Cloître

<< L'aspect actuel du cloître provient des restaurations, des dégagements et des restitutions faites par Jules Formigé entre 1920 et 1924, dans un bâtiment défiguré, depuis la Révolution, par les constructions parasites et le délabrement.

- Le cloître ne fait pas partie des constructions primitives du groupe épiscopal. Les fouilles du terrain situé au nord-est de la cathédrale ont montré que, sur cet emplacement, voisin du cloître et occupé par un cimetière au XIe siècle, aucune construction n'existait pour lors. Il est donc tentant de reporter l'édification des bâtiments canoniaux à l'époque de l'apparition des premières maisons de ce quartier (fin XIIe siècle). L'existence du chapitre est attestée dès 1038, mais ce dernier pouvait ne pas avoir les moyens de faire face aux dépenses tant que la mense canoniale n'était pas reconstituée.

- L'édification du cloître est complexe :

D'une part, d'importants travaux de remblaiements ont été nécessaires pour niveler le terrain, comme en témoignent les dix-sept marches qui sont nécessaires pour passer du niveau d'entrée de la cathédrale à celui de la galerie sud du cloître.

D'autre part, la construction du cloître a du s'accomoder de l'existence de bâtiments déjà érigés au nord et à l'ouest et délimitant un espace irrégulier.

- L'accès se faisait autrefois par une porte en arc brisé qui communiquait avec le mur ouest de la nef Saint-Etienne ; aujourd'hui murée, elle est encore visible dans l'angle sud-est du cloître. Actuellement l'accès emprunte le couloir qui sépare la cathédrale du baptistère. À l'ouest, une arcade fait communiquer la galerie avec la porte extérieure du bâtiment occidental [...]

Au centre, une cour pratiquement carrée (10,90 m. sur 11,09 m.) est entourée de galeries sur ses quatre côtés. Mais les murs latéraux de cet espace forment un quadrilatère irrégulier, car le cloître s'est appuyé sur des bâtiments déjà existants. La construction du puits est de date indéterminée.

Au rez-de-chaussée, entièrement conservé lors des restaurations, un mur-bahut (h= 0,52 m.) délimite la galerie. À chacun des angles se dresse un pilier. Entre deux piliers, sur chaque côté de la cour, neuf arcs brisés retombent sur huit colonnette doubles en marbre. À l'origine, ces galeries devaient être couvertes de voûtes dont on voit encore les points de départ prévus entre les arcades. Mais nous ignorons si la réalisation a dépassé le stade du projet, et de combien. Actuellement, un plafond et une charpente en bois couvrent les galeries (depuis le XVe siècle ?).

Au second niveau, les restaurations ont entièrement réaménagé la galerie sur le côté nord, avec des éléments pris dans d'autres parties de la construction ; à l'ouest, les vestiges subsistants ont été abandonnés. Le rythme reconstitué est le même qu'au rez-de-chaussée : une série d'arcades de plein cintre (et non en arc brisé) repose sur des colonnettes doubles très différentes de celles du rez-de-chaussée, ce qui est, peut-être, un signe d'archaïsme volontaire.

L'accès à l'étage est assuré par un escalier à deux volées symétriques très restaurées qui encadrent une porte donnant accès au niveau inférieur du bâtiment nord [...]


Le plafond peint du cloître

Qu'il y ait eu, ou non, un commencement de réalisation de voûte sur les galeries du rez-de-chaussée du cloître, celles-ci sont actuellement couvertes d'un plafond de bois. Les solives, perpendiculaires aux murs périmétraux et aux arcades, sont apparentes.

Au dessus de ce plafond, entre les solives et une pièce de bois plaquée au mur faisant office d'appui, s'étagent, sur une soixantaine de centimètres, deux séries de corbeaux de bois aux extrémités découpées et trois registres de panneaux peints.

Chaque panneau est limité, latéralement, par deux corbeaux ou par les côtés des solives ; et, en haut et en bas, par des planches horizontales. Ces trois registres en encorbellement ont un développement total de 150 m. environ.

Chaque panneau a reçu une peinture; trois cent sont encore visibles sur un millier. Ces peintures, peu connues du public, offrent un extrême variété de formes et de couleurs : monstres, animaux, êtres humains, hybrides, objets [...] on notera :

-une juxtaposition de couleurs violentes, avec des fonds alternativement rouges ou bleu-noir;

- une juxtaposition d'images opposant, côte à côte, les sentiments d'effroi produits par des hybrides ou des monstres, ou, au contraire, des sentiments d'appaisement;

- un dessin, primitif seulement en apparence, d'un trait réaliste, inventif, plein de fraîcheur [...]

Aucune étude ne permet de préciser la datation et la signification de ces étonnantes peintures. Une hypothèse, très discutable, suggère d'y retrouver une inspiration tirée de l'Apocalypse de Jean [...]. On propose comme date, la fin du XVe siècle, par comparaison avec des décors du Languedoc et de la vallée de Rhône.>> (1)

(1) - " FRÉJUS - V° -XX° siècle, Déclins et Renaissances " par Louis ROBION, professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1987) pages 55 à 58



ICONE : photo origione inconnue

Illustrations en attente de légendes