LA VILLE DE DUMBÉA

DESCRIPTION

A la source, Dumbéa est une rivière de Nouvelle-Calédonie. Nourricière, elle abreuve depuis son origine la ville de Nouméa toute proche, elle arrose la plaine maraîchère qu'elle parcours avant de se jeter dans le Pacifique sud.

La Dumbéa a donné son nom à DUMBÉA. Troisième commune de Nouvelle-Calédonie, elle présente un double visage :

- Au Sud, la ville en pleine expansion, moderne, dynamique, commerciale, aux collines résidentielles accueillantes,

- Au Nord, la vallée verdoyante, champêtre, les gorges de la Dumbéa, les ombrages d'une forêt tropicale primaire unique sur les versants des monts Koghis, les espaces sauvages de la haute Couvelée et du Mont Dzumac.

Dumbéa offre à ses habitants un art de vivre unique, avec le confort urbain aux portes de la capitale. Elle présente au voyageur ou au promeneur tous les plaisirs de la rivière, un superbe golf dans un site exceptionnel, une large panoplie d'activités de détente et de loisir, une gamme presque illimitée de parcours pour les amateurs de tourisme vert et de randonnées pédestres.

HISTOIRE DE DUMBÉA

La colonisation

La prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France en 1853 marqua le début de la colonisation de la presque île de Nouméa, de la Conception et de St Louis. Cette colonisation de peuplement inquiéta, puis exaspéra les grandes chefferies du Sud, notamment le Grand Chef Kuindo dont l'autorité s'exerçait notamment à Païta et Dumbéa.

Pendant plus de deux ans (1856-1857) une guérilla s'installe autour de Nouméa, à l'époque dénommée Port de France. Les tribus sont traquées et poussées à la rédition et la dépossession de leurs terres. La rivière Dumbéa devient une première frontière que les mélanésiens ne sont plus autorisés à franchir.


Les pionniers

L'attribution des premières concessions marquèrent le début de l'implantation des colons dans la vallée de la Dumbéa, à Koé consacrée surtout à l'agriculture, et dans le secteur de Koutio-Kouéta, mieux adapté à l'élevage. Cette époque est marquée par l'épopée des pionniers célèbres comme Numa Joubert, venu de la Réunion et plantant la canne à sucre sur les bords de la Dumbéa dès 1865. Associé à Gustave Clain, Numa Joubert fut le premier à produire du sucre en Nouvelle-Calédonie, les bâtiments de l'usine à sucre étant encore visible aujourd'hui.

La vallée de la Dumbéa reste associée au nom d'autres colons célèbres, notamment Evenor de Greslan à Nimba et Paul Duboisé à Koé, originaires également de la Réunion, Alphonse Boutan à Nondoué, John Higginson qui rachète les propriétés Joubert, puis Jean Fayard installé à Nakutakoin. Plus tard, le fils de Jean Fayard, Victor, transforme les propriétés Higginson, de Grelsan et Joubert en un vaste domaine de 4000 hectares sur la rive est de la Dumbéa. Le nom de Fayard reste associé à la toponymie Dumbéene et les descendants de cette famille sont de nos jour largement représentés le long de la rivière. Cette histoire est rude et difficile, affligée par les épidémies et les terribles invasions de sauterelles qui détruise les récoltes sucrières et les ambitions de nombres de ces courageux pionniers, la ruine et le départ de certain d'entre eux. D'ailleurs, Koé ne signifie-t-il Sauterelle en langue locale ?..

La mine

Elle résonne de l'histoire de la conquête minière, car c'est sur un flanc des Monts Koghis, le long du vallon du Carrigou, en partant de Koé, que Jules Garnier découvrit en 1864, ces roches d'un beau vert, une variété de Nickel qui gardera son nom. La contreforts montagneux seront exploités plus tard et gardent encore quelques traces des prospections et mines à ciel ouvert.

La colonisation pénale

Cette histoire est marquée également par la colonisation pénale, certains colons, comme John Higginson, ayant passé un contrat avec l'administration pénitentiaire et bénéficie d'une main d'œuvre de forçats. Un établissement pénitentiaire agricole s'implante à Koé dont il reste la boulangerie datant de 1880, les ruines d'un four à briques, un four à chaux et une stèle à la mémoire d'un agent de culture de l'administration pénitentiaire.

