicaires généraux : MM. d'A.stier, de Montgrand et Maurinc (1er archiprêtre de la cathédrale, A cette époque elle en possédait deux)

- Deux archiprêtres : Maurine et Heraud.

- Neuf chanoines résidants et titulaires : MM.Cosic, Coulomb, Cavalier (archidiacre), Brieu, Albin (sacristain), Antelmy, Chautart, Baliste (Capiseol), Panisse.

- Treize bénéficiers résidants et titulaires : MM.Turles, Lamy, Meyfredy, Ricaud, Mathieu, Reverdit, Roustan, Roubieu, Floris, de Cresey, Bonet, Chorand, Fruchier.

- Prêtres retraités ; MM. Maurine et Arnaud

- Chapelain : l'abbé Tanneron, chapelle de l'hôpital Saint-Jacques.

- Grand Séminaire :

- Supérieur: M.l'abbé Audibert
- Économe : Jean Rey
- Professeurs: M. André Saurin, et la plupart des bénéficiers,
- Une centaine de jeunes séminaristes.

- Clergé Régulier :

- Dominicains : Couvent de Notre-Dame du Palais aux Arènes. Prieur : le Révérend Astier et un père,
-Dominicaines : Douze religieuses
Filles de la Charité de Nevers : Enseignantes et soignantes : trois religieuses (effectif doté par Monseigneur de Fleury)

Soit un total :

- Clergé séculier: 135
- Ordres réguliers :

- moines : deux
- religieuses : 15,

A ce nombre, il convient d'ajouter les religieuses servantes de l'Évêché et du Séminaire,


Premières réactions face aux nouveaux décrets.

Le 28 Mars 1789, notre clergé se rend à Draguignan, chef-lieu de la Sénéchaussée.
Les ecclésiastiques diocésains sont appelés à élire les électeurs de leur ordre. Lesquels nommeront ensuite les députés. Je signale que jusqu'à cette date, les électeurs, voire les députés, ne se recrutaient que parmi les dignitaires et par dérogation, les bénéficiers. C'était là une tradition toujours respectée, si elle n'était pas imposée. La réunion se tient dans l'église des Dominicains (actuel hôtel Berlin). L'Évêque est élu président par acclamation. L'ordre du jour imposé de cette première journée marque la renonciation de tout privilège pour les biens ecclésiastiques en matière d'impôt

Le lundi 30 Mars, le prélat absent délègue le Prévôt J, Martin Cavalier. Le ton est assez tendu.

Le 7 Avril, réunis dans l'église des Frères de la Doctrine chrétienne (actuelle cour d'assise),
Les 36 électeurs des sénéchaussées de Draguignan, Grasse et Castellane, vont avoir à élire leurs députés (un par sénéchaussée). L'évêque s'est fait représenter par un vicaire général,
Mr de Montgrand. En ouverture, il lit un mandement épiscopal prêchant la conciliation et la soumission du bas clergé. Le Prévôt Cavalier fait suivre cette lecture d'une protestation véhémente contre le mode d'élection, déclarant que les congruistes (1) ne pouvant être grevés de l'impôt, ne peuvent pas non plus le voter ! Tous les curés présents (11) font bloc avec le tiers État contre le Prévôt, ils signent une protestation disant :

"La représentation des cures est plus essentielle à la religion et au peuple que ne le sont le chapitre et le décimateur."

La conséquence directe a été l'élection aux Etats généraux de trois prêtres appartenant à ce qu'il est coutume de nommer le bas clergé. Pour notre sénéchaussée, il s'agît de l'abbé Alexandre Gardiol, curé de Callian. Il devient député.

Cela marque une coupure, peut-être une incompréhension, entre le clergé de base et les dignitaires. C'est la première fois que cela se produit dans le diocèse de Fréjus.


Réactions face aux lois visant la réforme de structure de l'église :

3 Mars 1790, [...]
Les membres du vénérable Chapitre de Fréjus, reçoivent la notification suivante :

"Tous les privilèges et franchises, étant abolis par décret de l'Assemblée Nationale, Messieurs du vénérable Chapitre de cette cathédrale et autres privilégiés, sont soumis à payer toutes les charges, ainsi et de la même manière que les autres habitants de façon que cet avantage tourne au profit de la communauté et qu'elle en doit retirer le revenu principalement sur les fermes du piquet, (2)"

Quatre lois allaient donner un coup certain à notre clergé local, tant dans l'exercice de son sacerdoce que dans la gestion de ses nombreux biens,

- 2 Novembre 1789 : Loi abolissant les bénéfices épiscopaux.
- 2 Novembre 1789 : Loi mettant les biens du clergé à la disposition de la Nation.
- 13 Février 1790 : Suppression des ordres religieux et des voeux monastiques.
- 22 Juillet 1790 :Vote de la loi de la Constitution civile du clergé.

