LE PORT de FREJUS au MOYEN AGE,
son déclin
et les tentatives de restauration

Il est certain que le port de Fréjus a connu au Moyen Age une activité importante.

Tout d'abord, il est mentionné, peu après l'expulsion des Sarrasins du Freinet, dans la concession faite en 99O par le Comte de Provence à l'évêque Riculfe de la moitié de la Cité de Fréjus. Parmi les biens et les droits qui font l'objet de cette concession,
figure :

"une moitié du port ou encore de toutes les redevances qui en proviennent ou doivent en provenir"[…]

Par la suite, dès le début du XIIe siècle, les marchands gênois fréquentent régulièrement les foires de Fréjus où les attire peut-être déjà le commerce du blé. (1) En 1138, les " hommes de Fréjus " s'engagent à les protéger et à verser une redevance annuelle de cinquante setiers de blé (environ seize hectolitres) à la commune de Gênes.

En 119O, puis en 1204, l'évêque de Fréjus passe avec la commune de Gênes des accords aux termes desquels il s'engage a assurer la protection des marchands gênois venant aux foires de Fréjus. Elles étaient au nombre de trois :

- la foire de Saint-Laurent,
- la foire tenue à l'occasion du Synode, le quatrième dimanche après Pâques,
- la foire de Saint-Matthieu à Saint-Raphaël.

Les marchands gênois ne sont soumis qu'à une taxe de douze deniers par bateau. En outre, des dispositions sont prises pour assurer la loyauté des transactions, tant par le contrôle des poids et mesures que par des prescriptions minutieuses concernant le composition des lots des différentes étoffes. De son côté, la commune de Gênes s'engage à assurer la protection des fréjusiens dans ses possessions.

Un peu plus tard, dès les premières années du XIVe siècle, on constate que le port a déjà reçu le nom de "Etang " (Stagnum) sous lequel on le désignera dorénavant. Cela résulte d'une transaction passée en 1303 entre l'Évêque de Fréjus et l'Archidiacre.(2) Cet acte mentionne :

"le droit appartenant audit archidiaconat dans l'Etang de Fréjus" […]

Au XVe siècle, des documents de plus en plus nombreux montrent que Fréjus est alors un centre important du commerce du blé. A la production locale s'ajoute en effet l'apport des blés de la montagne qui y trouvent leur débouché. De ce fait, Fréjus est l'un des principaux centres d'approvisionnement en blé de la Basse Provence et des régions voisines. Il est en relation, non seulement avec Marseille et les ports de la côte provençale, mais encore avec Nice, Gênes et les ports de la Riviera de Gênes

Un document du début du XVe siècle, qui se trouve aux archives communales de Fréjus, apporte des précisions intéressantes au sujet de l'aménagement du port à l'époque.

Il s'agit de deux ordonnances du conseil de la communauté de Fréjus en date des 1er et 15 Septembre 1426 qui ont trait au curage d'un canal dénommé "Valat de Barbarie" […]

Ce canal reliait d'une part l'Argens (non loin de son embouchure) à l'Etang, et d'autre part l'Etang à la mer. Il est souvent mentionné dans des documents postérieurs, et il a subsisté, avec des vicissitudes diverses et en s'amenuisant peu à peu, jusqu'au début du XIXe siècle.

Cette voie d'eau avait pour but, non seulement d'aviver et d'assainir l'Etang, mais encore de permettre l'accès de l'Etang à des barques venant de l'Argens. En effet, le géographe d'Anville, dont l'ouvrage a été publié en 1768 y fait allusion dans les termes suivants :

"Avant que ce port fût tout à fait impraticable, on y entrait par le côté qui regarde le Labech ou Sud-ouest au moyen d'un canal appelé " Canal de Barbarie " qui avait son ouverture dans la rivière d'Argens, plus près de l'embouchure de cette rivière et du rivage de la mer qu'aujourd'hui et avant le progrès des atterrissements".

De plus, en 1642, à l'occasion de travaux d'aménagement du cours inférieur de l'Argens, une délibération du conseil de la communauté de Fréjus rappelle le rôle qu'avait joué le Valat de Barbarie dans le passé :

"Il était destiné de toute ancienneté au trafic de la ville et à la vidange des eaux croupissantes de l'Estang".