 

L'eau de la Dumbéa

Devant la difficulté persistante de Port de France de s'alimenter en eau potable et le problème de salubrité publique qui en découlait, la rivière Dumbéa a été amenée à jouer un rôle stratégique. La conduite qui amenait l'eau sur 12 km depuis Yahoué jusqu'à Nouméa étant devenue insuffisante, un premier barrage sur la Dumbéa fut érigé en 1892 et 32 km et une adduction de 32 km ont permis d'alimenter la capitale alors en proie à la dysenterie, la typhoïde et la prophylaxie. Jusqu'à ce jour, l'eau de Dumbéa contribue de manière importante à l'alimentation du Grand Nouméa en eau potable.

 

L'épopée du petit train

Un historique de la vie de Dumbéa ne serait pas complet sans l'évocation de l'épopée du petit train. En 1884, le Gouverneur Pallu de la Barrière fait déclarer d'utilité publique la création d'un chemin de fer calédonien. Les travaux débutent en 1901 et en 1902, 11 km de voie ferrée relient Nouméa au tunnel Tonghoué dont le creusement vient de commencer. C'est seulement en décembre 1904 que la ligne Nouméa Dumbéa sera inaugurée donnant un nouvel essor à la commune et permettant notamment l'acheminement du Nickel, du bois de chauffage et du charbon de Nondoué. Devant le coût exorbitant de cette aventure, l'avancée des travaux est ralentie et il faudra attendre 1914 pour que le train parvienne à Païta, franchissant un pont sur la Dumbéa et le tunnel d'Erambéré que l'on peut encore visiter aujourd'hui. Le manque de rentabilité creuse d'année en année de déficit jusqu'à la fermeture de la ligne en 1940, pour une brève renaissance pour le transport de munitions à l'occasion de la seconde guerre mondiale.

 

La présence américaine

En effet, Dumbéa a bénéficié comme le reste de la Nouvelle-Calédonie de l'impulsion donnée par l'implantation des forces de soutien américaines lors de la seconde guerre mondiale de 1942 à 1945. La commune a notamment accueilli trois complexes hospitaliers, un centre radio, des ateliers de réparation.

Jusqu'à nos jours

Depuis cette époque, Dumbéa a accompagné les importantes évolutions de la vie de la Nouvelle-Calédonie et de sa capitale, depuis l'abandon du statut de l'indigénat dans l'après guerre en passant par le boom du Nickel au tournant des années 70, qui ont été le point de départ de l'accroissement démographique spectaculaire de la périphérie de Nouméa et particulièrement des quartier de Koutio et Auteuil à Dumbéa. Elle a partagé les heures difficiles de l'histoire calédonienne, de 1981 à 1988, accueillant sur son sol beaucoup de ceux que les événements avaient chassés de chez eux. Elle entre de plein pied dans le troisième millénaire menant un ambitieux programme de développement.

Naissance de la commune de Dumbéa

Le premier acte constitutif d’une identité pour Dumbéa est un arrêté de 1868 qui fixe le périmètre de Dombéa portant la signature du Gouverneur Guillain.

Puis le 3 avril 1875 et le 16 novembre 1875, deux arrêtés portent la création d’un bureau d’état civil et désignation des officiers d’état civil. MM Joubert et Maillot sont rapidement remplacés par MM de Greslan et Malan.

C’est à la même époque qu’est constituée la Commission Municipale de Dumbéa.

Vers 1900 la première Mairie est construite à côté de l’école primaire, peu avant que le service des postes s’installe en 1904.

Dumbéa devient une Mairie de plein exercice en mai 1961.


GÉOGRAPHIE DE DUMBÉA

La commune de Dumbéa, comme la plupart des communes de Nouvelle-Calédonie, couvre une vaste superficie. Pas moins de 254 km2 sont enserrées dans les limites fixées par le Gouverneur Guillain en 1878.

Au sud les quartiers de Koutio et d'Auteuil bordent Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, et le Mont Dore dont la frontière naturelle est délimité plus à l'est par les Monts Koghis. A l'ouest, Dumbéa s'étend jusqu'à la commune de Païta dont elle est séparée par une ligne allant du Mont Dzumac aux monts Erambéré, puis au Pic Jacob et au Mont Nondoué jusqu'à la baie de Gadji. Dans l'extrême nord montagneux et sauvage, Dumbéa jouxte la commune de Yaté, notamment le long des crêtes de la Montagne des Sources séparant la réserve intégrale de la Haute Dumbéa des Parcs Provinciaux de la Rivière Blanche et de la Rivière Bleue.

