Les "historiens" de Fréjus

Sous ce titre, ont été réunis tous ceux, qu'ils soient ecclésiastiques, historiens, archéologues, architectes, écrivains, peintres ou photographes,
qui ont étudié l'histoire de notre cité, contribuant ainsi à la mettre en valeur.
Toutes ces personnes sont aujourd'hui disparues mais nombreux sont celles et ceux
qui continuent les recherches entreprises.

-> Cliquez sur le sujet qui vous intéresse :

- Au temps des Romains
- Nicolas Claude FABRY de PEIRESC

- Nicolas ANTELMY
- Pierre ANTELMY
- Joseph ANTELMY

- Jacques Félix GIRARDIN
- Alexandre-Nicolas MEUNIER
- Aubin-Louis MILLIN

- Christophe de VILLENEUVE-BARGEMONT
- Prosper MÉRIMÉE

- Charles TEXIER
- Victor Jean-Baptiste PETIT
- Pascal COSTE

- Joseph Adolphe AUBENAS
- W. H. BULLOCK HALL
- Abbé ESPITALIER
- Jules Camille FORMIGÉ
- Henri Charles THIERRY de VILLE d'AVRAY
- Auguste Étienne PELLOUX-GERVAIS

- Alphonse DONNADIEU

- Jean BACCHI
- Jules FORMIGÉ
- Paul-Albert FEVRIER
- Albert CIAMIN

ICONE : d'après image d'origine inconnue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au temps des Romains

Dans l' "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. les auteurs citent les noms de personnages ayant mentionné FORVM JVLII dans leurs travaux (p. 47 à 53)

 

La liste ci-après est donnée à titre indicatif :

- Munacius Plancus, proconsul de la "Gaule chevelue"
- Marcus Tullius Cicero (Ciceron)
- Lucius Antonius
- Lepide
- Strabon, géographe et historien grec
- Pomponius Mela, écrivain et géographe
- Caius Plinius Secundus, dit Plinius Major (Pline l'ancien)
encyclopédiste
- Caius Plinius Caecilius Secundus (Pline le jeune) avocat et écrivain
- Publius Cornelius Tacitus (Tacite) historien, gendre d'Agricola
- Claude Ptolemée, astronome, mathématicien et géographe
- Hieronymus (Jérôme) docteur de l'Eglise et historien
- Sextus Rufius Festus, administrateur romain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Claude FABRY de PEIRESC
(1580-1637)

Originaire de Belgentier (commune de Solliès-Pont, au nord de Toulon), ce savant, abbé, magistrat et conseiller au Parlement de Provence à partir de 1607, possède à Aix-en-Provence un cabinet très important d'antiques, de curiosités naturelles, de livres et de manuscrits célèbres qu'un réseau d'informateurs, de commissionnaires, d'émissaires acquiert pour son compte.

Il vient au moins à deux reprises à Fréjus et décrit succinctement quelques découvertes […] mais l'essentiel de ses observations est exploité par B. de Montfaucon.

En 1625, une bonne partie des objets précieux sont volés dans ses appartements aixois mais il reconstitue des collections encore plus riches. Ses notes et correspondances, rassemblées en "Registres" sont, pour la plus grande partie, conservées à la Bibliothèque Inguimbertin à Carpentras; d'autres manuscrits sont dispersés dans quelques bibliothèques, dont la Bibliothèque Nationale […] et la Bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence.

À partir de 1630, Fabry de Peiresc recueille les collections réunies par Pierre et Nicolas Antelmy (médailles, petits objets, sculptures, inscriptions, etc.) qui sont ensuite distribuées puis en partie perdues

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 13)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nicolas ANTELMY
(1567-1646)

Originaire de Trigance (Var), il est chanoine de la cathédrale de Fréjus en 1602 puis vicaire général du diocèse. Il tente, avec zèle, de rassembler les archives de l'évêché qui avaient été dispersées durant les guerres de religion (1562-1598), collecte des objets antiques pour son cabinet et se rapproche de N. C. Fabry de Peiresc avec lequel il se lie d'amitié.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 13)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre ANTELMY
(1598-1668)

Né à Trigance (Var), neveu de Nicolas, il est également chanoine (en 1637) et grand-vicaire de Fréjus. « Homme curieux et habile », selon J.-F. Girardin, il poursuit, parfois par le biais de fouilles exécutées à ses frais, la collection d'antiquités, rassemblée par son oncle, laquelle constitue désormais un véritable musée.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 13)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Joseph ANTELMY
(1648-1697)

Joseph Antelmy est né le 25 juillet 1648 à Fréjus. Son père y est avocat, mais la famille est originaire de Trigance. Famille bourgeoise dont les membres embrassent volontiers l'état ecclésiastique.

Tonsuré à onze ans, le jeune homme part en 1665 étudier la philosophie au collège des Jésuites d'Avignon, puis, deux ans plus tard, la théologie à Lyon où il a pour professeur le Père de La Chaise, futur confesseur de Louis XIV. C'est à la Sorbonne enfin qu'il prépare son doctorat et l'obtient en 1668. Il revient à Fréjus, où son oncle, Pierre Antelmy, résigne en sa faveur sa charge de chanoine. C'est une tradition en effet, chez les Antelmy, de conserver le canonicat dans la famille. Il en sera ainsi pendant deux siècles, jusqu'en 1789.