Essayons de souligner l'incidence locale de ces quatre textes légaux :

A- Perdant leurs bénéfices épiscopaux, les évêques ne pourront plus maintenir dans leurs cathédrales les bénéficiers,

B- La sécularisation des biens du clergé fait disparaître le Chapitre de notre cathédrale,
Cela implique le passage des biens capitulaires à la Nation et leur vente aux enchères publiques,

C- Nos couvents ne se trouvant pas sur la liste de ceux qui resteront ouverts à tous les religieux et religieuses de tous ordres, ils doivent être évacués pour être vendus. En contre partie, les religieux et religieuses acceptant de les quitter recevront un traitement national.

Le 9 Septembre 1791 [...]

"Le corps municipal de cette ville s'est transporté au Monastère des dames religieuses de Saint-Dominique de cette ville à l'effet d'y prendre les déclarations de chaque religieuse en particulier, conformément à l'article XV du titre II de la loy constitutionnelle sur les religieux, religieuses, du 14 Septembre dernier et de la délibération du Conseil municipal de ce jour. En avons fait lecture à toutes les dites dames assemblées, des dites lois constitutionnelles, et ensuite s'étant retirées, nous avons fait appeler chacune des dites religieuses en particulier, lesquelles ont répondu ce qui suit :

- La soeur Marie-Antoinette Sièyes St-Esprit a déclaré et a dit vouloir sortir en conformité des lois constitutionnelles.
,- Ont été du même avis :

- Sœur Marie Anne Chaner St-Augustin
- Soeur Jeanne Auroy St-François
- Sœur Anne Ventin Ste-Félicité
- Sœur Anne Marguerite Martin St-Gabriel
- Sœur Catherine Maurine du Sacré Cœur
- Sœur Françoise St-Léonce Cavalier
- Sœur Françoise Gros St-André
- Sœur Dorothée Chaix Ste-Marie
- Sœur Eléonore Alliez St-Pierre
- Sœur Félicité Buisson St-Paul
- Sœur Anne Giraud
- Sœur Pandosy de Ste-Thérèse et Sœur Pandosy St-J.Baptiste,
Ces deux dernières religieuses Bernadines transférées dans ce Monastère. Toutes ont signé, sauf Sœur St-Paul pour ne pas savoir",


Le même jour le père Jean François Gassin, seul présent au couvent des Dominicains, fait la même déclaration.

Ces religieux percevront donc un traitement annuel sur présentation du certificat de civisme, du certificat de résidence portant mention du versement des impôts exceptionnels d'aide aux armées de la République.

Les couvents devenus biens nationaux seront vendus aux enchères publiques à Draguignan.


D.- La loi sur ta Constitution civile du clergé est certainement la plus importante des quatre. Elle touche les prêtres dans leurs obligations sacerdotales, La loi s'adresse, non pas à tous les ecclésiastiques, mais aux prêtres fonctionnaires de jurer fidélité à la loi réorganisant l'Eglise de France. Elle s'adresse : à l'Evêque, aux grands vicaires, aux curés, aux vicaires, aux supérieurs des Séminaires, aux professeurs.

On leur demande d'accepter, en gros :

- Un Diocèse par département, ce qui change complètement la structure ancestrale des évêchés,
- Un Evêque élu par des électeurs civils de quelle confession que ce soit.
- Un Conseil épiscopal élu, remplaçant le Chapitre et limitant le pouvoir des évêques.
- Les curés élus par l'ensemble de leurs paroissiens
- L'autorité du Pape reconnue que nominalement par une lettre de l'Evêque élu lui notifiant son élection.

Les intéressés disposent d'un délai de huit jours pour prononcer publiquement le serment de fidélité, à partir de la date de notification de la loi dans la commune. Le prêtre refusant ie serment sera destitué.


Dans l'intervalle, le siège du Diocèse du nouveau département du Var est définitivement confirmé à Fréjus (15 Juillet 1790). Les autorités départementales offrent à Monseigneur de Beausset, retiré à Aix depuis le début de la Révolution, d'en devenir le premier évêque constitutionnel, s'ïl prête serment.

Les membres du Chapitre, bien que n'étant pas soumis à serment (leur institution ayant été dissoute) se réunissent solennellement [...] sous la présidence du Prévôt dans sa salle capitulaire devant les responsables du district et du Conseil Municipal, ils demandent que l'on prenne acte :

- De la soumission de tous les titulaires de l'Eglise aux ordre du Roi, sous la réserve des droits du Chapitre et du Prévôt en particulier concernant l'exercice de la cure.
- Le Prévôt en son nom et en celui des chanoines titulaires demandent à conserver les logements dits de fonction attribués à chacun (Ordre leur ayant été donné de les évacuer avant le 31 Décembre pour être vendus comme biens nationaux.)