Les communes de Nouméa, Mont Dore, Dumbéa et Païta forment une agglomération urbaine parfois discontinue communément appelée le Grand Nouméa, au sein de laquelle Dumbéa affirme une identité bien spécifique.

Une petite chaîne montagneuse, franchissable par le col de Tonghoué, traverse le territoire communal délimitant deux entités géographiques bien distinctes :

Au Nord le bassin de la Rivière Dumbéa, coulant depuis la Montagne aux sources au travers de la plaine de Koé, jusqu'à l'embouchure, un vaste estuaire couvert de mangrove.

L'estuaire de la Dumbéa

Sur son parcours, la Dumbéa est alimentée par de nombreux affluents, notamment la Couvelée et la Nondoué. Les contreforts montagneux sont tantôt couverts par une forêt humide primaire, tantôt par le maquis minier, une formation végétale variée caractéristique des sols ultrabasiques riches notamment en nickel. La forêt comme le maquis sont dotées de très nombreuses espèces végétales endémiques à la Nouvelle-Calédonie.

Le nord de Dumbéa a joué un rôle fondamental dans l'histoire de la capitale calédonienne, le barrage sur la Dumbéa contribuant de manière très importante à l'alimentation en eau de l'agglomération. Les exploitations agricoles y sont encore aujourd'hui très nombreuses et dynamiques. Cette vocation rurale a été harmonieusement complété par la création d'activités de loisirs, de détente, de sport à caractère touristique. Le Golf, la station d'altitude des monts Koghis, la base aéronautique, les activités nautiques et l'équitation sont venus renforcer le caractère spécifique du secteur, constituant la " ceinture verte " de l'agglomération Nouméene. Le Plan d'Urbanisme Directeur traduit cette orientation en limitant la densité de l'urbanisation de cette zone, ou se développent des lotissements ruraux et un habitat dispersé le long des axes routiers.

Le Sud de la commune est caractérisé par un paysage collinaire de basse altitude bordant la baie de Koutio-Kouéta. Ce secteur, depuis le début des années 70, a été le théâtre d'une transformation intense.

Lotissement de Koutio

Une zone urbaine s'est constituée sous forme de divers lotissementsà caractère résidentiel dans les quartiers de Koutio et d'Auteuil, dans la continuité du développement de Nouméa. Le sud abrite le nombreux équipements publics et des infrastructures sportives et un complexe commercial important.

La construction du Lycée du Grand Nouméa en cours, le projet de complexe sportif de Kouéta, le futur Centre Urbain de Dumbéa s'intègrent dans la politique d'intense développement de ce secteur stratégique du Grand Nouméa en raison des réserves foncières qu'il concentre. La création d'une importante zone artisanale et industrielle figure également parmi les programmes attendus. La saturation de la zone de Ducos rend nécessaire le développement d'un site suffisamment vaste pour accueillir les activités industrielles créatrices d'emploi et répondre à la forte demande au niveau de l'agglomération.

Le secteur prévu à cet effet dans le Plan d'Urbanisme Directeur, proche du Pic aux Morts, est adapté aux besoins des entreprises, compte tenu de la qualité de la desserte à la croisée de Nouméa, de la Savexpress et la RT1 vers Nord et le Sud de la Nouvelle-Calédonie.

Le développement urbain au sud et rural et touristique au nord forgent une image contrastée et dynamique de la commune de Dumbéa, adaptée à la diversité de ses paysages et de son environnement écologique.


LA DÉMOGRAPHIE DE DUMBÉA

Dumbéa est une jeune commune de l'agglomération Nouméenne rassemblant toutes les composantes ethniques de la mosaïque calédonienne, dans le contexte difficile d'une démographie galopante.


