Les forces armées allemandes
         à la veille du débarquement


<< C'est par un coup de force que les Allemands imposent leur dispositif militaire le long des côtes françaises de la Méditerranée.

En premier lieu, ils évincent les forces italiennes qui gardent le littoral provençal. Après l'occupation de la Sicile par les Alliés, en juillet 1943, le haut commandement allemand (0KW) est au courant de la duplicité des gouvernants romains. (Le Duce est destitué à Rome dans la nuit du 24 au 25 juillet). Puis d'août à octobre 1943, la Wehrmacht réalise une mainmise totale sur la Provence et l'organise en bastion défensif. Le plan "Achse" (Axe) permet aux forces armées et aux services administratifs allemands de s'emparer des ressources des départements de la Provence méditerranéenne. Les formations de l'Armée de l'armistice et la Marine nationale francaises sont liquidées, les arsenaux pris directement en charge. Les mouvements de population et le ravitaillement sont strictement surveillés.

Une organisation territoriale structurée couvre les administrations françaises. La répartition géographique des unités de la Wehrmacht se précise. Des secteurs de défense côtière sont définis. On pare au plus pressé : la lutte contre les partisans, la défense passive et antiaérienne, la fortification des zones possibles de débarquement. Une machinerie militaire compliquée se met en place. Pour la zone sud de la France, en,début d'année 1944, elle comprend 15 divisions réparties dans le couloir rhodanien, le littoral atlantique, le sud-ouest et le sud-est.

Le long des côtes méditerranéennes,aucun système de défense cohérent ne peut être réalisé. Les causes sont multiples. Difficultés de la géographie, côtes découpées, pénurie de moyens de transports, difficultés de main d'oeuvre. Seul, un simple rideau littoral d'ouvrages défensifs est établi. Champs de mines, obstacles contre les opérations aéroportées, défenses sous-marines ne sont que partiellement réalisés.

En juillet 1944, les trois meilleures divisions de la Wehrmacht, basées en Provence, ainsi que de l'artillerie motorisée et des canons d'assaut, font mouvement vers les champs de bataille du nord de la France. Dans ses plans stratégiques, l'OKW conçoit désormais les côtes méditerranéennes comme un secteur secondaire, une position retardatrice qu'il conviendra de tenir le plus longtemps possible. Dès juin, la destruction de tous les ports de la côte est prévue. Lorsque le 1er juillet 1944, le général Wiese prend le commandement de la 19ème Armée chargée du secteur côtier méditerranéen, il constate que :

- les cadres des unités sous ses ordres sont souvent âgés

- les unités d'infanterie sont, en grande partie, composées de volontaires peu sûrs   de l'Ostlegion. Disciplinées et solides, les troupes allemandes n'ont pas commis d'exactions marquantes à l'encontre des populations dont elles n'encourent pas   encore l'hostilité armée.

- 7 divisions d'infanterie se répartissent sur l'ensemble du littoral méditerranéen,   soit 10 km par bataillon. Pourtant, le règlement tactique est formel; en position défensive, un bataillon ne peut tenir, efficacement, qu'une zone de 1 km 500 de   large. 2 bataillons d'infanterie constituent les seules réserves mobiles.Basée dans   la basse vallée du Rhône et susceptible d'intervenir puissamment,  la 9e Panzerdivision a été envoyée dès le 29 juillet, en renfort vers le nord.

- l'artillerie de campagne aligne 4 pièces, tous les 10 km. Installées trop près du   rivage, en des points fixes vulnérables, les batteries côtières ne peuvent pas   intervenir lors de combats à l'intérieur des terres.

- le dispositif manque de pièces antichars, de batteries de DCA, de mortiers lourds,   de véhicules de transportautomobile, matériels prélevés pour le front de Normandie. Il n'y a aucune formation blindée locale d'intervention.

- entre les différentes armes (Wehrmacht- Kriegsmarine - Luftwaffe) le manque de   liaison pour des actions coordonnées est évident.

Le général Wiese est inquiet. Il a la conviction que le débarquement aura lieu soit dans le delta du Rhône, soit dans le large golfe de Fréjus. Le 3 août, l'OKW l'informe de l'imminence d'une opération aéronavale alliée d'importance. Le commandement de la 19e Armée allemande réagit en modifiant son dispositif dans la mesure de ses moyens. Des unités allemandes renforcent les bataillons de l'Ostlegion de Hyères à Saint-Raphaël. Un régiment d'infanterie de la 148e D.I. est retiré de la frontière niçoise et placé en réserve d'intervention au Muy. Dans la vallée de l'Argens, axe routier de pénétration rapide vers l'ouest et la vallée du Rhône, un bataillon antichars est mis en place.

La violence des bombardements aériens entre le 11 et le 13 août et la présence de convois dans les ports d'A.F.N. et de Corse confirment le général Wiese dans son estimation de la situation : l'action alliée en préparation est imminente. La date lui est fournie par les services secrets. Ce sera le 15 août. Le général Wiese dirigera la bataille de son PC, le Château de Bontar, près de Pignans dans le Var. Hitler donne l'ordre de défendre le littoral coûte que coûte. Tout le dispositif est mis en alerte. Dès lors, les événements vont très vite : bombardements massifs par les Alliés, largage de mannequins dissuasifs à la Ciotat, convois maritimes faisant route vers la France... Et une nuit, les premiers parachutages au sud de Draguignan.