Joseph Antelmy est donc chanoine. Il n'a que vingt ans. Sa nomination contestée, trois ans plus tard, il doit se rendre à Paris défendre ses droits devant le Parlement. Au cours de ce séjour, il est ordonné prêtre en 1673. L'année suivante, rentré à Fréjus, le Chapitre de la cathédrale l'élit officiai du diocèse pendant la vacance du siège épiscopal après la mort de Monseigneur Zongo Ondedei. Le nouvel évêque, Monseigneur de Clermont-Tonnerre le confirmera dans sa charge.

Mais Pierre Antelmy a transmis à son neveu non seulement sa charge de chanoine, mais aussi sa passion des antiquités. Le résultat des fouilles qu'il a effectuées à ses frais ont eu en leur temps un grand retentissement et lui ont valu l'amitié de Nicolas Peiresc, l'un des plus illustres savants de l'époque.

S'appuyant sur les travaux que lui a légués son oncle, Joseph Antelmy forme le dessein d'écrire une grande histoire du diocèse en six volumes. Deux seulement seront terminés. Sa "Description du diocèse de Fréjus" (1676) demeurera à l'état de manuscrit et ne sera publiée que deux siècles plus tard. Seul paraîtra en 1680 "De initiis ecclesiae Forojuliensis", salué avec enthousiasme par ses premiers lecteurs.

En effet, bien que travailleur opiniâtre, le temps lui manque. C'est qu'il a entrepris et mène successivement toute une série de travaux de critique et de controverse sur des points de théologie ou d'histoire de l'Eglise, qui l'opposent notamment au Père Quesnel, de l'Oratoire, un des tenants du Jansénisme. Ces travaux, solidement argumentés, lui valent l'estime admirative des milieux ecclésiastiques et intellectuels du Royaume.

Joseph Antelmy, en 1682, a résigné son canonicat en faveur de son frère Charles-Léonce, âgé de 14 ans, qui sera un jour évêque de Grasse. Lui-même a reçu dans les mêmes conditions, de son oncle maternel Joseph Antiboul, le prieuré de Saint-Tropez, auquel viendra s'adjoindre plus tard celui de Grimaud.

Mais, en 1690, il va devoir abandonner l'administration de ces deux paroisses. Sa réputation de sagesse lui vaut d'être chargé d'une importante et délicate mission dans le diocèse de Pamiers. L'opposition de l'ancien évêque à l'omnipotence de Louis XIV y a provoqué des troubles qui durent depuis quatorze ans. En quelques mois, Joseph Antelmy met fin aux antagonismes, calme les esprits et prend possession du diocèse au nom du nouvel évêque, ce qui lui vaut les éloges du Père de La Chaise. Confirmé dans ses fonctions de vicaire général et d'official, il va les exercer encore plusieurs années et malheureusement y ruiner sa santé. Il ne rentrera en Provence que dans les premiers jours de 1697 et mourra à Fréjus le 20 juin, à l'âge de 49 ans. (1)


"DESCRIPTION du DIOCESE de FREJUS"

Le chanoine Joseph ANTELMY a donné un aperçu général du diocèse de Fréjus en recensant scrupuleusement, après avoir décrit la ville principale et sa cathédrale, les collégiales, les paroisses et les prieurés qui en dépendent. Il fait ainsi ressortir une relative richesse du diocèse tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel, donnant une image de la vie de l'Eglise dans une région de la France du XVIIe siècle.

Les allusions à l'histoire récente du pays permettent de dater approximativement ce texte entre les années 1671 et 1676 : l'écriture a dû en être étalée entre ces deux dates. L'auteur explique par exemple assez longuement comment a été conclu un contrat, non sans difficulté, entre le Conseil communal de Fréjus et le Chapitre, pour renflouer les finances de ce dernier en allégeant ses charges; or, cet accord, dont il est dit ici qu'il est toujours en vigueur, a été dénoncé en 1672 devant le Parlement par le dit conseil, selon Espitalier […] comme il avait été élaboré dès 1670 […] on peut donc situer la rédaction de ce passage en 1671. En revanche le chapitre troisième, qui recense les simples paroisses, fait à plusieurs reprises allusion à l'évêque défunt Zongo Ondedei, qui est mort en 1674. Enfin, parlant de lui-même à propos de sa prébende de Bargème […] Joseph Antelmy indique son âge : vingt-huit ans. Il écrit donc ce dernier chapitre en 1676.

La dernière partie du texte comporte un plus grand nombre de fautes ou de négligences concernant l'orthographe des mots ou même les accords syntaxiques. On peut donc supposer, même si le copiste - puisque nous n'avons plus le manuscrit - a sa part de responsabilité, que le texte n'a pas été revu par Antelmy, et qu'il s'agit plus de notes, surtout pour la description des paroisses, que d'une rédaction suivie. Fait sans doute exception l'exposé sur la ville de Fréjus et sa cathédrale, d'un style plus élaboré et moins cursif.