Le Conseil ne peut que constater qu'il n'est pas en son pouvoir de connaître les droits respectifs, des parties concernant l'exercice de la cure, de l'offre faite par tous les anciens chanoines titulaires de continuer provisoirement et individuellement le service de l'église. Il réitère la disparition des Chapitres et demande que Mgr de Beausset se rende au plus tôt à Fréjus, Son absence contribuant à l'interruption du culte.

Cette cérémonie officielle, à mon sens, avait plusieurs buts. Monsieur Cavalier a bien voulu marquer que le Chapitre restait fidèle au roi, mais au roi seulement. Que les chanoines voulaient bien être utiles mais à titre individuel. Cela laissait entendre que l'état-major diocésain ne se sentait pas engagé par le nouvel ordre. D'autre part, parlant au nom du Chapitre, le Prévôt essayait de persuader les chanoines de ne pas prêter serment à la Constitution civile du Clergé. Il est de fait que si ce serment ne présentait aucune obligation pour les chanoines et les bénéficiers, il aiderait certainement le reclassement dans la nouvelle hiérarchie.

La loi publiée à Fréjus le 13 Janvier 1791, ordonnait le serment dans les huit jours. Le Prévôt avait raison d'être inquiet. Tour à tour devaient jurer publiquement : MM. Maurine, Héraut, archiprêtres, Audibert, supérieur du Séminaire, Jean Rey, économe. Les chanoines J.A.Albin, J.M.Coulomb (ancien théologal), P.L. Cavalier (archidiacre), frère du Prévôt, Chautard. Pour les bénéfïciers JJ.Meyfredy, Freuchier, Ricaud, Charles, Rolland, Reverdit, Gastinel, vicaire,

Il est difficile de publier une liste nominative exacte des "jureurs". Monsieur l'abbé Laugier, dans son ouvrage déjà cité en référence, précise que l'Eglise s'est toujours refusée à publier les noms des prêtres réfractaircs et des repentis. On ne peut l'établir que par recoupements. Un état brouillon, sans date, (daté par l'archiviste local au 9 fructidor an 3) mentionne les ecclésiastiques percevant un traitement, donc en règle avec les lois nouvelles. Je retrouve, outre les religieux ce qui est normal, les noms de Maurine, Albin, Meyfredy, Lombard, Coulomb, Cavalier, Freuchier. Cela ne représente pas l'ensemble des "jureurs" cités plus haut. Cela laisse supposer que certains ont quitté Fréjus. Par exemple, le chanoine Cavalier, réside à Lyon. Son frère le Prévôt, refusant tout serment, quitte notre cité le 10 Mai 1791 la veille de l'arrivée de l'Evêque constitutionnel Rigouard. Monsieur Laugier [...] ajoute :

"C'est le dernier résistant officiel qui s'en va"

Dans son ensemble, notre clergé n'a pas été hostile à l'ordre nouveau, Les jureurs, pour la plupart, [...] reçoivent leur certificat de civisme, donné à celui

"qui a toujours donné dans les temps la preuve non équivoque du plus pur civisme".

Mgr de Beausset, après avoir hésité, ou donné l'impression de le faire, prend position en quittant la France pour Nice, sans vouloir traiter de près ou de loin avec l'Administration départementale. Son successeur M.Rigouard, député à l'Assemblée constituante, fait élire les vicaires épiscopaux. Monsieur Maurine en devient le premier. Il semble être l'homme fort de cette nouvelle administration, il demeurera en outre premier vicaire de l'Eglise épiscopale.
.
Le clergé paroissial devrait théoriquement se composer de six vicaires. Monsieur Laugier [...] n'en trouve que quatre : Maurine, Roubié, Rostand, Meifredy, plus deux clercs : Cauvière et Rolland, tous au traitement payé par le District de 400 francs l'an et 150 pour les clercs
.
Monsieur Maurine, à la demande du district, réorganise en 1792 le service paroissial [...] :


- Quatre vicaires Maurine, Héraud, Ricaud, Chautard.
- Un prêtre chargé de la messe de l'aurore,
- Un sacristain civil
- Un sous-diacre : Charles.
- Un porte croix : Roland.
- Un organiste : l'abbé Freuchier,
- Un bedeau : le citoyen Martial.
- Un sonneur : Coullomb,
-
Quatre enfants de chœur (Raynaud, Pongous et deux Meynard).


Le tout payé officiellement. Fréjus, avec Callian, Sainte-Maxime et Roquebrune sont les cures officielles du district.