Le conseil ajoute qu'

"il était fréquenté anciennement par quantité de navires, barques et bateaux lorsque la ville de Fréjus solloit être dans son lustre".

Si le rôle de ce canal est ainsi défini, rien ne permet de préciser l'époque de sa création. Est-ce une œuvre des constructeurs romains, soucieux d'éviter l'ensablement du port et de lui donner deux accès ? Est-ce un ouvrage du Moyen Age, nécessité par la dégradation de l'ancien port ? Un sondage effectué au point précis où le Valat de Barbarie rejoignait l'Etang pourrait apporter une réponse à ces questions.

L'ordonnance du 1er Septembre 1426 expose que le Valat de Barbarie est

"occupé et usurpé" (occupatur et usurpatur), ce qui cause un grand dommage à la communauté, en raison de la grande protection qu'il procure à ladite communauté depuis le fleuve d'Argens jusqu'à l'Etang" […]

En conséquence, l'ordonnance du 15 Septembre 1426 enjoint aux riverains de curer le Valat de Barbarie, de façon qu'il ait une largeur de cinq mètres (vingt palmes) et la profondeur voulue (debitam perfunditatem) sur tout son parcours, de l'Argens à l'Etang et de l'Etang à la mer.

Ces prescriptions suggèrent deux remarques :

- d'une part, il en résulte que, du fait des riverains, le Valat de Barbarie était alors en passe de ne plus pouvoir remplir son rôle, que l'on estimait essentiel.

- d'autre part, la fixation de la largeur du canal à cinq mètres, sur tout son parcours, y compris de l'Etang à la mer, laisse à penser que, dès cette époque, l'utilisation du port devait subir certaines contraintes ; en effet, seules des barques de dimensions modestes pouvaient y pénétrer ; il est probable que les cargaisons importantes étaient transbordées par petites barques de la mer au port.

On ne peut pas savoir si cette réglementation fut efficace. Mais, en tous cas, moins de quarante ans plus tard, le port était devenu inutilisable : un déplacement du lit de l'Argens avait entraîné la suppression de la communication qui existait entre cette rivière de l'Etang. On projetait donc de rétablir le port en créant un nouveau canal de dérivation de l'Argens.

On sait en effet que, par des lettres patentes en date du 18 Mai 1462, le Roi René autorisa la communauté de Fréjus à imposer une taxe d'un denier par setier (32,73 litres) de blé exporté de Fréjus, en vue du rétablissement de l'ancien port et de la construction d'un canal dérivé de l'Argens. Un exemplaire de ces lettres patentes se trouvait autrefois dans les archives communales de Fréjus. Cette pièce a disparu depuis longtemps, mais elle est mentionnée dans un inventaire ancien des archives communales de Fréjus, se trouvant à la Préfecture du Var. De plus, des documents postérieurs confirment son existence.

Dès 1469, les Etats de Provence demandent la suppression de la taxe dont ils rappellent qu'elle avait été autorisée par le Roi en raison

"des dépenses que la cité de FREJUS fait et entend faire pour mener l'eau d'Argens dans l'Etang" […]

En 1481, Charles III, qui devait être le dernier Comte de la Provence indépendante, concède à Jehan Feutrier (chargé de la garde de la région fréjusienne) le droit de percevoir un denier par chaque setier de blé exporté de Fréjus.

Il rappelle que ce droit avait été accordé à la communauté de Fréjus par le Roi René

"pour l'ouvrage d'une certaine amenée d'eau qui devait alors être faite" […]

Le 28 Novembre 1486, le Grand Sénéchal Aymar de Poitiers renouvelle le privilège accordé à la communauté de Fréjus. Il explique que la taxe a cessé d'être perçue et il rappelle le motif de sa concession :

"En vue de reconstruire l'antique port détruit de cette même cité, et de conduire un certain bras d'Argens dans ce même port et de le maintenir une fois conduit" […]

Enfin, le 27 Avril 1489, une transaction intervient entre l'Evêque et la communauté de Fréjus, dans laquelle il est notamment question de la taxe que la communauté pouvait percevoir en vertu des lettres patentes du Roi René.
On rappelle à cette occasion le motif de la création de cette taxe :

"Parce que certaines réparations doivent nécessairement être faites dans un certain canal de dérivation à faire du fleuve Argens jusqu'à l'Etang......aux fins de conduire l'eau audit Etan" […]

Il faut ajouter que les travaux que devait financer le produit de cette taxe n'ont pas été exécutés. Toutefois, la taxe n'a pas cessé d'être perçue sous le nom de "bon denier" : elle a été affectée au paiement des frais de garde de la côte.