La langue est en général assez conventionnelle et correspond assez bien à l'idée qu'on peut se faire de la culture moyenne d'un clerc de l'époque, ayant fait ses "humanités", et à qui le latin est familier. Assez longues périodes qui n'évitent ni les redondances inutiles ni même parfois les chevilles, plus proches du discours parlé que du texte écrit. Les courts portraits des chanoines prébendes, à propos de certaines paroisses qu'ils possèdent, mettent l'accent sur la culture littéraire quand elle existe, et notamment s'il s'agit d'anciens élèves de l'institution de l'Oratoire, fort prisée dans les cercles intellectuels de l'époque.

La volonté de défendre les droits du Chapitre et de s'appuyer sur les anciennes lettres de provision est évidente. A plusieurs reprises il est fait état du succès remporté auprès du Parlement de Paris par l'un des chanoines dont le titre était convoité par un régaliste, qui a finalement perdu son procès […] ).

Ce qui ne veut nullement dire qu'Antelmy ne soit pas attaché à l'autorité royale, comme d'ailleurs l'Eglise de Fréjus. Les gens de la Fronde sont fustigés, notamment au sujet du Palais épiscopal de Fayence, dont la destruction avait été rendue nécessaire, dit-il, pour protéger la population contre les conjurés, ce qui en dit long sur le peu de sympathie des prélats à leur égard. Il est vrai que l'évêque de Fréjus était à ce moment là Zongo Ondedei, un Italien ami personnel de Mazarin, qui avait reçu Louis XIV dans son diocèse et sans doute déjà assisté à son mariage à l'île des Faisans.
Il n'existe d'autre part qu'un seul foyer d'hérétiques - les "corrompus de Nantes" - au Luc, et encore ne s'agit-il que de pauvres ignorants, la plupart des étrangers, qu'il ne sera pas difficile de ramener au bercail. Nous sommes à une dizaine d'années environ de la révocation de l'Edit de Nantes, et la pression du clergé sur le roi se fait à coup sûr de plus en plus forte à Fréjus comme ailleurs.

La description du diocèse laisse apparaître une belle vitalité de la pratique religieuse : nombreux fidèles recensés lors des fêtes de Pâques, implantation de communautés religieuses dans les paroisses, culte des saints ou prédications de carême. Mais cette vitalité est étroitement liée au pouvoir seigneurial de l'Eglise et à ses richesses. L'auteur est visiblement intéressé par les ressources de chaque paroisse, de chaque collégiale, par l'importance des biens, et le système assez complexe de rétribution du clergé. La population n'est guère évoquée que dans la mesure où le travail de la terre et l'activité commerciale enrichissent ou non la région, compte tenu du climat et de la qualité du sol. En citadin policé, Antelmy fait l'éloge de l'urbanité accueillante des riches habitants du littoral, et apprécie peu le caractère fruste des montagnards moins favorisés par la nature.

La description d'Antelmy n'est donc pas sans intérêt; elle permet de porter un regard particulier sur la vie d'un diocèse de Provence sous Louis XIV. Pour bien saisir le sens de ce texte, l'ouvrage de Louis Robion (1987), est indispensable : il donne avec une exceptionnelle précision les informations historiques, économiques, archéologiques, susceptibles d'être utiles au lecteur d'Antelmy; la richesse de cette étude aurait mérité la présence d'un index. (2)

(1)- Texte de D. BRENTCHALOFF
(2)- Texte de C. MAIGNANT, agrégé de l'Université, Professeur honoraire de chaire supérieure

Ces textes ont été extraits de " Annales du Sud-Est varois " T XVIII - 1995

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Jacques-Félix GIRARDIN
1678-1753

Né à Fréjus, où sa famille possède une maison, il est docteur en théologie et curé de Cogolin (Var).

Il publie en 1729 une Histoire de la Ville et de l'Eglise de Fréjus qu'il dédie au cardinal A-H de Fleury, ancien évêque de Fréjus, devenu ministre de Louis XV.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 17)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Alexandre-Nicolas MEUNIER
(1765-1808)

Né à Paris, il devient architecte et ses talents s'exercent également dans le dessin et l'aquarelle. Il dresse les plans pour la construction de plusieurs monuments parisiens, est chargé de la conservation des monuments du midi et occupe le poste d'architecte de la ville de Nîmes en l'an II. Iil y conçoit le théâtre dont la construction est achevée en 1827. Il exécute des aquarelles à Aix, Arles, Nîmes, Fréjus et Riez dont certaines seront gravées pour illustrer un Voyage pittoresque de la France. Celles sur les ruines de Fréjus, au nombre de six, datées de l'an II (1793), sont d'une remarquable fidélité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Aubin-Louis MILLIN
(1759-1818)

Né à Paris, il étudie d'abord l'histoire naturelle et décrit et dessine quelques monuments anciens de la région parisienne. Antiquaire, archéologue et numismate, il devient membre de l'Institut, Conservateur, à partir de 1794, du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale et Directeur du Magasin Encyclopédique en 1795 (transformé en 1817 en Annales Encyclopédiques).