Le commandant des forces allemandes sur le littoral provençal est sans illusion. Ses moyens sont trop faibles pour contenir une puissante attaque aéronavale. Il n'a aucune unité de manoeuvre et de contre-attaque. La 11e division blindée qui lui est concédée avec retard par Hitler ne peut pas franchir le Rhône faute de chalands de transbordement. Les moyens de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe sont dérisoires face au potentiel matériel des attaquants. Les dés sont jetés. La Wehrmacht fera de son mieux!

Les forces terrestres de défense allemandes sur le littoral méditerranéen

Les unités d'infanterie de la Wehrmacht comprennent:

- La 244e Division d'infanterie dont le PC est à Aubagne. Ses unités sont réparties   entre Bandol à l'est et Sausset-les-Pins à l'ouest (le 932e R.I. et le 934e R.I.).
  Le 933e régiment est en réserve disponible autour de Roquevaire.
  La 244e D.I. est composée d'éléments jeunes, bien entraînés et dévoués au parti   nazi. Dotée d'excellents matériels, elle combat avec acharnement. Mais il lui   manque des moyens antichars prélevés quelques semaines auparavant pour contrer les blindés alliés en Normandie.

- La 242ème division d'infanterie dont le PC est à Besse-sur-Issole. Ses unités sont réparties entre Sanary et Sainte-Maxime. Le 918e R.I. est en place autour de   Toulon, le 198e R.I. autour d'Hyères et le 917e R.I. est entre le Lavandou et   Sainte-Maxime. Les effectifs sont de même type et formation que la 244e   division. Les dotations en armements et munitions sont au complet. L'instruction a   été bien réalisée. Les actions défensives sont acharnées et parfois tactiquement   habiles. Il lui manque, comme à la 244èe, des moyens antichars et des véhicules
  de transport.

- La 148e division d'infanterie dont le PC est à Grasse. <Ses unités sont réparties   entre La Napoule et <Menton. Dans son principe, elle est une division de réserve,   l'EM allemand ayant estimé que l'attaque alliée aurait lieu plus à l'ouest. C'est la   plus vulnérable des 3 divisions. Elle comprend bon nombre de convalescents, de   soldats âgés, d'éléments de l'Ostlegion. Bien instruit et aguerri, le personnel estmoins combatif bien qu'il soit fortement encadré. La division possède une   importante dotation de véhicules qui doit, en principe, lui permettre d'intervenir à   distance. Mais ses effectifs sont répartis sur de trop grandes distances pour être réellement efficaces.

- La 338ème division d'infanterie dont le PC est près d'Arles (à Barbegal).
Ses unités sont réparties de part et d'autre du Rhône. Elle a déjà transféré vers   le nord ses moyens lourds, un régiment de grenadiers au complet et des unités des   2 autres régiments. Elle doit être relevée par des unités de réserve.


Les divisions allemandes qui tiennent le littoral feront, selon les ordres de Hitler, de la résistance sur place et seront anéanties. Mais il faudra la puissance de feu des Alliés pour réduire un à un leurs points d'appui. La lutte acharnée de Toulon et de Marseille démontrent la valeur de leurs unités d'infanterie.

Toutefois pour s'opposer à l'avance des 3 divisions d'infanterie US dans la basse vallée de la Durance et la plaine du Rhône, ainsi qu'aux attaques françaises sur les bases de la côte (Hyères, Toulon, Marseille) des mouvements de troupes ont lieu vers l'est au nord de Marseille. Ces manoeuvres seront les seules et resteront sans effet.


L'Organisation Todt et la muraille de fortifications

L'organisation Todt est indépendante des forces militaires allemandes bien qu'elle soit organisée de la même manière. Elle réalise les travaux conçus et planifiés par la Wehrmacht, recrute des travailleurs, assure leur entretien, réquisitionne à sa guise.En mai 1943, ses services centraux s'installent à Toulon. Un paquebot français, "Le Jean Lebon", sert d'hôtel flottant à ses cadres et est coulé le 11 mars 1944.

Dans un court délai, 20 000 Varois sont engagés au service des Allemands. Le port militaire est remis en état par plusieurs centaines d'ingénieurs et spécialistes venus d'Outre-Rhin.
Réparations et constructions navales reprennent. Des bateaux de guerre français sont renfloués et réarmés.

En liaison avec le génie divisionnaire et les unités assurant la défense du littoral, les 1250 membres de l'organisation Todt vont réaliser un système défensif fortifié. Obstacles sur le rivage et les axes routiers, observatoires, positions d'artillerie, casemates, abris se multiplient. L'organisation Todt est plus particulièrement chargée de grands chantiers: abris collectifs contre les bombardements aériens, bases de sous-marins à Marseille et Toulon, aérodromes, etc... Un corps motorisé du parti nazi lui fournit des véhicules civils réquisitionnés.

