Le baptistère

<< Rappelons que le baptistère est un monument antique (approximativement du Ve siècle) et non pas médiéval. Il se signale, parmi les autres baptistères provençaux, par la bonne conservation de son élévation et par son ancienneté. Ses dimensions sont modestes : base carrée de 11 m. de côté (à comparer avec le baptistère de Marseille : 24 à 25 m.). Après 1924, Jules Formigé a effectué des restaurations qui, sur certains points, sont hypothétiques [...]

Le baptistère se situe à l'ouest de la cathédrale, mais non dans l'axe de la nef Notre-Dame. On observe, sans difficulté, la superposition de trois volumes différents :

- À la base : un massif carré en moyen appareil à bossages. Il dissimule les faces ouest et sud du monument dont une partie seulement de la face orientale apparaît dans le couloir qui donne accès à la cathédrale, avec un petit appareil peu régulier.

- Plus haut : un octogone percée de huit fenêtres en plein cintre
(H= 1,93 m. l= 0,92 m.). L'arc de ces dernières est appareillé par une alternance de claveaux de pierres et de briques, avec, sur l'extrados un cordon de briques. L'arc repose sur une pierre de taille qui traverse, d'un seul bloc, toute l'épaisseur du mur.

- Au sommet : un tambour circulaire soutenant la charpente d'une toiture conique de tuiles. On peut être intrigué par les huit angles saillants qui marquent le passage de l'octogone au cercle.

Dans cette élévation extérieure, deux éléments ne sont
pas d'origine.

- Le carré de la base : il provient d'un ouvrage médiéval (XIIe ?
XIIIe siècle ?) qui a "chemisé" le baptistère et dissimulait toute la hauteur du bâtiment. Jules Formigé en a laissé subsister seulement la partie inférieure, dégageant ainsi l'étage des fenêtres.

- La construction circulaire du sommet et le toit conique imaginés par Formigé il y a de fortes chances pour qu'ils soient erronés, car d'autres exemples
- par exemple les baptistères de Ravenne et de Vintimille - montrent la poursuite du volume octogonal de la base jusqu'au sommet.

À l'origine, la baptistère était ceinturé d'un muret "d'enclos" reconnu, au sud, par les fouilles de Formigé. C'était, peut-être, la limite d'une galerie qui entourait les faces du baptistère et le faisait communiquer avec d'autres édifices, comme par exemple des thermes. Le couloir voûté, large de trois mètres, qui sépare actuellement le baptistère de la cathédrale, peut être un vestige de cette galerie [...]

Pour la datation du baptistère, on propose le cours du Ve siècle, par rapprochement avec celui d'Albenga. Il y a, en effet, de grandes similitudes dans le plan, l'élévation, les fenêtres, la coupole et la piscine des deux bâtiments, celui de Fréjus étant plus élancé. Or, le baptistère d'Albenga peut être daté du milieu ou de la deuxième moitié du Ve siècle, par les amphores contenues dans sa coupole détruite et par les mosaïques d'une niche. À cette date, on construisait activement des lieux de culte à Lyon, Narbonne et Arles.

Fréjus ne constituait donc pas une exception dans un grand vide architectural. Par la suite, le baptistère n'a jamais cessé d'être utilisé et, par là, a évité la destruction [...] >>
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(1) - " FRÉJUS - V° -XX° siècle, Déclins et Renaissances " par Louis ROBION,professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1987) pages 40 à 47

ICONE : photo J. Houben


Illustrations en attente de légendes