Sous l'Empire, il est chargé de mission pour dresser un état du patrimoine, particulièrement en Provence. Il s'ensuit de cette charge la publication, entre 1807 et 1811, des quatre tomes de son Voyage dans les département du Midi de la France où sa visite à Fréjus, en 1805, est succinctement relatée. Un autre voyage le conduira ensuite à Rome et à Pompéi.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 21)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Christophe de VILLENEUVE-BARGEMONT
(1771-1829)

Originaire de Bargemon, au nord de Draguignan, dans le Var, le comte de Villeneuve est issu d'une famille provençale de vieille souche.

Après 1789, alors qu'il appartient à la Garde constitutionnelle, il reste fidèle au roi. La protection du général Lacuée lui permet d'occuper, sous le Consulat, divers postes dans l'administration. Il devient ensuite préfet du Lot-et-Garonne entre 1806 et 1815 puis des Bouches-du-Rhône de 1815 à 1829 avec le titre de conseiller d'État.

Il est à l'origine de nombreux travaux d'édilité dont la restauration du théâtre d'Arles et la construction de l'arc de triomphe de la porte d'Aix, à Marseille. Il participe aux activités de l'Académie de Marseille et à la création de la Société de Statistique; son nom reste associé à la Statistique sur les Bouches-du-Rhône, parue en 1824.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 21)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Prosper MÉRIMÉE
(1803-1870)

Né à Paris, avocat, écrivain et homme politique, il est nommé Inspecteur Général des Monuments historiques le 27 mai 1834, année durant laquelle il effectue un premier périple dans le Midi de la France où Fréjus constitue une très courte étape, au mois d'octobre. Il publie, en 1835, le premier volume de ses Notes de voyages dans lequel les commentaires sur Fréjus n'occupent que l'équivalent de deux pages.

Il contribue de tout son pouvoir à la conservation des anciens édifices et est à l'origine de la publication, par le Ministère de l'Intérieur, de la première liste de classement pour la protection des Monuments Historiques, en 1840. Il devient membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1843 et de l'Académie Française en 1844.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 23)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Charles TEXIER
(1802-1871)

Né à Versailles, il entre à l'école des Beaux-arts en 1823, devient architecte et reçoit le titre d'Inspecteur des Travaux Publics de Paris en 1827. Il dirige des fouilles dans les ports de Fréjus et Ostie pour déterminer les causes du retrait de la mer Méditerranée.

En 1828 et 1829, il est plus particulièrement chargé de mission archéologique par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (l'Institut) pour fouiller à Fréjus, les résultats de ses travaux étant seulement publiés en 1849.

En 1833 il accomplit une mission en Asie Mineure puis se rend à nouveau en 1839 en Arménie, en Perse et en Mésopotamie. En 1840 il est nommé professeur suppléant d'archéologie au Collège de France et, en 1843, inspecteur général des Bâtiments civils en Algérie. Il devient membre de l'Académie des Inscriptions en 1855.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 23)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Victor Jean-Baptiste PETIT
(1817-1873)

Originaire de Troyes (Aube), cet aquarelliste et lithographe figure au Salon de Paris de 1837 à 1863 ; il parcourt certaines régions dont il rapporte des vues de paysages et de monuments qui sont publiées, en particulier sur le départent de l'Yonne ainsi que sur Pau, Bagnères-de-Luchon, Saintes et Cannes.

A Fréjus, il tient le crayon pour fixer sur le papier des élévations et des vues cavalières des monuments antiques encore visibles. Ces illustrations sont conçues pour accompagner de très larges extraits du livre de J.-F. Girardin, publié près de 150 ans auparavant.

Membre de la Société Française d'archéologie, son œuvre paraît avoir suscité un grand intérêt : une première partie est accueillie dans le Bulletin Monumental en 1864 et une seconde, dans la même collection, en 1865 ; l'ensemble est à nouveau publié dans les actes du Congrès Archéologique de 1866 et, après la mort de l'auteur, fait ensuite l'objet d'une troisième édition légèrement allégée (168 p.), en 1878, chez un imprimeur de Cannes.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 27)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Pascal COSTE
(1787-1879)

Né à Marseille, dessinateur, architecte et ingénieur, il effectue deux voyages en Egypte (1817-1822 et 1823-1827) durant lesquels il réalise la construction de quelques ouvrages de génie civil tout en réalisant des dessins de monuments.

Il doit rentrer en France pour raison de santé. Le reste de sa vie est consacré à l'édification de bâtiments à Marseille, dont le Palais de La Bourse, les églises Saint-Lazare et Saint-Joseph et, surtout, à des voyages; entre autres, en 1841-1842, il participe à une très importante mission scientifique patronnée par l'Institut de France et jointe à l'ambassade de M. de Sercey en Perse en compagnie du peintre Eugène Flandin avec qui il relève et dessine tous les monuments antiques.