En raison de difficultés croissantes de main-d'oeuvre et de transports, l'organisation Todt et le génie militaire ne réalisent qu'un mince rideau défensif sur les rivages de la Méditerranée.

Le littoral méditerranéen est organisé en 4 grandes zones de travaux :

- secteur de Palavas à Port-Saint-Louis avec l'étang de Berre
- secteur de Marsei île (île Verte et île de Ratonneau)
- secteur de Toulon (des îles d'Hyères à Agay)
- secteur d'Agay à la trontière italienne.

Au jour du débarquement, le 15 août 1944, et pour l'ensemble du littoral méditerranéen, l'effort de construction s'estime à :

- 510 ouvrages équipés et utilisables
- 200 ouvrages en construction

Occupé par des unités de peu de valeur (sauf quelques exceptions), écrasé par la puissance de feu des Alliés, ce dispositif linéaire de fortifications s'effondre en quelques jours. Restent efficaces, à l'intérieur des terres, les hérissons défensifs.


La Kriegsmarine

La 6e flotille de protection en Méditerranée comporte des corvettes, des vedettes rapides, 5 flottilles d'escorteurs et de dragueurs, en nombre restreint. Elle ne peut pas s'opposer aux unités lourdes alliées. Les travaux d'entretien et de réparations sont effectués à l'arsenal de Toulon sous la direction des chantiers navals de Hambourg (Deutsche Werke).

La 29e flottille de sous-marins opère à partir du port de Toulon. À la date du débarquement, elle n'a plus que 9 unités. Au cours des opérations, 6 sont détruites à Toulon par des bombardements. Deux se sabordent dans le port maritime. Un autre, à Giens. Au total, en Méditerranée, 68 U-Boote seront perdus.

La Kriegsmarine contrôle les ports de la Méditerranée. Elle participe à la DCA et à la défense passive par émissions de fumigènes.


La Luftwaffe

La Luftwaffe a une infrastructure coordonnée sur toute la France. Dans la zone méditerranéenne, elle dispose de :

- bases de Junkers 88 à Salon et Orange
- groupe de reconnaissance à Saint-Martin-de-Crau
- chasseurs à Salon, Montpellier
- chasseurs à Orange-Caritat.

La veille du débarquement l'E.M. allié estime que l'adversaire ne dispose que de :

- 35 bombardiers
- 50 chasseurs
- 5 appareils de reconnaissance

Précisions justifiées car au cours de la journée du 15 août, durant laquelle la vulnérabilité des Alliés sur les plages était totale, les bombardiers allemands n'effectuent que deux sorties

- à la Foux-Saint-Tropez à 21h
- au Dramont, à 23h43.

À aucun moment, les vagues de bombardiers alliés ne seront gênés par la chasse allemande. Du jour J à J+3, il n'y a que deux missions de reconnaissance des plages par deux Me 109. La DCA alliée au sol en abattra un au nord du Cap Nègre. La Luftwaffe utilise des unités de projecteurs de DCA, de ballons de protection, de véhicules motorisés et des unités fixes ou mobiles, légères ou lourdes, de DCA. Une centrale de radiogoniométrie, dépendante de l'Abwehr, fonctionne à Barbentane.


Les services de renseignement et de police allemands

Lorsqu'éclate la Deuxième guerre mondiale, en 1939, l'Abwehr est le service de renseignements des forces armées allemandes. Il est tout-puissant sous les ordres d'un génie de l'espionnage, l'amiral Canaris, qui a fait ses preuves comme espion pendant la guerre 14-18. À cause de sa tiédeur à l'égard du régime nazi, il perd toute importance au profit des services de sécurité du parti national-socialiste dont les méthodes sont cyniques et brutales.

L'Abwehr a des antennes géographiques. En ce qui concerne le secteur méditerranéen :

- le Renseignement-Terre est à Avignon
- le Renseignement-Air à Avignon

- le Renseignement-Mer à Toulon et Aix-en-Provence
- Les actions subversives et sabotages à Rognonas et à la Montagnette
- Le Contre-Espionnage a des postes à Perpignan, Aix-en-Provence, Toulon et Nice.

L'Abwehr dispose d'un service action, la division "Brandenburg". Le 2e bataillon du 3e régiment, affecté en Provence, participe à une opération de diversion en 1943 : sous l'uniforme de l'armée royale italienne, ses membres sèment la confusion dans les unités italiennes et permettent leur élimination.

Regroupés au sein d'une 8e Compagnie, des volontaires français exécutent des missions de renseignements. Ils servent d'interprètes, de combattants contre les partisans. Également d'agents d'infiltration des réseaux de résistance et des réseaux d'évasion. Des commandos du 2e Bataillon ont exécuté des coups de main et des activités de renseignements en Sicile et sur les côtes italiennes.

La police secrète de campagne est plus spécialement chargée de réprimer les attentats terroristes.Ses activités couvrent le littoral méditerranéen grâce à 5 antennes installées
à Perpignan, Narbonne, Montpellier, Grasse et Hyères.

