L'Armée française de la Libération
de la Provence

<< La force d'intervention française en Provence est placée sous le commandement du général de Lattre de Tassigny avec l'appellation de "1ère Armée Française".

Ses différentes unités proviennent du "Corps Expéditionnaire Français" du général Juin (qui cesse son commandement en Italie, le 23 juillet 1944), d'unités stationnées en Corse ou en attente en Afrique du Nord.

Elle comprend 4 divisions:

- la 1ère D.M.I. (Division de Marche d'Infanterie)
- la 3e D.I.A. (Division d'Infanterie Algérienne)
- la 9e D.I.C. (Division d'Infanterie Coloniale)
- la 1ère D.B. (Division Blindée)

À ces divisions sont rattachées des unités spécifiques aux noms évocateurs de l'histoire coloniale française :

- La 1ère D.M.I. dite 1ère D.F.L. (Division Française Libre) du général Brosset comprend :

- le R.C.T. 1 (Regimental Combat Team) du colonel Delange avec la 1ère Brigade d'Infanterie (2e Bataillon de Légion Étrangère et 22e Bataillon nord-africain) et un 1er Groupe d'obusiers de 105

- le R.C.T. 2 du colonel Garbay, avec la 2e Brigade d'Infanterie (Bataillons de marche 4,5 et 11) et un 2e Groupe d'obusiers de 105

- le R.C.T. 3 du colonel Raynal, avec la 4e Brigade d'Infanterie (Bataillons de marche 21 et 24) et BIMP (Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique) et un 3e Groupe d'obusiers de 105

- le 1er Régiment de Fusiliers-Marins du capitaine de corvette de Corsier, unité de reconnaissance

- le 8e Régiment de Chasseurs d'Afrique du lieutenant-colonel Simon, unité de tanks destroyers

- un 4e Groupe d'obusiers de 155

- La 3e D.I.A. du général de Monsabert comprend :

- le 3e Régiment de Tirailleurs Algériens du colonel de Linarès, formant avec le 2e Bataillon du 67e Régiment d'Artillerie d'Afrique le G.T.1 (Groupement tactique)

- le 7e Régiment de Tirailleurs Algériens du colonel Chappuis, formant avec le 1/67e R.A.A. le G.T.2

- le 3e Régiment de Spahis Algériens du colonel Bonjour, unité de reconnaissance

- le 7e Régiment de Chasseurs d'Afrique du lieutenant-colonel Van Heeke, unité de tanks destroyers.

- La 9e D.I.C. du général Magnan comprend :

- le 4ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais du colonel Bourgund, formant avec un bataillon d'Artillerie Coloniale (le I.R.A.C.M.) le G.T. 1

- le 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais du colonel Salan, formant avec le III/R.A.C.M. le G.T.2

- le 13e Régiment de Tirailleurs Sénégalais du colonel Voillemin, formant avec le II/R.A.C.M. le G.T.3

- le Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc , (R.I.C.M.) du lieutenant-colonel le Puloch, unité de reconnaissance

- le Régiment de Chasseurs de Chars (R.C.C.C.) du lieutenant-colonel Charles, unité de tanks destroyers

- La 1ère D.B. (Division Blindée) du général Touzet du Vigier comprend :

- le 2e Régiment de Cuirassiers du lieutenant-colonel Durosoy et le 3e Bataillon de Zouaves, formant avec le l/68e R.A.A. le "Combat Command 1" aux ordres du général Sudre

- le 5e Chasseurs d'Afrique du commandant Grout de Beaufort et le 1er Zouaves du commandant Barbier, formant avec le III/68ème R.A.A. le "Combat Command 2" aux ordres du colonel Kientz.

- le 2e Chasseurs d'Afrique du lieutenant-colonel Lodin de Lepinay et le 2e Zouaves du commandant Arfouilloux, formant avec le II/68e R.A.A. le
"Combat Command 3" aux ordres du colonel Caldairou

- le 9e R.C.A. (Régiment de Chasseurs d'Afrique) du lieutenant-colonel de la Barthe, unité de tanks destroyers

- le 3e R.C.A. du lieutenant-colonel Fouchet, unité de reconnaissance d'automitrailleuses

En réserve générale, deux unités d'intervention rapide :

- le Bataillon de Choc du capitaine Hériard-Dubreuil

- le 2e Régiment de Spahis Algériens du colonel Lecoq, unité de reconnaissance d'auto-mitrailleuses.

La 1ère Armée dispose de 2 unités spéciales de
commandos :

- le Groupe Naval d'Assaut de Corse, formé en 1943 par le capitaine de frégate Sériot.Spécialisé dans la mise en oeuvre de canots pneumatiques, il réalise des missions de renseignements sur les côtes italiennes.
Le 15 août 1944, il est chargé de l'opération "Rosie Force" entre le Trayas et Théoule. Échec sanglant. Par la suite, on lui confie des missions de protection dans les ports du Languedoc. En septembre 1944, il est dissous en Corse.


- le Groupe des Commandos d'Afrique unité de combat entraînée à Sidi-Ferruch, puis en Corse à Saint-Florent, au début de 1944. Il s'empare de l'île d'Elbe. Au sud de Salerne, il prépare l'opération "Romeo Force" qu'au cap Nègre il exécute avec brio. Tous volontaires, choisis avec soin, les commandos sont aptes au combat de nuit, au corps à corps et à
l'infiltration loin derrière les lignes ennemies.