En 1831, il fait un périple dans le Var d'où il rapporte 30 croquis de Fréjus, dont 23 concernent les ruines antiques et offrent une réelle valeur archéologique du fait de la précision du dessin et des commentaires qui accompagnent certains d'entre eux, en marge, sans omettre la qualité artistique du trait.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 23)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Joseph-Adolphe AUBENAS
(1813-1893)

Originaire de Valréas (Vaucluse), ce magistrat devient Chef de Cabinet du Ministre de la Justice sous Louis-Philippe et Procureur Général aux colonies (à la Martinique puis aux Indes).

Homme de culture, de grande érudition, il publie plusieurs ouvrages historiques (Histoire du Parlement, Notice sur Madame de Sévigné, etc.) et sur l'Antiquité (Mémoire sur les Arcs de triomphe du département du Vaucluse).

Sa carrière terminée, alors qu'il est membre résident de la Société Nationale des Antiquaires de France, il vient s'établir à Fréjus et entreprend, à partir de 1875, une nouvelle et minutieuse étude des monuments et des vestiges antiques qu'offre, avec une si grande profusion, le sol de Fréjus.

Il accumule des notes, fouille en 1878 et 1879 au quartier Notre-Dame et sur la Plate-forme et fonde le musée archéologique municipal dans une salle de la Mairie, en 1880, dont il est le Conservateur et publie, en 1881, une volumineuse et sérieuse synthèse sur Fréjus antique.

Maire de Fréjus de 1884 à 1888, il travaille sans relâche à la prospérité de la ville.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 27)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

W. H. BULLOCK HALL
(?-1904)

Cet érudit sujet britannique, habitant à Valescure (Saint-Raphaël), dirige des fouilles dans l'amphithéâtre en 1902 et 1903 […] et s'intéresse aux vestiges de Fréjus, signalant entre autres plusieurs inscriptions romaines. Il fut membre des sociétés littéraires et scientifiques de Nice et Draguignan et de la société Éduenne d'Autun.

On ne sait rien de plus de lui sinon qu'il a rédigé The Romans on the Riviera and the Rhône. A sketch of the conquest of Liguria and the Roman Province, (London, 1898 - 194 pages), dans lequel on trouve un plan de Fréjus antique et moderne inspiré de ceux publiés à la fin du XIXe siècle.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 29)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'abbé ESPITALIER
(1844-1905)

Jean Joseph Hippolyte ESPITALIER naquit à Fréjus le 24 mars 1844, fils de Pierre, cordonnier, et de Marie Françoise JEHAN, tous deux natifs de Fréjus. La famille Espitalier est d'ailleurs implantée depuis fort longtemps à Fréjus puisque à la septième génération notre chanoine descend de Guillaume ESPITALIER, né dans cette ville le 18 mars 1607 [...]. Son grand-père paternel était marin.

Il fut ordonné prêtre le 21 septembre 1867.

Il était féru d'histoire et se spécialisa dans l'étude du passé du diocèse de Fréjus. Curé de communes modestes, Puget-sur-Argens (de 1883 à 1892) et Gonfaron (de 1892 à 1905), il était éloigné des grands dépôts d'archives et de livres ; malgré cette situation défavorable, aggravée par l'anticléricalisme de l'époque, il eut le mérite de bâtir une œuvre importante, reconnue et respectée pour son sérieux. Son principal ouvrage est "Les évêques de Fréjus", publié en 4 volumes de 1891 à 1904.

Sa compétence lui valut d'être honoré par l'autorité diocésaine des titres d'historiographe et de chanoine, le 1er juillet 1898.

Il mourut le 28 décembre 1905 à Gonfaron, alors qu'il était encore en charge de la paroisse. Sa disparition fut assez soudaine car l'acte de sépulture précédant le sien est encore signé de sa main.
Un éloge funèbre fut prononcé lors de la séance du 19 janvier 1906 de la Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan, dont l'abbé était membre correspondant.[...]

(Texte de Daniel HAINAUT - 2005)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Jules-Camille FORMIGÉ
(1845-1926)

Né au Bouscat (Gironde), architecte participant à l'exposition universelle de 1889, il devient architecte des Monuments Historiques et fait restaurer l'arc de Saint-Rémy, le théâtre antique d'Orange, etc.

À Fréjus, en 1903-1904, il dresse un état des lieux pour les bâtiments du cloître et propose la restauration des deux étages de galeries.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 29)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Henri-Charles THIERRY de VILLE d'AVRAY
(1848-1933)

Originaire de Rennes, le baron Th. de Ville d'Avray entre à l'École militaire impériale de Saint-Cyr et toute sa carrière se déroule dans l'Armée, avec diverses affectations dont plusieurs au service cartographique de divers États-Majors ; il part à la retraite, en 1902, avec le grade de colonel et se fixe à Cannes où il devient Conservateur des musées et de la bibliothèque.

Ses activités archéologiques se déroulent surtout dans les Alpes-Maritimes sauf entre 1912 et 1914 quand il fouille à Fréjus avec une subvention de la Société Française d'Archéologie. Il publie plusieurs articles dans les Annales de la Société d'Etudes Provençales puis dans le Bulletin de la Société Archéologique de Provence.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 29)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Auguste Étienne PELLOUX-GERVAIS
(1872-1944)

Né à Fréjus, il hérite d'une propriété agricole de 5 ha, à l'intérieur des limites de la ville antique, l'ancienne Vigne du Chapitre qui avait été vendue comme bien national à la Révolution et qu'il baptise Clos de la Tour.