Longtemps rival, puis ennemi déclaré de l'Abwehr dont il "liquidera" les chefs de file accusés de trahison et pendus, le Service de sécurité de la SS (le S.D.) prend un rôle prépondérant. En France, il est confondu avec la "Gestapo". Sa centrale est à Marseille. Il contrôle les frontières par deux postes à Gap et à Menton, a des antennes à Nice, Toulon, Avignon, Nimes, Digne. En quelques mois d'actions répressives en Provence, il acquiert une sinistre réputation.


Les Bataillons de Sécurité

Avant le débarquement des Alliés, un régiment de sécurité est responsable de l'ordre dans les Alpes et sur le littoral méditerranéen. Il s'agit du Régiment 200.

Il assure la protection des convois, la sécurité des voies ferrées et des ouvrages d'art. Son armement est hétéroclite. Souvent âgé, son personnel est de peu de valeur. Il participe, sans grande efficacité,à la prévention des sabotages et à la lutte armée contre les partisans.

Deux bataillons du régiment de police SS "Todt", mieux armés, font des opérations de police et réalisent des rafles. Ses membres ne sont pas de véritables SS, mais ils contribuent à l'élimination des opposants au régime nazi : réfractaires français, déserteurs italiens, juifs, etc. Ils exécutent sans faiblesse les ordres du SIPO-SD.


Les Allemands et la Résistance française

L'attitude des services de recherches et de répression allemands à l'encontre des Forces Françaises de l'Intérieur fut diverse. Les documents officiels emploient, pour en désigner les membres, les termes de "gaullistes" et de "communistes". Pour eux, il s'agit bien de terroristes. Pourtant, la distinction est soigneusement faite entre la population française et les résistants armés. Ces derniers sont considérés comme des auxquels s'appliquent les lois spéciales et rigoureuses de la guerre. Un "rebelle" ne peut pas être traité comme un combattant ordinaire. Fait prisonnier, il est immédiatement mis à la disposition du SD (service secret de sécurité du parti nazi) pour "exploitation". Et chacun sait combien, les méthodes d'interrogatoire du SD sont expéditives.

À partir d'août 1944, des unités de volontaires de l'est remplacent les Allemands dans la répression des "bandes de terroristes". Liberté leur est donnée. Ils ont le souvenir des massacres organisés du front de l'est. C'en est fini des consignes qui ordonnent "de traiter les terroristes avec vigueur, mais avec la correction habituelle au soldat allemand".

Les mouvements d'effectifs et de ravitaillement vers les maquis n'échappent pas aux services de sécurité allemands. Pénétrations, indiscrétions, trahisons, inexpériences, vantardises facilitent la recherche et l'action répressive. C'est le cycle classique : encerclement, refuges incendiés, prisonniers abattus, interrogatoires sous la torture, fusillades et déportations. Menées par des spécialistes expérimentés de la sécurité, des actions brutales désorganisent des unités FFI dont les pertes sont importantes.

En Provence, quelques jours avant le débarquement des Alliés, plusieurs maquis sont anéantis dans le Haut-Var et au nord de Toulon, ils devaient servir d'éclaireurs à l'opération "Dragoon" et appuyer l'action offensive des Alliés.


Krieg ist fertig...

La guerre est finie..." disent les soldats allemands capturés au cours des opérations du débarquement allié et de la Libération de la Provence. Simple constatation. Écrasés par la supériorité matérielle de leurs adversaires,luttant par groupes isolés, souvent sans liaison entre eux, sachant que la victoire, faute de moyens, n'est plus à leur portée, les combattants de la Wehrmacht se sont pourtant, et dans leur ensemble, correctement et bien battus. Ils ont été surpris par l'acharnement et la pugnacité des troupes "coloniales" de la France dont la propagande nazie se moquait.

Leurs pertes en hommes et en matériels au cours des opérations représentent l'équivalent
de 4 divisions. Mais les conséquences morales sont plus importantes. Car des soldats du "Grand Reich national-socialiste" viennent 'être battus par ceux-là qu'ils avaient si totalement défaits en juin 1940 et de surcroît, par des "hommes de couleur".

Il n'y a plus d'espoir...>>(1)

LES CHEFS MILITAIRES ALLEMANDS


Selon le maréchal britannique Montgomery, les Allemands avaient perdu, le 20 août 1944, après le désastre de Falaise, 20 généraux, ou par la mort ou Par captivité. Deux commandants en chef avaient été remplaces

En réalité, le bilan était encore pire. Abstraction faite de ces deux commandants en chef limogés, un maréchal de l'armée de l'Air avait été renvoyé ; un autre maréchal, commandant le groupe d'armées responsable des combats dans le nord de la France, avait été blessé si grièvement qu'il ne pouvait plus reprendre le service et fut contraint de se suicider. Parmi les quatre généraux commandant des armées, il y en avait un qui préféra, très probablement le suicide à son renvoi, et deux furent limogés. Un nombre considérable d'autres généraux furent remplacés, quelques-uns à cause de leur participation au complot du 20 juillet 1944. Sur le théâtre d'opérations occidental aussi, le commandement allemand s'usait vite, ce qui reflétait et la manière hitlérienne de conduire cette guerre et la situation désespérée que connaissait alors la Wehrmacht.