Il convient d'insister sur la contribution magnifique des goumiers marocains à la libération de la Provence. Le G.T.M. (Groupe de Tabors Marocains) du général Guillaume est divisé en Tabors (bataillons) et Goums (compagnies). Il comprend :

- le 1er G.T.M. (2e, 3e et 12e Tabors) sous les ordres du colonel Leblane

- le 2e G.T.M. (1er, 6e et 5e Tabors) sous les ordres du colonel Boyer de la Tour

- le 3e G.T.M. (9e, 10e et 17e Tabors) sous les ordres du colonel Massiet du Biest.

Leurs pertes furent sévères.

Il convient également de citer les nombreuses unités des services :

- Transmissions
- Génie
- Train
- Matériel et Essences
- Intendance
- Service de santé (40 hôpitaux d'évacuation)
- Services de Renseignements

Durant l'opération "Dragoon", le soutien logistique qu'ils apportent aux unités au combat fut très efficace.

Les unités de l'Armée d'Afrique, aussitôt débarquées sur les plages de Provence, ne cesseront pas de se battre durant les mois suivants. Leur avance en pays provençal est marquée par le siège et l'assaut sanglant des places fortes allemandes, solides et à forte garnison, de Hyères, Toulon et Marseille.

Les Forces aériennes françaises
au cours de la Libération de la Provence


Du 31juillet au 10 août 1944, les forces aériennes françaises exécutent des bombardements de précision à l'intérieur des terres. Sont visés ponts, voies de communication, terrains d'aviation.

Du 11 au 15 août, elles réalisent des attaques de batteries allemandes le long du littoral. À partir du jour J, elles s'en prennent directement à des positions d'artillerie et aux colonnes de la 19e Armée allemande dans la vallée du Rhône.

Le 20 août, pour la première fois depuis l'invasion de la zone libre par la Wehrmacht, des avions des Forces aériennes françaises se posent en territoire libéré sur la base aéronavale de Fréjus. (1)

La flotte aérienne française se compose de :

- 1ère escadre de "Spiffire"
- 4e escadre de P.47 "Thunderbolt"
- 4 groupes de bombardiers B.26 "Marauder"
- 1 escadrille de reconnaissance de "Spiffire"
- 1 escadrille de reconnaissance de P38 "Lightning"
- L'aéronavale dispose d'hydravions "Catalina" et "Walrus" basés en Corse.

La Marine de guerre française
au cours des opérations de débarquement

Toutes les forces navales françaises disponibles en Méditerranée sont engagées dans l'opération "Dragoon".

Elles assurent la protection des convois, la destruction des résistances et obstacles sur les plages et par la suite, des tirs de destruction ou de neutralisation à la demande des forces d'infanterie à terre. Leur puissance de feu est redoutable.

Au jour J, la Marine de guerre française aligne :

- 1 cuirassé : Le "Lorraine"

- 6 croiseurs: "Emile Bertin", "Jeanne d'Arc", "Dugay-Trouin",
"Le Terrible", "Le Fantasque", "Le Malin".

- Venant des côtes de la Manche, 3 unités les ont rejoint: "Georges Leygues", "Montcalm", "Gloire".

- 6 divisions d'escorteurs, torpilleurs et avisos soit 16 navires

- 2 transports

- 3 pétroliers

À partir du 17 août, une partie des navires français
continuent un appui de feu direct aux troupes. D'autres se
voient confier de nouvelles missions en Méditerranée.


Ne jamais oublier !

Au cours de la libération de la Provence, les forces américaines font un effort gigantesque de préparation matérielle et de logistique. Elles s'emparent de haute lutte d'une tête de pont à partir de laquelle la conquête d'une partie du territoire français est possible. Elles exploitent leur succès avec rapidité et brio à travers les vallées alpines et le long du Rhône. Mais en Provence, les combats les plus durs et les plus sanglants sont menés par les unités de l'Armée d'Afrique aidées par des unités de FFI qui renseignent et jalonnent les chemins de la Victoire. Leur commandant en chef, le général américain Patch, reconnaît leur valeur et les sacrifices consentis.

Le 29 août, il les en remercie :

"Je suis fier d'avoir eu sous mes ordres des hommes tels que vous."

Il ne faut pas oublier ou passer sous silence cette page de l'Histoire de la France. >> (2)

(1) NDLR : En fait, il semble que les premiers appareils français à se poser en Provence sont ceux d'une patrouille de Spitfire de reconnaissance, appartenant au Groupe 2/33 "Savoie" , menée par le Capitaine Labadie, qui s'est posée le soir du ....sur la (très courte) piste de Ramatuelle. Le...cette unité s'installait sur le terrain de campagne édifié au sud du village du Puget. (Voir le § spécial) La piste de la B.A.N. n'a été utilisée, semble-t-il, que par des avions légers, tout au moins dans les premiers jours ayant suivi le débarquement.

(2)- H. Julien "Le Guide du Débarquement de Provence" (Éditions de Provence 1994) Pages 10 à 25
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