L'article 3 du décret des 4 et 6 Septembre 1792 transfère

"les dépenses de chaque culte à la charge des municipalités dont les citoyens le professent",

Le Conseil général de la commune, en surveillance permanente, dédice l'organisation suivante :[...] Les frais du culte ne seront pas acquittés en régie, mais par une seule personne de confiance; le citoyen Coullomb, sonneur,

"dont le zèle et les sentiments honnêtes sont connus et bien noté des citoyens-vicaires de la paroisse,"

Deux entants de choeur sont renvoyés : un Meynard et Pongous.


Tous les prêtres bénéficiers sont renvoyés

Toutes les dépenses sont dotées d'une prévision budgétaire à ne pas dépasser.
Une délibération du 1er Frimaire an II, nous fait part d'une nouvelle réduction du culte catholique. Le registre des délibérations note :

"La raison et la philosophie ayant éclairé le peuple français, les Fréjusiens secouent les préjugés auxquels ils sont encore enchaînés."

Il demande qu'il soit enjoint aux curés, vicaires et prêtres de Fréjus, de restreindre les cérémonies du culte catholique dans l'enceinte du temple.

"Les cérémonies ne seront plus exercées publiquement"

Le Conseil en conséquence supprime le port du viatique dans la rue l'accompagnement des corps au cimetière, les processions, hors "le temple". Les Fréjusiens se sentirent fortement pénalisés par cette délibération, La procession rituelle du 2 Avril en l'honneur de Saint-François allait être supprimée. Or, toucher à ce saint, et à son rite de célébration est toucher à leur cœur.

L'effectif des vicaires ne semble pas avoir été réduit. Toutefois au départ définitif de l'évêque pour Lorgues, seul le clergé paroissial demeurera.

Le 3 brumaire de l'an III, la société populaire de Fréjus s'inquiète des effets, argenteries, fonds des chapelles et confréries. Le citoyen J.Denegri, valet de ville, est chargé d'enfermer le tout sous scellés dans la salle des archives. Les effets étant redistribués aux paroisses autorisées (3),

Malgré les assouplissements apportés par la Constitution de l'an III pour faciliter le libre exercice des cultes, rien ne changera à Fréjus. Les archives manquent de documents pour cette époque.

La Convention supprime tout culte public. La cathédrale a simplement été fermée. Encore qu'une D,M, du 29 Décembre 1799 demande que l'orgue soit réparée par souscription publique. Les chapelles Saint-François, des Pénitents blancs et du Séminaire sont converties en salles de réunion. La chapelle des Dominicaines se change en Temple de la déesse raison.


L'action des prêtres non jureurs,

Pendant ce temps, une autre partie de notre clergé les "non jureurs" qui n'a pas émigré, ou qui nous est revenu clandestinement, tente de réorganiser le ministère. Tout cela, à la dérobée.

Mgr de Beausset, vieilli, malade, infirme, délègue depuis Ferrare ses pouvoirs à l'abbé André Saurin, ancien professeur de dogme au Séminaire depuis 1779. Aidé de l'abbé Turles, bénéficier et ancien professeur de philosophie, ils deviennent les animateurs responsables de la mission épiscopale. Fréjus en est un centre. Déjà le 12 Novembre 1791, l'évêque avait par ordonnance jeté l'interdit sur la cathédrale et sur son nouvel évèquc,

Le responsable de la Mission pour Fréjus est l'abbé Chiris, se cachant à Saint-Raphaël. Ce qui a fait écrire à Monsieur le Chanoine Espitalier :

"Il n'y avait à Fréjus que des prêtres assermentés."

D'ailleurs un état visible aux archives mentionne qu'au 3 Floréal an IV, il n'existe dans le canton de Fréjus - Saint-Raphaël - Bagnols, aucun prêtre déporté, ou ayant ..... émis des restrictions dans son serment, ou n'ayant pas prêté serment. Tous les ecclésiastiques sont en règle avec la loi ou sont partis.

Les délégués de Mgr de Beausset avaient aussi pour mission de recevoir le repentir des prêtres jureurs. Petit à petit, l'ensemble des ecclésiastiques devaient accomplir ce nouveau serment.[...]

Texte de M. Foucou dans "Annales du Sud-Est varois" T III -1978 (pages 31 à 37)

(1)- Congruisme : l'un des systèmes théologiques conçus pour expliquer le libre jeu de la liberté humaine à l'égard de la grâce divine.
(2)-
Piquet : rêve local sur les grains, A cette époque, nos terres étant surtout à blé, cela représentait un impôt important ppur les producteur.
(3)- J. Denegri, donc gardien du trésor, a descellé la statue d'argent de Saint-François, les reliques composées d'un petit os et d'une parcelle de bure en partie brûlée, le cadavre du saint ayant été calciné à Plessis pendant les guerres de religion. C'est grâce à lui que Fréjus les possède actuellement.



ICONE : photo J. Houben