En effet, après des pertes énormes subies en 1943 sur le front de l'Est, en Afrique du Nord et en Italie, la Wehrmacht avait de gros problèmes en personnel et en matériel. C'était surtout le front occidental qui en avait souffert. Il avait été longtemps négligé.

Le commandant en chef a l'Ouest, le maréchal von Rundstedt, avait à sa disposition
- la 5e Armée (général von Salmuth) en Belgique et dans le nord de la France,
- la 7e Armée (général Dollmann) en Normandie et en Bretagne,
- la 1e Armée (général Blaskowitz) dans le sud-ouest et
- la 19e Armée dans le midi de la France, commandée par le général von Sodenstern.

Toutes ces armées avaient été obligées de céder constamment des unités qui devaient boucher des trous sur d'autres fronts. Rundstedt recevait, en échange, des divisions épuisées ou de réserve qui étaient à restaurer ou a entraîner. Cette situation ne s'améliora qu'à partir de l'automne 1943.

Pour les Allemands, il existait une différence de qualité très nette entre les armées de l'Est et de l'Ouest. Dans le langage militaire de l'époque, il y avait le qualificatif "utilisable au front de l'Est", et ce degré d'aptitude ne fut conféré qu'à une partie des troupes et des officiers de l'Ouest. Nombre d'unités de Rundstedt manquaient d'expérience guerrière et d'entraînement. Elles étaient presque immobiles et n'avaient pas suffisamment d'armes lourdes, et disposait assez souvent de deux régiments d'infanterie au lieu des trois prévus. Elles étaient donc moins efficaces.

A cet état des choses, ressemblait l'image, qui existait au quartier général de Hitier, relative aux chefs militaires à l'Ouest. Surtout, les commandants supérieurs furent considérés comme trop âgés et physiquement inaptes pour le front de l'Est. L'exemple typique fut cet amiral à Aix, responsable de la défense de la côte méditerranéenne (Admiral Wever) qui succomba à une crise cardiaque quelques jours avant le débarquement en Provence.

Après une visite en France, au début de l'année 1944, le général Jodl, conseiller militaire le plus important de Hitler au haut commandement des forces armées (0KW), critiqua vivement ces généraux qui étaient devenus des bureaucrates mécontents. Il leur reprocha d'être trop habitués à leurs bureaux, de vivre dans des hôtels de luxe ou des châteaux et d'avoir la nostalgie du XIIIe siècle.Selon Jodl, nombre de généraux manquaient d'expérience du front, et en effet, des chefs militaires comme Blaskowitz, Dollmann et même Rundstedt n'avaient plus dirigé des opérations depuis 1940 ou 1941.

Les états-majors et les services centraux n'ignoraient pas ce problème. Hitler exigea le rajeunissement du commandement. Mais Rommel et Model, qui commandaient des armées à l'âge de 51 ans, restèrent une exception. Il y avait des réticences et il n'y avait pas un nombre suffisant de jeunes. Ceux qui, plus tard, furent envoyés précipitamment à l'Ouest, manquaient sur d'autres fronts. La méthode de Hitler de renvoyer tous les généraux qui l'avaient déçu, n'augmentait que le nombre des pensionnaires et ne pouvait résoudre aucun problème.

Le dictateur appréciait le maréchal von Rundstedt, dont il connaissait les talents et dont il savait pourtant qu'il n'était ni un nazi ni quelqu'un qui sympathisait avec le régime de l'époque. D'après les souvenirs d'un officier de l'OKW, Hitler avait déclaré qu'aussi longtemps que Rundstedt serait rouspéteur, tout marcherait bien. Il ne doutait pas de la loyauté de ce dernier.

Mais, pour supprimer les Alliés s'ils tentaient de débarquer, Hitler donnait toute sa confiance au maréchal Rommel. Il l'avait envoyé à l'Ouest avec son état-major d'un groupe d'armées et l'investit, en janvier 1944, du commandement tactique des 7e et 5e Armées ainsi que des unités stationnées aux Pays-Bas. Ce qui lui importait : Rommel avait gagné lors d'expériences récentes avec les Britanniques.

Rommel fut subordonné à Rundstedt. Entre les deux maréchaux, il existait une importante divergence d'opinion relative aux réactions appropriées à un débarquement. Rommel
croyait que seule une défense à la côte avait une chance de réussir. Rundstedt, au contraire, votait pour une opération à l'intérieur du pays, en s'appuyant sur une aviation forte, qui lui avait été promise, et en employant toutes les réserves. Hitier choisit le compromis. Au commandant en chef à l'Ouest, restaient quelques divisions blindées dont l'emploi fut lié à l'autorisation de Hitier. Elles furent réunies dans un "groupe blindé Ouest", commandé par le général Geyr von Schweppenburg, et devinrent ensuite la 5e Armée blindée allemande.