Les documents qui viennent d'être analysés révèlent donc qu'à une certaine époque, entre 1426 et 1462, le port de Fréjus est devenu inutilisable. Mais ils ne précisent pas autrement les circonstances qui expliquent cet événement. La seule indication à retenir, c'est que le projet de création d'un nouveau canal paraît indiquer que le Valat de Barbarie ne remplissait plus son office, puisqu'il fallait le remplacer.

Ce sont des documents ultérieurs qui permettent de connaître l'origine du déclin du port.

Le premier de ces documents est une lettre adressée le 6 Mai 1569 au Roi par le Baron de La Garde, général des Galères, pour lui signaler l'intérêt du rétablissement du port de Fréjus :

"En votre ville de Fréjus, écrit-il, souloit y avoir anciennement un port et havre où se retiroyent et ebergeoiyent tant vos gallaires, vaisseaux rondz que autres barques que y abordaient, lequel port.....faute d'avoir été entretenu seroit venu en ruyne.....n'est demeuré de tout le bel édifice qu'un estang auquel ne peut entrer aucun navire ne bateau parce que, dans icelle estang souloit tomber une grande rivière nommée Argens laquelle dudit estang par un grand fossé prenoit son cours à la mer illec prochaine, par moyen de laquelle rivière y avait conjonction entre la mer et icell estang.....Toutefois, par succession de temps et peu de soucy qu'on aurait eu de tel bien, le cours de ladite rivière aurait été interrompu et du tout destourné...".

Moins d'un siècle plus tard, en 1642, la communauté de Fréjus entreprend des travaux d'aménagement du cours inférieur de l'Argens.

A cette époque, ce fleuve, qui a souvent changé son lit en raison de sa faible pente, se jetait à la mer au terroir de Villepey. Il ne recevait pas les eaux du Reyran : cette rivière avait un lit différent ainsi qu'une embouchure distincte : grossie de la grande Garonne, elle venait se jeter à la mer en un point qu'on peut situer actuellement vers le milieu du terrain d'aviation. Dans la dernière partie du cours du Reyran, peu avant son embouchure, se trouvait le débouché du Valat de Barbarie qui n'avait pas de communication avec l'Argens et qui n'était plus qu'un fossé marécageux.

Mais, en 1642, on avait le souvenir d'un état de choses plus ancien dont il restait d'ailleurs des traces. On savait que, dans le passé, à une époque qu'on ne précisait pas autrement, l'Argens ne débouchait pas au terroir de Villepey.
Il rejoignait le Reyran et, grossi de cette rivière, il empruntait ensuite jusqu'à la mer le lit qui était devenu en 1642 celui du Reyran. De ce fait, à cette époque ancienne, le Valat de Barbarie mettait en communication l'Etang et l'Argens ; c'était alors que ce canal portait de nombreux bateaux et que Fréjus était "dans son lustre". C'était manifestement l'état de choses qui existait en 1426 et qu'un déplacement du cours de l'Argens avait bouleversé.

A partir du début du XVIe siècle, l'abondance de la documentation permet de se former une notion précise de l'état des lieux.

L'Etang a des dimensions inférieures à celles de l'ancien port romain ; des jardins ont empiété, notamment sur sa partie ouest, sous la Butte Saint-Antoine. Il est en grande partie marécageux et il reçoit toutes sortes d'immondices (notamment les têtes de poissons que l'on sale en grande quantités à Fréjus) ; on y fait tremper les cuirs et rouir le chanvre ; il s'en dégage une "infection" déplorable au point de vue sanitaire. Une délibération du Conseil de la communauté en date du 25 Juillet 1550 s'exprime ainsi à ce sujet :

"On voit chaque année les maladies qui sont au présent lieu qui ne viennent pas d'autre part que de l'eau corrompue qui est audit Etang" […]

Pour l'assainir, on projette à différentes reprises, et notamment en 1550 et 1553, d'y introduire l'eau d'une dérivation de l'Argens ; mais ces projets n'ont pas de suite.