              Européens = 5 545 (39.9 %)
            Mélanésiens = 2 662 (19.2 %)
Wallisiens Futuniens = 2 980 (21.5 %)
                  Tahitiens = 644 (4.6 %)
              Indonésiens = 696 (5.0 %)
              Vietnamiens = 222 (1.6 %)
               Ni-Vanuatu = 198 (1.4 %)
         Autre asiatique = 33 (0.2 %)
                       Autres = 908 (6.5 %)

                         Total = 13 888 (source ITSEE recensement de 1996)

En effet, Dumbéa est caractérisée par sa très rapide expansion. L'accroissement démographique de la commune de 254 km2 a été spectaculaire, la population ayant été multipliée par 10 depuis 1969 et avoisinant les 14.000 habitants au dernier recensement de 1996. Il y a 3 364 ménages soit 4,1 personnes par ménages à Dumbéa.

En 1951, il y a 146 habitants à Dumbéa, puis la population passe à 1304 en 1969. Le tableau ci-dessous retrace l'évolution de la population depuis 1976, après que le boom du nickel ait entraîné une croissance exponentielle de la population de Nouméa et de sa périphérie. Ce sont les quartiers de Koutio et d'Auteuil à Dumbéa qui ont enregistré le développement urbain le plus important.

La population de la commune est très jeune puisque 57,36 % des habitants
ont moins de 29 ans,

Le développement urbain du Sud de la commune, avec notamment la création du centre ville à Koutio, est destiné à absorber le doublement de la population dumbéenne prévu à l'horizon 2010 par les études spécialisées.

 

LA GRANDE FÊTE DE L'OMELETTE GEANTE

Chaque année, le premier week end après la fête pascale, Dumbéa est en fête.
La population de la commune se rend au Parc Fayard pour la Grande fête de l'Omelette Géante. Pendant deux jours, les spectacles et animations populaires se succèdent avec, bien entendu, le dimanche midi, la confection puis la distribution gratuite au public de la fameuse omelette, par les membres de la désormais célèbre confrérie de l'Omelette Géante. Les Communes jumelles de Dumbéa, Fréjus, Bessière, Punaauia et Lifou sont le plus souvent représentées par une délégation qui participe aux festivités organisées par le Comité des Fêtes, la Confrérie et la Ville de Dumbéa.

C'est en 1984 que se tient pour la première fois cet événement en Nouvelle-Calédonie.
Une Calédonienne, Madame Radotin, eût connaissance de l'Omelette Pascale de Bessière et voulu que, dans son pays, tous puissent se rassembler autour de la poêle géante. Elle en parle à Bernard Marant, Maire de Dumbéa, qui assiste à une fête pascale de Bessière lors d'un de ses voyages en Métropole. Conquis, il importe le principe de cette animation fraternelle en Nouvelle-Calédonie et devient un fervent Chevalier de l'Omelette Géante.

L'Omelette Géante rassemble, elle est un symbole puissant du partage, de l'amitié. Car qu'est ce qui symbolise mieux la paix, le dépassement des différences culturelles ethniques et sociales, le rapprochement entre les communautés que ces milliers d'œufs qui mijotent ensemble et que l'on s'offre, de la main à la main ?

Cette grande fête de Dumbéa, comme la foire de Bourail, dépasse à présent les limites de la ville pour atteindre une portée provinciale. Le public vient de plus en plus nombreux, de plus en plus loin, pour trouver ici cette atmosphère unique de fête, de liberté, de joie et de fraternité.

En 1999, lors de la 16 eme édition de cette grande fête, ce sont pas moins de 10.000 œufs qui ont été brassés dans la poêle géante. Et fait nouveau, il y avait 75 kg de crevettes dans la recette novatrice de cette année et 18.000 visiteurs pour déguster et partager ce met de l'amitié.


Historique de la Confrérie de l'Omelette

En 1973, Bernard Beilles, président de amicale de Bessière , en Haute-Garonne, joyeux drille de surcroît, propose de créer une confrérie qui aurait pour objet de préparer et de faire déguster dans la joie, gratuitement, l'Omelette géante aux Besseriens.

Il fallait rassasier les estomacs amoindris par quarante jours de carême. Un ferronnier fabriqua la poêle de trois mètre de diamètre, susceptible de recevoir deux mille œufs. Et ainsi, en 1975, est né la Confrérie des Chevaliers de l'Omelette Pascale de Bessière.

Une aussi bonne idée devait se répandre. Et aujourd'hui la confrérie est représenté aux USA, au Canada, en Belgique et en Nouvelle-Calédonie.



ICONE, TEXTE et PHOTOS : d'après site internet de DUMBEA (http://www.dumbea.net/)