A partir de mai 1944, les 1e et 19e Armées formèrent le Groupe d'armées G sous les ordres du général Blaskowitz auquel succéda finalement, à la tête de la 1e Armée, le général de la Chevallerie. Comme chef de la 19e Armée, le général von Sodenstem fut remplacé par le général Wiese, considéré comme plus énergique.

Blaskowitz constituait un cas particulier. Après la campagne contre la Pologne, en tant que commandant en chef à l'Est, il avait protesté contre les crimes des SS. Sa carrière s'arrêta. Son emploi, comme commandant d'une armée en 1940 et comme premier gouverneur militaire en France occupée, n'était que de courte durée. Il devait se contenter enfin du long commandement de cette 1re Armée de moindre importance. En 1944, Hitler ne s'opposait pas à sa nomination à la tête du nouveau groupe d'armées. Le dictateur était même disposé à lui demander pardon s'il réussissait la retraite allemande du midi de la France. Blaskowitz fut renvoyé quand même, décoré et rappelé vers la fin de la guerre.

La Wehrmacht, sur le théâtre occidental d'opérations, déjà avant le débarquement en Normandie, était donc handicapée à maints égards la qualité très inégale des divisions disponibles, dont le nombre ne permettait pas une défense cohérente de toutes les côtes ; l'insuffisance des forces aériennes et navales ; l'ignorance totale des intentions alliées, surtout de la date et de l'endroit du premier débarquement; une structure de commandement assez confuse ; une confiance limitée, de la part du quartier général, dans le commandement à l'Ouest.

Aux ingérences permanentes de Hitler, qui assez souvent prescrivait même les détails tactiques, s'ajoutait un échange ininterrompu des généraux. Seulement, les successeurs préférés, en raison d'une expérience du front oriental, étaient aussi impuissants que leurs précédesseurs renvoyés.

Qui étaient ces chefs militaires qui, dans les limites imposées par Hitler, avaient la responsabilité de l'Ouest, qui tous ne réussissaient pas, mais qui pourtant faisaient partie des meilleurs généraux de l'armée allemande?


Les commandants en chef

Le maréchal von Rundstedt, fantassin, âgé de 68 ans en 1944, était le doyen du corps d'officiers allemands. Il avait été mis à la retraite avant la guerre, fut plusieurs fois rappelé et renvoyé, toujours sous prétexte d'une santé précaire. Son sentiment du devoir ne connaissait pas de refus. Après la guerre, Rundstedt a été vivement critiqué parce qu'il avait fait partie de cette cour d'honneur qui, en été 1944, devait exclure de l'armée tous les officiers accusés d'une participation à l'attentat du 20 juillet.

Le grand talent opérationnel du maréchal était incontestable. Certes, c'était une faute d'avoir arrêté les divisions blindées devant Dunkerque en mai 1940, et, en tant que chef à l'Ouest il avait sous-estimé la supériorité de l'aviation alliée. Mais Rundstedt était un des meilleurs chefs militaires allemands, modeste, religieux, maître de soi et intelligent, même francophile. Très respecté et vénéré dans l'armée, quelques-uns l'appelaient : "le dernier chevalier". On lui reprochait cependant ses sorties très rares pour visiter le front.

Rundstedt était plutôt apolitique. Il ne fut pas typique, pour cet officier très prussien, de demander à Hitier, en juin 1944, de chercher une solution politique pour mettre fin à une guerre que lui, Rundstedt, croyait perdue depuis longtemps. Le maréchal penchait vers la passivité et n'avait pas l'habitude de lutter pour ses idées et ses intérêts, bien que Hitler ne se refusât que rarement à ses propositions. Mais Rundstedt s'était résigné et était devenu sarcastique. Il était à peu près au courant de l'opposition antihitlérienne, mais il se sentait trop âgé pour y participer. Il encourageait Rommel qu'il respectait au fond. Il le considérait comme un excellent tacticien qui ne comprenait pas grand-chose à la stratégie et au commandement d'un groupe d'armées . Mais Rundstedt n'intervenait pas, connaissant les bons rapports entre Rommel et Hitier. D'ailleurs, les deux maréchaux, si différents, étaient plutôt complémentaires sur le théâtre d'opérations occidental.

Son successeur, depuis le 3 juillet 1944, était le maréchal von Kluge, 61 ans et artilleur.
Il avait la réputation d'un bon stratège. Il était distingué et intelligent, mais également impulsif et versatile, très énergique, chef militaire exigeant et constamment au front. Le maréchal Ney de Napoléon était son idéal. Un chef d'état-major, de Kluge, l'a décrit comme un homme froid, vain, beau parleur et opportuniste, qui avait deux faces.


Kluge était aussi habile et quelquefois hésitant. Hitler le croyait son fidèle et, depuis longtemps, avait prévu, non pas Rommel, mais lui comme successeur de Rundstedt. Kluge arriva nourri des illusions que Hitier lui avait suggérées, et il devait vite déchanter. Il souffrit de son échec. Son remplacement par le maréchal Model, le 17 août, portait atteinte à son honneur. Il se suicida pendant son voyage en Allemagne, avant d'être emprisonné à cause de sa connaissance du complot du 20 juillet, et parce que Hitier était convaincu que le maréchal avait cherché un armistice avec les Occidentaux. Le dictateur était très déçu par Kluge.

