La chapelle Saint-André

Vocable :

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Celui du titre de l'évêque :
Quoique l'église-cathédrale de Fréjus soit dédiée à la vierge et à Saint-Léonce, cependant le titre de l'évêque est celui de Saint-André et toutes les bulles des papes le portent aussi >> (1)


Histoire

Les plus anciennes mentions remontent au tout début du XIVe siècle. (3) Elle sert de tribunal à l'évêque et sa cour qui y prononcent des arrêts de justice pénale ou civile ; on y pratiquera aussi des ordinations. Elle recevra la visite du pape Jean XXII en 1320 et celle du pape Benoît XIII en 1406.

Désaffectée pendant la vacance du siège entre 1791 et 1823, elle est rétablie par Mgr Michel qui inaugure le nouvel évêché reconstruit le 5 décembre 1829.

Après la loi de Séparation, la mairie prend possession de l'ancien palais épiscopal et s' y installe en 1913. À partir de 1925, la municipalité H. Fabre fera démonter l'autel de marbre et transformer la chapelle en dépôt d'archives de la ville jusqu'en 1994.

Architecture

L'aile orientale et la tour au sud-est du château de 1'évêque sont reconstruites au début du XIVe siècle en appareil régulier à bossages. La chapelle, qui communiquait avec la grande salle synodale, est à l'étage de la tour. Son plan légèrement trapézoïdal présente deux travées voûtées sur croisée d'ogives de profil élancé (hauteur sous clef, 8,40 m) dont les arcs diagonaux se rejoignent au centre sur pilastres surmontés de lourds chapiteaux "lombards". Aux angles ils reposent sur des culs-de-lampes plus légers. La salle est éclairée à l'est par une fenêtre axiale sous un arc plein cintre devant laquelle se trouvait l'autel de Saint André ; deux autres fenêtres plus étroites s'ouvrent sur le flanc sud.


Décoration

Du XIVe siècle nous restent les sculptures des clefs pendantes, des chapiteaux et des culs-de-lampes. Les clefs qui sont les marques du patronage de la chapelle à l'époque de sa construction portent les sceaux des deux saints-Jean : l'Agnus Dei de Saint-Jean-Baptiste et l'aigle de Saint-Jean L'Évangéliste. Le premier, d'or et de gueules, est le blason de la métropole d'Aix-en-Provence. Le second pourrait être la marque apostolique de Jacques Duèze, cardinal en 1312 sous le titre de Saint-Jean, pape Jean XXII de 1316 à 1334, mais surtout ancien évêque de Fréjus, soit celle de Jean d'Arpadelle, évêque de Fréjus de 1340 à 1343, ancien chapelain et familier du pape Jean XXII, qui légua à son église une fortune considérable.

Les chapiteaux et les culots sculptés sont ornés de figures humaines sous une double couronne de feuillages, étonnant décor profane qui semble représenter différents caractères ou personnages de l'entourage de 1'évêque.


Restaurations

Un état des lieux a été dressé par l'architecte Lantoin en 1827 qui indique à cette époque : "chapelle à restaurer". Elle le sera à partir de 1856, pendant l'épiscopat de Mgr Jordany qui signera son oeuvre par son blason en mosaïqué sur le sol (D'argent, à la mer de sinople au poisson d'argent, au chef d'azur à trois étoiles d'or). La fenêtre principale reçut un nouveau vitrail représentant la Vierge, signé par Nicod en 1858.

La restauration dirigée par l'architecte Révoil a eu pour effet de faire disparaître les peintures d'âge gothique, sauf peut-être celles des voûtains au ciel de nuit étoilée."
(3)

La chapelle a été classée Monumlent historique le 6 avril 1907

(1)- Girardin, 1729.
(2)- Janv. déc. 1303, Arch. Vat. janv. 1314, AC St-Paul de Fayence.
(3)- D. Brentchaloff (Note provisoire)

ICONE : photo J. Houben


Illustrations en attente de légendes