Pratiquement, l'Etang n'est plus utilisable pour la navigation, sinon peut-être pour de petites embarcations, ainsi que le constate une délibération du 27 Décembre 1559, dont le texte est malheureusement mutilé :

On n'a aucune bonne estance ou réduit à la mer pour tenir les barques et vaisseaux dudit Fréjus.

Voici ce que suggère le conseil pour remédier à cette situation :

"Il se pourroit faire un réduit ou port au lieu de Saint-Raphaël, ou bien se pourroit pour peu de despence faire que les barques viendraient dans l'Etang dudit Fréjus que ce seroyt un port fort sûr et reviendroyt à grand profit et utilité dudit Fréjus".

Ces indications sont confirmées par les témoignages des auteurs contemporains. On se rappelle les vers du chancelier de l'Hôspital, qui aurait visité Fréjus en 1560 :

"De là, nous venons à Fréjus, maintenant une petite ville....Et là où était le port, c'est maintenant un rivage sec et des jardins". […]

Vers 1577, un érudit provençal, Jules Raymond de Soliers décrit le port de Fréjus :

"Ici fut un port.....Aujourd'hui, par l'incurie des habitants, il est plein d'ordures et, pour cette raison, inapte à porter des navires et sans issue, ne retenant aucune apparence de sa forme primitive.[…]

Cependant, depuis la fin du XVe siècle, Fréjus n'avait pas cessé de connaître une importante activité maritime et commerciale.

P-A. Février en a fait la démonstration par l'analyse des comptes du clavaire de la Curie épiscopale de Fréjus pour la période allant de 1472 à 1529. Il a constaté tout d'abord l'importance des ventes de blé de l'Evêché, à des marchands gênois ou ligures. Il a noté par exemple qu'en 1472/73, les ventes de blé destinées à la Ligurie s'étaient élevées à 2239 setiers sur un total de ventes de 3728 setiers et en 1473/74 à 2415 setiers sur un total de 3317. En outre, les comptes du clavaire ont permis à P-A. Février d'établir le relevé des bateaux en provenance de la côte gênoise, ou du Comté de Nice qui ont accosté à Fréjus :

- entre 1472 et 1476 la moyenne est de 132 bateaux par an ;
- entre 1 526 et 1 529, elle est de 149,
- en 1519, de mai à décembre, 122 barques sont arrivées.

Comme le port était inutilisable il est vraisemblable que les embarquements et les débarquements de marchandises se faisaient sur le rivage de la mer au moyen de barques qui en assuraient le transbordement depuis le large. C'est ainsi qu'on trouve dans les minutes notariales du XVIe siècle des actes de vente de marchandises livrables au rivage de la mer, à la Gabelle ou à l'embouchure de l'Argens, au Maneboul (on donnait ce nom à la dernière boucle formée par l'Argens avant son embouchure).

Aussi bien, les Fréjusiens n'ont jamais cessé d'espérer le rétablissement
de leur port.

La première tentative fut l'œuvre d'un ingénieur réputé, Adam de Craponne ; il venait de réaliser le canal qui porte son nom et qui conduit à Arles les eaux de la Durance.
En 1561, il proposa au conseil de la communauté de Fréjus le projet d'un canal de dérivation des eaux de l'Argens dans l'Etang. Le but poursuivi était d'assainir l'Etang, de permettre le fonctionnement de moulins à farine et enfin de permettre l'accès du port à des bateaux d'un certain tonnage.

Ce programme ne fut exécuté qu'en partie.

La dérivation des eaux de l'Argens fut réalisée sous la forme du canal qui porte le nom de Béal ou Canal des Moulins, et les moulins commencèrent à fonctionner le 15 Mai 1567. Mais, par contre, l'Etang ne fut pas rendu à la navigation. La responsabilité paraît en incomber aux troubles des Guerres de Religion et aux difficultés financières qui en furent la conséquence.