À l'occasion de plantations, il découvre divers vestiges de l'époque romaine, principalement des mosaïques dont il exécute les croquis des décors, et les reporte sur deux plans schématiques de la propriété dressés par ses soins et régulièrement complétés […] Il fait don au musée de Fréjus de la mosaïque dite "du Léopard" et constitue, chez lui, une importante collection d'objets antiques (qui ne proviennent pas toutes nécessairement de sa propriété), dont un grand nombre de monnaies, collection en grande partie dispersée après sa mort et qui se retrouve partiellement au musée de Fréjus.

Il est membre de la Société Archéologique de Provence qui a publié quelques brèves communications.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 29)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Alphonse Alexandre DONNADIEU
(1877-1959)

Né à Caylus (Tarn-et-Garonne), il devient docteur en médecine et chef des travaux en psychologie pathologique à l'École des Hautes Etudes, puis professeur de cette même spécialité à Nancy. Pour des raisons de santé, il doit s'établir dans le sud et, dès 1917, occupe la villa Mosella à Saint-Aygulf, quartier sur le territoire duquel il fouille une villa à Villepey. En se rapprochant de Jules Formigé, architecte en chef des Monuments historiques, il commence des fouilles à Fréjus :n 1925.

Il publie en 1927 une importante synthèse sur Fréjus antique, La Pompéi de la Provence, sérieusement documentée, dans laquelle il rend compte des résultats de ses premières recherches.

L'essentiel de son activité archéologique est cependant à venir puisqu'il fouille pratiquement chaque année sur plusieurs sites, vraisemblablement jusqu'en 1943, et généralement avec des subventions de la Société Française des Fouilles Archéologiques ou, dans un cas, de la Fondation Piot […]. Certains résultats de ces travaux font l'objet d'articles mais nombreux sont ceux qui restent inédits et seulement accessibles par le biais de ses rapports manuscrits, accompagnés de tirages photographiques et de plans, qu'il communiquait soit à la Direction Générale des Beaux-arts, soit à Jérôme Carcopino (au moins dès 1932), soit à Albert Grenier (professeur au Collège de France à partir de 1935 et fondateur et directeur de la revue Gallia de 1943 à 1961) qui collationnait de la documentation pour élaborer ses Manuels d'Archéologie parus en 1931, 1934, 1958 et 1960.

À partir des années 1930-1935, il entre en conflit scientifique avec J. Formigé, ce qui pousse l'un et l'autre à produire quelques articles polémiques.

Il est nommé par la ville Conservateur du musée en 1931.

Il devient Maire de Fréjus par arrêté du 26 décembre 1940 jusqu'au 1er septembre 1941 puis, peut-être pour des raisons politiques, quitte Fréjus en 1944, emportant une partie de ses dernières trouvailles et les archives du musée, et s'installe à Cannes.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 30)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Bacchi
(xxxx-xxxx)

Jean Bacchi, né à Fréjus, était un photographe qui prit et édita, sous forme de cartes-postales,
de nombreuses vues de notre ville.

Il prit également l'initiative de faire mieux connaître le patrimoine historique fréjusien, en faisant don de panneaux indicateurs pour guider les visiteurs potentiels.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Jules FORMIGÉ
(1879-1960)

Né à Paris, il est architecte en 1904 et se fait remarquer pour ses restitutions archéologiques (théâtres romains, arènes de Lutèce, monuments arlésiens, etc.).

Membre de l'Institut à partir de 1912 (Beaux-arts), il devient Inspecteur Général des Monuments Historiques puis Architecte en Chef de la Reconstruction. Il dirige de nombreuses fouilles et conduit des restaurations à Vienne, Vaison, Orange, Arles, Nîmes, La Turbie, etc. À Fréjus,

sur mes instances, le Service des Monuments Historiques s'est décidé à y entreprendre des fouilles méthodiques sur un large programme. Les édifices apparents seront peu à peu dégagés et on recherchera la trace des autres. Un plan basé à la fois sur le cadastre et sur des relevés photographiques par avions sera constitué

Divers sites sont effectivement fouillés sous sa direction (en particulier le théâtre, la Porte des Gaules et la Porte de Rome) entre 1919 et 1931, mais le plan général de la ville ne verra pas le jour.

Il fait restaurer le cloître, le baptistère, la cathédrale et le palais épiscopal entre 1921 et 1930.

Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 29)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 


PAUL-ALBERT FEVRIER
(1931-1991)


(Cl. Shiro Natori - 1988)

Né à Cannes, il reçoit la formation drastique de l'École des Chartes (1955) devient membre de l'École Française de Rome (1955-1956). Un séjour en Algérie, sous les drapeaux (1957-1960), fait naître un profond attachement pour ce pays qu'il retrouve dans l'indépendance (1962-1968) pour y enseigner à la Faculté d'Alger et diriger plusieurs chantiers archéologiques. En Algérie d'abord, puis en France, il occupe différentes charges au sein de l'Université et du Ministère de la Culture.

