Le Dramont

<< Entre la Pointe de la Baumette et le Lion de Terre de Saint-Raphaël, l'éperon rocheux du Dramont domine la mer.[...] L'organisation Todt en a fait un puissant ensemble de fortifications. De nos jours encore, le promeneur y visite des abris à contre-pente, des emplacements de pièces d'artillerie, des tranchées. Ces vestiges donnent l'impression d'un dispositif bien étudié. Cette potentialité de défense n'échappe pas à l'E.M. allié qui fait du Dramont le pivot de la zone de débarquement de la 36e Division d'infanterie US. Priorité absolue neutraliser cette zone par le feu.

15 août

À l'aube, cuirassés, croiseurs, destroyers de la flotte concentrent les tirs de leur artillerie lourde sur les défenses allemandes du Dramont. C'est un déluge d'acier que des vagues de bombardiers vont entretenir.

La population civile s'effraie des bombardements aériens qui, dès le 11 août, coupent les liaisons route et voie ferrée au Dramont. Elle trouve refuge dans le vaste abri creusé dans la carrière de porphyre diorique du Dramont. Réquisitionnés par l'organisation Todt, des ouvriers indochinois l'ont réalisé. Concassée, cette pierre dure et résistante est utilisée pour le bétonnage des ouvrages défensifs échelonnés le long de la côte.


8h50

Le travail de démolition par l'artillerie navale et l'aviation a été bien fait. Deux bataillons d'assaut, le 2e et le 3e du 141e Régiment d'infanterie US débarquent sur la plage de galets du Dramont sans rencontrer d'opposition ; des éléments légers allemands sont immédiatement neutralisés. 7 chars amphibies DD accompagnent les unités à terre; ils appartiennent au 753e Bataillon. Un canon de 75 automoteur ennemi leur occasionne des dégâts et détruit l'un d'eux en mer.

Dans le LCT 625, un britannique est mortellement atteint. Il s'appelle Evans. Il est le seul soldat allié tué au moment précis du débarquement au Dramont.

Se frayant avec difficulté un chemin à travers les blocs de rochers et les obstacles du génie allemand, les 6 chars lourds Sherman gravissent la pente qui les amène sur la route Agay-Saint-Raphaël. Ils entrent en action à Boulouris où la bagarre est sérieuse.

Pendant ce temps, le 2e Bataillon du 141e Régiment d'infanterie US nettoie les abords de la plage, grimpe jusqu'au sémaphore du Dramont, cueille quelques prisonniers allemands ahuris et se dirige vers Agay pour s'engager dans la vallée menant aux premières collines de l'Estérel.


10h

Le major-général John E. Dahlquist, commandant la 36e Division d'infanterie US, installe son P.C. sur la plage. De là, il dirige les manoeuvres qui conduisent à la prise de Saint-Raphaël et de Fréjus.


16h12

Les unités du 142e Régiment d'infanterie US débarquent à leur tour et viennent renforcer le dispositif.


20h43

La DCA alliée tire sur des bombardiers JU 88 et Dornier. L'aviation allemande attaque "Camel Green"[...] et fait des dégâts dans l'amoncellement de matériel, de munitions et les alignements serrés des véhicules débarqués. Elle occasionne la perte de 5 fantassins américains et le naufrage d'un LST sur les rochers rouges du Dramont.

À Agay, le 15 août 1944 s'est bien passé ! Les défenses allemandes du Dramont qui couvraient la plage d'Agay et celle du Dramont se sont avérées inefficaces.>> (1)

(1)- H. Julien "Le Guide du Débarquement de Provence" (Éditions de Provence 1994) Pages 62 à 64.


Ces photos ont été vraisemblablement prises le 16 août 44 et les jours suivants.