Au début du XVIIe siècle, à partir de 1642, la communauté de Fréjus projeta l'exécution de travaux qui visaient à limiter les inondations et à bonifier la plaine on y a fait allusion ci-dessus. Ces travaux devaient consister à remettre l'Argens dans son ancien lit ; à cette occasion, on projeta de creuser et d'élargir le Valat de Barbarie pour lui rendre son ancienne destination et permettre à nouveau l'utilisation de l'Etang.

Les travaux ainsi entrepris ne furent pas heureux : ils contribuèrent au contraire à aggraver les risques d'inondation, et le Valat de Barbarie ainsi que l'étang restèrent à l'état de fossés marécageux. Par contre, à la fin du XVIIIe siècle, un projet de rétablissement du port fut sur le point d'aboutir.

L'état sanitaire de Fréjus était toujours préoccupant. La décadence de la ville ne cessait de s'accentuer : la population était passée de trois mille habitants environ au début du siècle à 2173 lors du recensement de 1765 tandis que, partout ailleurs en Provence, la population augmentait. Un grand nombre de maisons étaient ruinées et abandonnées.

Au premier rang des causes de cette situation, on plaçait à juste titre l'Etang qui, par son emplacement au pied de la ville, était considéré comme le principal foyer de pestilence.

Les administrateurs de la communauté en étaient gravement préoccupés et, à différentes reprises, ils demandèrent à l'administration de la Province de leur venir en aide.

En 1772, la communauté de Fréjus présenta à l'Assemblée provinciale un projet cohérent qui proposait deux solutions :

- ou combler l'Etang en y déversant les eaux et les graviers du Reyran,
- ou rétablir le canal de communication avec la mer et restaurer le port.

C'était cette dernière solution qui séduisait les Fréjusiens, alors surtout que le trafic maritime était encore important dans le golfe de Fréjus.

L'Assemblée des Communautés décida de mettre ces projets à l'étude et effectivement le dossier fut examiné avec beaucoup de soin. Les Fréjusiens furent grandement aidés par leur évêque Mgr de Beausset qui sut intéresser à leur cause l'Archevêque d'Aix : celui-ci, en sa qualité de Premier Procureur du Pays, jouait un rôle important dans l'administration de la Province.

Le 20 Novembre 1778, l'Assemblée des Communautés approuva le projet de rétablissement du port. Elle décida de demander au Roi de contribuer pour un tiers à la dépense (estimée au total à 450 000 £) tandis qu'un autre tiers serait à la charge de la province, et le dernier tiers à la charge de la Viguerie de Draguignan.

La démarche auprès du Roi obtint satisfaction : il accorda au pays une remise annuelle de 15 000 £ sur les impositions pendant dix ans. Mais l'Assemblée de la Viguerie de Draguignan, par une délibération du 14 Décembre 1778, décida, à la majorité de 28 voix contre 12, de repousser la demande dont elle était l'objet : la dépense lui paraissait excessive et la plupart des communautés de la viguerie estimaient n'avoir aucun intérêt au rétablissement du port.

Dans ces conditions, il n'y avait plus qu'à renoncer au projet.

Le 6 Janvier 1782, l'Assemblée des Communautés décida de dériver le torrent du Reyran dans l'Etang et d'assécher les marais voisins. L'exécution de ce dernier projet fut retardée par diverses circonstances et notamment par les événements de la période révolutionnaire.

Enfin, le 30 Mai 1 820,le Préfet du Var pouvait annoncer au Ministre de l'Intérieur que le port était asséché et que le climat était sain.


Texte de G. Barles dans " Annales du Sud-est varois " T VI - 81 (pages 21 à 28)

(1) P-A. Février : " La Basse Vallée de l'Argens. Quelques aspects de la vie économique de la Provence orientale aux XVe et XVIe siècles ".
(In " Provence Historique ". Tome IX. Fasc. 35. Janv/mars 1959)

(2) " Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques et archéologiques de Draguignan "
. (Tome VIII. Page 104.)


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