La Bravade

Le poète provençal Frédéric Mistral, dans son dictionnaire , nous précise que :

"la Bravado consiste en décharges de mousquetterie qu'on fait solennellement et professionnellement un jour de fête en l'honneur de quelqu'un. Il précise qu à Fréjus elle se fait en mémoire de l'arrivée de Saint-François de Paule dans cette ville.


Ce saint thaumaturge calabrais, né à Paola le 27 Mars 1446, mort à Plessis-lès-Tours
le 2 Avril 1507 et canonisé le 1er Mai 1519, est célébré avec ferveur et reconnaissance dans notre cité, plus de cinq siècles après son passage, parce qu'il obtint pour nous la Miséricorde du Seigneur et délivra Fréjus de la peste, qu'il éloigna à jamais ce fléau de nos murs et manifeste une protection constante à ses habitants confiants et fidèles.

Ce témoignage de piété s'exprime, en la circonstance, à travers notre exubérance méridionale mais reflète avant tout cette foi populaire, naïve et profonde qui s'enracine au fond des âges et se projette sur l'éternité.


Origines de la Bravade


Dès 1629, un siècle après sa canonisation, la Ville de Fréjus choisit Saint-François de Paule comme protecteur. Le 20 octobre 1720 le Conseil général de la Communauté exprime très officiellement :

"le voeu perpétuel et irrévocable de fêter chaque année le glorieux
Saint-François de Paule par une procession générale et une grand-messe."

Les documents d'archives nous permettent de situer en 1733 l'organisation de la première Bravade en l'honneur du saint. C'est en 1784 que la date de la fête fut fixée au troisième dimanche après Pâques, que fut instaurée la cérémonie de la rencontre historique entre François de Paule et la vieille fréjusienne Misé Bertolo et qu'apparut le premier bateau symbolisant l'arrivée du saint par la voie maritime. En cette même année le Maire-Consul :


"autorise la formation d'une compagnie de Dragons et de Hussards pour solenniser avec joie et pompe la fête du glorieux Saint-François."

Ce corps de Bravade évoluera jusqu'à nos jours et participera à toutes les processions
votives. Il connaîtra quelques éclipses en périodes de révolutions ou de guerres, la dernière se situant en 1906 lors de la séparation de l'Église et de l'État. Mais au début des années 50, sous l'impulsion d'un groupe de fréjusiens, fidèles de Saint-François et mainteneurs de la tradition, la Bravade renaît enfin dans sa forme actuelle. Elle ne cessera, depuis, de progresser.

Le corps de Bravade

Il est placé sous le commandement d'une personnalité choisie par l'association parmi les bravadeurs et portant l'uniforme d'un Général d'Empire. Celui-ci est secondé par deux adjoints, Colonels du corps des Grenadiers, et par un officier d'ordonnance. Deux sapeurs ont pour tâche d'ouvrir la voie au cortège.

Les bravadeurs sont répartis en compagnies de Turcos, Marins, Zouaves et Chasseurs.
Ils sont armés de fusils et de mousquetons réglementaires à piston.

La batterie-fanfare composée de fifres, tambours et clairons, en uniformes des corps des Grenadiers et de la Légion de 1832 est dirigée par son Tambour-major.

Le corps des enfants, véritable pépinière de futurs bravadeurs, comprend des Hussards, Marins, Turcos et Zouaves accompagnés de leurs cantinières. L'ensemble est précédé par les Chivau-fru, corps de Chevau-légers, dont l'origine remonte au XVe siècle sous le règne du "Bon Roi René".

Il est évident qu'un tel attachement à une manifestation exceptionnelle, religieuse et populaire à la fois, ne peut se concevoir qu'à travers le rayonnement d'un Saint hors du commun dont Bossuet disait

"François de Paule est un homme que Dieu envoya au monde pour nous montrer que les lois de la nature cèdent, quand il lui plaît,
aux lois de la grâce."

Texte d'après document du Service communication de la Mairie de Fréjus


ICONE : photo J. Houben

Scènes de la Bravade 1998 (Cl. J. Houben