La liste impressionnante de ses publications et de ses sujets d'intérêt masque presque totalement l'activité archéologique qu'il a exercée, en particulier à Fréjus.

C'est dans cette ville qu'il côtoie sur le terrain Fernand Benoit et Nino Lamboglia et qu'il devient un pionnier, dès les années 1950, pour mettre en application la méthode stratigraphique, principalement sur la Butte Saint-Antoine et sur la Plate-forme, puis au Clos de la Tour et dans et autour du Groupe épiscopal.

Pendant 40 ans, jusqu'en 1990, il fut cet esprit remarquable qui comprenait tout sur les chantiers, dans l'instant immédiat : les pierres comme la terre, et toujours, en toile de fond de ces recherches de terrain, le rôle la place de l'homme dans la société antique.

Après avoir publié, en 1963, un livre sur Fréjus (Forum Julii) et la basse vallée de l'Argens (réédition augmentée en 1977), il aurait dû être le principal auteur de cet Atlas pour dresser une nouvelle synthèse sur la ville.

Fréjusien d'adoption et Professeur d'Histoire romaine à l'Université de Provence (1968-1991), il a entraîné nombre de ses étudiants à venir étudier et former sur ses chantiers de fouilles, à Fréjus. (1)


La cohérence du parcours scientifique et humain d'un "méditerranéen"

Professeur d'Histoire romaine à l'Université de Provence de 1968 à 1991, "PAF" pour ses collègues, était connu et reconnu comme antiquisant, médiéviste et archéologue bien au-delà de nos frontières, de Rome à Alger et de Barcelone à Tunis. Spécialiste de l'Antiquité tardive (du IIIe au VIIIe siècle, époque également nommée Bas Empire et Haut Moyen-Âge), il a principalement étudié et voyagé en Méditerranée occidentale.

Une profonde cohérence marque son parcours intellectuel, scientifique et humain :

- cohérence entre l'ensemble de ses activités : recherche, archéologie, enseignement, conservation du patrimoine monumental ;
- cohérence aussi entre son intérêt pour l'Antiquité tardive et sa foi. Il a choisi comme objet d'étude une période où se met en place "l'organisation chrétienne" dans une société en crise ;
- cohérence encore entre ses pratiques professionnelles et ses convictions de citoyen, ce qui se traduisait par un engagement pour le service public et une générosité au quotidien, par exemple, avec l'animation pendant de nombreuses années, de la Commission des équivalences où il s'est illustré par sa volonté de trouver des solutions concrètes aux problèmes des étudiants ;
- cohérence enfin, dans son choix d'enseigner à Aix-en-Provence, et non pas à Paris, par attachement à la Provence.

Son oeuvre scientifique est considérable. Pour en avoir un aperçu, on peut lire "La Méditerranée de Paul-Albert FEVRIER". Publiées en 1996 conjointement par l'Université de Provence et l'École Française de Rome, ces oeuvres choisies (2 tomes, 1260 p.) représentent le quart seulement de sa production scientifique. Le dernier article de ce recueil intitulé : "La pierre entre les Maures et l'Estérel" permet de mieux saisir le caractère "charnel" de sa provençalité.
Sa sensibilité artistique a débordé le champ de l'archéologie et l'a conduit vers l'art contemporain. Il appréciait plus particulièrement les oeuvres de Miro, de Tapiès, de Nicolas de Staël sur lesquelles il aimait méditer.


Intellectuel et homme d'action

L'homme est décrit comme volontiers provocateur, exigeant, cultivant un "goût de l'ailleurs" et aimant bousculer les frontières culturelles et disciplinaires.

Passionné pour l'archéologie, très tôt dès l'âge de 17 ans, il avait su, par exemple, s'adresser directement au responsable des fouilles pour la France, lui indiquant qu'il se mettait à sa disposition. Sa curiosité fut immense. Elle le conduisit très régulièrement sur le terrain. Sa fidélité à ses grands choix de vie fut constante. Son parcours est jalonné de deux grandes étapes principales marquées par la continuité.

Première étape : de la passion intellectuelle à la sensibilité citoyenne

Archiviste, paléographe et membre de l'École française de Rome dès 1955, il avait été nommé attaché de recherche au CNRS en 1961. Jeune appelé du contingent pendant la guerre d'Algérie, il est confronté à des atrocités qui vont influencer profondément sa sensibilité citoyenne et interpeller sa foi chrétienne. L'archiviste, l'intellectuel passionné est définitivement entré dans son siècle également comme citoyen. Il s'impliquera par la suite dans les activités culturelles et scientifiques de l'Algérie indépendante en acceptant différentes fonctions. Chargé de recherche au CNRS, à Alger, au Centre de recherches sur l'Afrique méditerranéenne, à partir de 1962 professeur à titre algérien, il exerça également des fonctions d'inspecteur des Antiquités de l'Algérie jusqu'en 1968. C'était une période "lumineuse" pour lui, les utopies semblaient être réalisables dans un jeune État indépendant. Dans les années 70, il exprima à nouveau son goût pour la liberté, cette fois-ci contre le régime franquiste.