Le maréchal Model, 53 ans, des troupes blindées, était un national-socialiste convaincu qui ne doutait pas du génie de Hitier. Cela ne l'empêchait pas d'exprimer une opinion contraire le cas échéant . Il apparaissait constamment au front, savait improviser, mais se distinguait moins comme stratège dirigeant une offensive. Model était fort dans la défensive et avait acquis la réputation de savoir "tenir". Il avait des manières rudes, était impulsif et inconstant et, étant plutôt désagréable, loin d'être populaire. Pour le front occidental, sa nomination s'avérait pourtant un bon choix.


Les commandants des groupes d'armées

Le maréchal Rommel, 53 ans, fantassin et sans formation d'état-major, était le général le plus populaire de la Wehrmacht. La propagande du ministre Goebbels l'avait présenté au grand public comme une sorte de héros national. Favori de Hitler, il était en bons rapports avec le régime. Il admirait le " Fuehrer".

Tous les deux s'intéressaient aux problèmes techniques et entretenaient des contacts réguliers.

Rommel était plein de bravoure, de dynamisme, de fantaisie et d'ambition. Très sûr de lui, il n'épargnait ni ses subordonnés ni sa propre personne. Il était excellent tacticien, préférait le front à son état-major, mais était également difficile pour ses officiers, rude et chaotique. Il avait un penchant au pessimisme et, entre-temps, beaucoup d'amertume en raison de son échec en Afrique du Nord.

Comme chef du Groupe d'armées B, Rommel réussit à renforcer considérablement la défense côtière, et voyait juste en prévoyant une supériorité écrasante de l'aviation alliée. Le maréchal hésitait encore entre une vénération enthousiaste du dictateur et l'aversion. Sous l'influence de son chef d'état-major surtout, le général Speidel, Rommel était disposé enfin à se joindre à l'opposition antihitiérienne, où il était pourtant contesté. Mais sa popularité et son prestige auraient été utiles. Le maréchal lui-aussi ne croyait plus à une victoire allemande et avait l'idée d'un armistice avec les Occidentaux, de préférence avant leur débarquement en France. Qu'il exigeât lui aussi une solution politique pour sortir de la guerre, était pour Hitler le pire péché qu'un soldat pût commettre

Le général Blaskowitz, 61 ans et fantassin, ressemblait à Rundstedt. Très apte, mobile, il était un bon instructeur de troupes. Il manquait d'expérience au front depuis quatre ans,mais cela n'importait pas. C'était son mérite que deux tiers à peu près de ses soldats aient réussi à se sauver après l'abandon du Sud-Ouest et du Sud de la France. On regretta, après la guerre, que Blaskowitz n'ait pas été à la place de Rommel au commandement du groupe d'armées plus important

Le maréchal Sperrle, 59 ans, commandait la 3e Flotte aérienne. En 1944, il s'était résigné, le cynisme avait remplacé ses sympathies antérieures pour le régime nazi. Les moyens dont
il disposait ne correspondaient nullement aux tâches assignees. Sperrle fut relevé le 18 août 1944, plutôt comme bouc-émissaire de son chef Goering et de la Luftwaffe toute entière qui avaient profondément déçu Hitler.


Les commandants des armées

Le commandant de la 7e Armée en Normandie et en Bretagne depuis 1940 était le général Dollmann, 62 ans et artilleur. Rundstedt attesta de ses grands talents d'organisateur,de ses efforts infatigables pour achever la défense côtière et pour l'entraînement de ses troupest. Dollmann ne manquait pas d'aptitudes, mais plutôt d'expérience du combat, qu'il ne connaissait plus depuis quatre ans. Sa santé était précaire. Peu après le débarquement allié dans son secteur, en juin 1944, Hitler lui reprocha la défense insuffisante de Cherbourg et le menaça du tribunal de guerre, ce que Rundstedt et Rommel
auraient refusé. Dollmann aurait certainement été relevé de son poste. Le 29 juin, le général fut trouvé allongé inerte sur son lit. L'hôpital certifia une crise cardiaque, et le chef d'état-major en informa la veuve. Il s'avéra après la guerre qu'en réalité Dollmann s'était suicidé.

Le général von Salmuth, 57 ans, fantassin et commandant en chef de cette 5e Armée qui devait rester d'abord immobile sur la Manche, fut remplacé le 23 août 1944 par le général von Zangen. Hitier ne le croyait plus apte à bien exercer son commandement.

Le général Geyr von Schweppenburg, 58 ans et commandant le groupe blindé Ouest, fut limogé au début de juillet 1944. Geyr s'était distingué comme attaché militaire et au front de l'Est. On le considérait comme intelligent et réfléchi, efficace plein d'entrain et excellent instructeur. A cause de sa santé instable, il ne devait plus être employé au front russe.

