La famille Camelin

<< On connaît mal l'origine de la famille Camelin, peut-être des merciers italiens établis à Fréjus au début du XVIe siècle : les Camerini ou Camerino. Thomas et Jacques Camelin, peut-être frères, côtoient l'élite sociale de Fréjus, peu après le milieu du XVIe siècle; ils sont alors marchands :

- Thomas : trésorier en 1559 [...] mort avant 1567, [...] peut-être au début de 1563.

- Jacques : fermier des droits du roi à Fréjus en 1553 [...], trésorier en 1565 [...], premier consul en 1570 [...]. Il a ensuite, le titre de lieutenant de viguier royal à partir du 18 juillet 1574 [...], alors que son fils Georges est viguier de juin 1575 à la fin avril 1588.

Or, dans le cadastre de 1567 [...] les cotes de feu Thomas et Jacques Camelin sont très réduites : ils ne possèdent même pas, alors, leur propre maison. Mais, dès avant 1593 [...], Jacques Camelin a rassemblé une solide fortune : l'énumération de ses biens occupe trois pages du cadastre et comprend cinq maisons. Ce n'est donc pas avant les deux dernières décennies du XVIe siècle que la fortune foncière et immobilière de certaines branches de la famille devient tangible. Il n'y a pas d'étude sur les mécanismes de cet enrichissement, non plus que sur les manoeuvres politiques d'une ascension sociale qui se situe dans le même temps, en gros lors des troubles de la Ligue. Elle culmine avec les épiscopats de Barthélemy Camelin (1599-1637) qui avait été nommé par Henri IV en 1594, puis de son neveu Pierre Camelin (1637-1654).

Riches et installés à tous les postes de commandement locaux, les Camelin sont désormais "maîtres" de la ville, pour plus d'un demi siècle. On ne peut réduire leur influence à l'énumération des fonctions ecclésiastique, des offices royaux ou des charges municipales qu'ils accaparent. Ils impriment à la ville la nouvelle façon de vivre de la Provence baroque :

- Sur le plan religieux : les deux évêques, leurs parents et amis (comme les Vaixière) soutiennent ou initient la piété fervente, active et ostentatoire de la réforme catholique.

- Sur le plan municipal : ils consacrent le fonctionnement de plus en plus oligarchique des institutions de la communauté.

- Sur le plan artistique : la maison aux Atlantes [...] appartenant peut-être à la famille Vaixière, montre que les Camelin participent aussi à la diffusion de l'art monumental à la mode aixoise.

Comme il est de règle, ces bourgeois cherchent l'anoblissement. La génération qui succède à celle de l'évêque Barthélemy, commence à porter le titre d'écuyer. Les titres de la famille sont contestés par l'enquête de Belleguise, en 1667.

À la fin du XVIIe et au début du XVIIe siècle, des offices royaux (Raphaël de Camelin, charge de conseiller-secrétaire du roi, 1699) ou des lettres de noblesse (Joseph de Camelin, lettres patentes de 1727) apportent les confirmations voulues. Ils n'ont plus conservé dans l'enregistrement au nouvel armorial général de d'Hozier que les armes parlantes au chameau :

D'azur à cinq cotices en barre d'or,
écartelé d'azur, à un chameau d'or
surmonté de trois étoiles de
même rangées en chef (1727).>>
(1)

(1) - " FRÉJUS - V° -XX° siècle, Déclins et Renaissances " par Louis ROBION,professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1987) page 83

ICONE : photo J. Houben