Deuxième étape : l'implication à l'Université de Provence

En étant nommé, d'abord maître de conférences, puis, dès 1969 professeur à Aix-en-Provence, il a pu cultiver ses racines provençales. Les recherches consacrées à la Provence sont très nombreuses, parmi celles-ci :

"Fêtes religieuses de l'ancien diocèse de Fréjus",
"Les monastères provençaux à l'époque carolingienne",
"Sarcophages d'Arles",
"Aux origines de quelques villes médiévales du Midi de la Gaule", etc.

A Fréjus, où il a dirigé les fouilles du site antique, la place située dans le coeur antique de la ville porte le nom de Paul-Albert-Février.

Son implication à l'Université était très forte. Il a enseigné, mais aussi administré l'Université comme Vice -Président. Pendant les événements de mai 68, selon certains témoignages, il a fait preuve de courage physique et de sens des négociations. Il était admiré pour son dévouement mais aussi craint pour ses colères. Homme de contact, il s'occupait beaucoup des étudiants. Son exigence leur apportait beaucoup. Ceux qui ont travaillé avec lui ont été marqués par la rigueur de sa méthode. Il encourageait les thésards à cultiver le doute et à formuler des hypothèses audacieuses et originales.

Il a, jusqu'à la fin, mis en place des projets dont certains ont été repris par ses successeurs : par exemple, en Tunisie, Michel Fixot dirige les fouilles de Jedidi (église et baptistère paléochrétiens).

Il a oeuvré activement au décloisonnement scientifique, et a encouragé la pluridisciplinarité. Il a aussi montré comment notre société et nos paysages restent encore façonnés aujourd'hui par l'organisation chrétienne de l'Antiquité tardive. Dans les villes, comme à Aix, tout le développement au Moyen Âge a été ordonné autour de la cathédrale de l'antiquité tardive ; dans les campagnes, le réseau paroissial du Haut Moyen Âge est déjà, très largement, celui de nos villages contemporains ; pour le temps aussi, le calendrier mis en place est encore le nôtre.

Malgré sa forte implication en Provence, Paul-Albert Février resta néanmoins très présent sur la scène nationale et internationale. Et cela de différentes manières, en particulier il fut correspondant pour de nombreux instituts archéologiques (Allemagne, Italie, etc.), animateur de congrès internationaux, etc. En France, il fut nommé Vice-Président de la Commission nationale de l'inventaire des monuments et richesses artistiques de France et c'est une tâche qui lui tenait très à coeur : la défense et l'illustration du patrimoine lui paraissaient, en effet, autant de prolongements naturels de ses réflexions universitaires et de ses engagements personnels.


Héritage et avenir

L'héritage mais aussi le projet scientifique de Paul-Albert Février vivent à travers les activités de l'Association Paul-Albert Février présidée par Jean Guyon, mais aussi à travers les activités scientifiques du Centre Paul-Albert Février, abrité par la MMSH et dirigé par Gilles Dorival.
Par testament, Paul-Albert Février a laissé tous ses biens à l'Université de Provence, y compris son appartement aixois. Il sert à "accueillir des étudiants et des chercheurs, français ou étrangers, en histoire et en archéologie".


L'Association Paul-Albert FEVRIER

En vertu d'une convention, l'ensemble du legs de Paul-Albert Février est géré, pour le compte de l'Université, par "l'Association Paul-Albert Février", dont les objectifs sont de garder vivante la mission du savant et de l'homme (c'est à ce titre, par exemple, qu'elle a inspiré la publication des deux ouvrages édités par l'Université), et plus largement de réunir tous ses amis. Les nouveaux adhérents sont les bienvenus.


Le Centre Paul-Albert FEVRIER

Parce qu'il est sûrement l'un des universitaires qui a le plus oeuvré pour le décloisonnement des disciplines et l'abolition des barrières chronologiques, aussi s'était-il montré très favorable à l'idée de voir se créer à Aix un centre de recherche qui réunisse historiens, philologues, archéologues, exégètes, patristiciens, etc. La mort l'a empêché de voir se réaliser ce projet à la réalisation duquel il aurait sûrement beaucoup apporté.

Après sa disparition, pour lui rendre hommage, ses collègues historiens, archéologues et philologues ont voulu que leur entreprise commune porte son nom ; c'est ainsi que le Centre Paul-Albert Février est aujourd'hui l'une des composantes de la toute nouvelle Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme. Il est délicat évidemment de faire parler les morts, mais il est probable que Paul-Albert Février aurait beaucoup apprécié l'idée même et la création d'une telle Maison. (2)

(1) Texte extrait de "Atlas topographique des villes de Gaule - 2 - Fréjus" (Revue archéologique de Narnonaise)
par L. Rivet, D. Brentchaloff, S. Roucole, S. Saulnier. (p. 33)
(2) Texte d'origine inconnue, recherches en cours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Albert CIAMIN
(1926-2002)


Texte en préparation