Le général von Sodenstern, 54 ans et fantassin, passait pour un personnage distingué, calme et d'un remarquable talent opérationnel. Très probablement à cause de son état physique, il fut remplacé en juin 1944 au commandement de la 9e Armée.

Son successeur, le général Wiese, 61 ans et fantassin, avait prouvé ses aptitudes au front de l'Est. il était réputé tenir ferme en cas de crise

Encore plus national-socialiste que Wiese était le jeune général des troupes blindées, Eberbach, qui avait 49 ans. Cuderian le considérait comme un des meilleurs commandants de son arme. Au front de l'Est, il avait acquis des expériences récentes, la réputation d'un bon tacticien et d'un supérieur très humain. Il avait remplacé Geyr von Schweppenburg et commandait la 5e Armée blindée avant d'être capturé en août 1944.

La 1re Armée, après l'avancement de Blaskowitz et le court commandement du général Lemelsen, était sous les ordres du général d'infanterie von der Chevallerie qui avait 52 ans. Il était distingué, très cultivé et modeste. Selon ses supérieurs, il avait bien rempli sa tâche. Hitler le releva quand même le 5 septembre 1944 sous prétexte d'une mauvaise santé.

Les généraux des corps d'armée

Parmi les généraux qui commandaient un corps d'armée sur le théâtre d'opérations occidental, il y a trois personnages qui méritent une mention particulière.

En Normandie, le général Marcks qui fêta son 53e anniversaire le jour du débarquement, artilleur, commandait le LXXXIV CA. Fils d'un historien et écrivain lui-même, Marcks était considéré comme très intelligent et énergique. Très estimé dans l'armée, il aurait encore avancé mais fut tué à Saint-Lô peu après le débarquement.

Le général SS Hausser, 64 ans, passait pour un des meilleurs officiers de la SS dont il commandait le 1er Corps blindé. Il s'était bien battu en Russie, mais avait irrité Hitler par l'indépendance de ses décisions. Le dictateur le nomma quand même successeur de Dollmann à la tête dc la 7e Armée. Hausser était audacieux, compétent et raisonnable. Ses soldats le vénéraient, il était aussi populaire qu'un autre général SS, Dietrich, qui commandait le 1er Corps SS et temporairement la 5e Armée blindée. Ses homologues de l'Armée de Terre le jugeaient bon camarade, sans méchanceté et plutôt simple. Dietrich était considéré comme un baroudeur; le commandement d'une grande unité dépassait ses capacités.


Conclusion

Les chefs militaires allemands étaient aussi différenciés que d'autres groupes sociaux. Il y avait le prussien raide et l'originaire de l'Allemagne du Sud plus vif, le national-socialiste convaincu et celui qui était devenu sceptique ou s'était joint à l'opposition en assumant tous les risques. Il y avait le général apolitique qui se contentait d'exercer son métier et l'autre qui avait l'espoir que les hommes politiques chercheraient une solution pour terminer une guerre déjà perdue. Et presque tous avaient commencé à réfléchir dans l'attente d'une catastrophe inéluctable.

En commun, ils avaient la fierté et la dignité d'une position sociale élevée, une forte aptitude à l'exercice de leur profession, une grande expérience guerrière, le patriotisme et cet opportunisme qu'il fallait dans une dictature. A la fin, sauf quelques exceptions, ils ne répondaient plus aux exigences démesurées de Hitler. Ce dernier ne voulait pas comprendre que la cause des revers subis à l'Ouest ne fut pas la défaillance des chefs militaires, leur manque d'énergie et de fanatisme, mais la supériorité écrasante des Alliés à laquelle rien d'équivalent ne pouvait plus être opposé.>> (2)

(1)- H. Julien "Le Guide du Débarquement de Provence" (Éditions de Provence 1994) Pages 27 à 43.
(2)-Hans UMBREIT Institut historique nillitaire de la Bundeswehr(Communication lors du Colloque International "La libération de la Provence - Les Armées de la liberté" Fréjus 15 et 16 septembre 1994)

ICONE : Doicument origine inconnue


LES FORTIFICATIONS ALLEMANDES
Des légendes seront ajoutées ultérieurement

Saint-Aygulf : la plage

 

Saint-Aygulf : Villepey


Fréjus : la Butte Saint-Antoine

 

Fréjus : le fossé anti-chars


Fréjus plage : le mur


Saint-Raphaël :
le mur


Dramont
: la carrière
NOTA : aucun canon n'était installé dans ce blockhaus au moment du débarquement.
Les deux images suivantes montrent l'installation du canon de 155 mm, si celle-ci avait été terminée.


Dramont
: le Poussaï


Le Dramont : la colline



Dramont : les radars


Baie d'Agay : côté ouest


Baie d'Agay : côté nord



Baie d'Agay : le chateau d'Agay



Baie d'Agay : la Baumette

 

Anthéor : divers points


Divers : les "Tobruks"
Les "Tobruks" étaient de petits fortins équipés d'une tourelle de char récupérée,
soit sur des "panzers" allemands périmés, soit sur d'anciens engins français ou tchèques
.
De nombreux orifices circulaires, où étaient installées ces tourelles, subsistent dans la zone.