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Ainsi l'histoire
de la Base d'Aéronautique Navale de Fréjus - Saint-Raphaël
est essentiellement celle des hommes remarquables, de passage ou affectés
au Centre, et des matériels qu'ils ont essayés et améliorés,
voir inventés, avec hélas son cortège de
Tout d'abord, durant l'année 1909, un certain nombre d'officiers avaient fait des études pertinentes sur les problèmes aériens, les dirigeables et les avions. Des enseignes s'étaient portés volontaires pour le service de l'aviation dans la Marine, car la traversée de la Manche par BLERIOT en 1909 avait montré qu'un avion pouvait se risquer au milieu de la mer. Déjà, le 7 mai 1910, une étude de l'État-major concluait que la Marine aurait intérêt à disposer d'un dirigeable de 6.000 m3, et d'un aérostat de 3.000 m3 pour l'entrainement, et qu'elle pourrait acheter 5 avions parmi ceux qui paraissaient le mieux convenir à la Marine et ce pour une dépense de 150.000 francs : le principe de consacrer un crédit à l'aviation dans la marine est posé. D'autre part, une commission, présidée par le Contre-amiral Le PORD devait se réunir les 24 mai, 27 juin et 1er juillet 1910 pour étudier les dirigeables. Elle s'attaqua en fait aussi à l'étude des plus lourds que l'air et a estimé qu'il fallait établir un Centre d'Expérience dans la région de Toulon. Le 20 juillet 1910, le rapport de la commission est transmis au Ministre de la marine qui décide :
Le 7 décembre
1910, sept officiers sont en stage d'aviation à Vincennes dont
le Au début de 1911, le Chef d'Etat-major de la Marine esquissait pour 1911 un projet pour l'aviation maritime : études du milieu, expérimenter deux avions biplans Farman et deux avions monoplan Blériot, créer à Brest et Cherbourg deux organismes semblables à celui de Toulon, ces organismes deviendraient des " Centres d'Aviation Maritime ". Mais dès le 28 janvier 1911, le Chef d'État-major avait lancé une étude sur la réalisation d'un bâtiment porte-aéroplanes, en transformant " La FOUDRE ", bâtiment base de torpilleurs. C'est alors que le Ministre de la Marine chargea le C.V. DAVELUY de s'occuper de l'Aéronautique Maritime alors en gestion. Pour ce faire, il fut autorisé à apprendre à piloter. Quelles sont les conclusions des travaux du C.F. DAVELUY ?
On en arrive à la création de la Base de Fréjus - Saint-Raphaël. Ecoutons le C.V. DAVELUY :
Le fruit du travail du C.V. DAVELUY est remarquable : l'aviation existait naturellement au sein du Ministère de la Guerre : les constructeurs avaient leurs terrains à proximité de l'usine, les militaires à côté des garnisons, les avions s'envolaient et atterrissaient sur leurs roues. Les avions marins devaient pouvoir flotter, se poser sur une surface exigüe, ne pas tomber à l'eau, décoller sur de courtes distances, il leur fallait l'aérodrome naval, loin des constructeurs et compte-tenu de ses spécifitées, il était unique, il servait à tous. Le projet devait être bon et le Ministre de la Marine, Monsieur DELCASSE, signa le décret créant la base le 26 octobre 1911. A sa création,
le terrain a une forme rectangulaire : le petit côté, qui
mesure 500 m. , est en bord de plage ; le grand côté, qui
mesure 1150 m. environ est perpendiculaire à la plage et longe,
à peu près, le Boulevard de la Mer actuel. Le dernier acte administratif de cette première acquisition date du 29 juin 1912 : c'est le décret d'expropriation concernant :
Les décisions concernant cette première acquisition sont donc allées bon train, mais la Municipalité de l'époque, sous l'autorité de Marius COULET, souhaitait l'installation d'une garnison pour soutenir l'activité économique de la ville. Une première extension survint en 1926, concernant la zone autrefois traversée par le Petit Argens, et a fait l'objet d'un décret d'expropriation en date du 17 mai 1923. La deuxième extension survint en 1932, portant sur 93 ha, concernant les terrains allant jusqu'à l'Argens et bordés par la voie du Chemin de fer des pignes, sur lesquels se trouvait la Villa Soleil (aujourd'hui Villa des Sables) appartenant à la famille BLOCH-LARROQUE. Le jugement d'expropriation est prononcé le 8 janvier 1932, mais le règlement des indemnités ne se terminera qu'en octobre 1938, les propriétaires non payés interdisant jusqu'à cette date l'accès de leurs propriétés au Service des travaux maritimes. Ce fut donc sur ce terrain marécageux que naquit "l'Aviation Maritime" depuis rebaptisée "Aéronautique Navale". Il fut d'ailleurs plus facile, dit-on, de prendre pied sur ce sol spongieux que de réduire l'opposition de trois Services administratifs perturbés dans leur routine par ce débarquement en force :
L'histoire de la Base proprement dite d'aéronautique navale de Fréjus - Saint-Raphaël est simple : elle a été le support d'un organisme chargé d'effectuer des expérimentations et des essais de matériels nouveaux, depuis la date de sa création administrative en octobre 1911, à celle de sa fermeture en 1995. Mais la charge d'effectuer des essais et des expérimentations implique naturellement celle de former les personnels, d'établir des doctrines d'emploi et de mettre sur pied les premières formations - escadrilles ou flottilles - chargées de mettre en uvre les matériels nouveaux.
L'histoire de la Base proprement dite d'aéronautique navale de Fréjus - Saint-Raphaël est simple : elle a été le support d'un organisme chargé d'effectuer des expérimentations et des essais de matériels nouveaux, depuis la date de sa création administrative en octobre 1911, à celle de sa fermeture en 1995. Mais la charge d'effectuer des essais et des expérimentations implique naturellement celle de former les personnels, d'établir des doctrines d'emploi et de mettre sur pied les premières formations - escadrilles ou flottilles - chargées de mettre en uvre les matériels nouveaux. La création opérationnelle de ce Centre date du décret du 20 mars 1912, reprenant les propositions faites par le C.V. DAVELUY. Le Service de l'Aviation maritime comprend :
Le 14 janvier 1913, 11 nouveaux centres sont prévus, mais celui de Fréjus - Saint-Raphaël reste le principal pour les expérimentations et les essais de matériels d'aviation. Le 24 février est créé, sous les ordres du C.E.M. un Service central de l'Aviation maritime. Puis le décret du 10 juillet 1914 règle l'organisation de l'Aéronautique maritime qui comprend :
Le Centre principal est chargé des expérimentations, de l'entrainement, de l'instruction et des approvisionnements. Maintenant La FOUDRE lui est rattachée. Fin 1916, apparait le sigle CEPA, qui existe encore, et qui résulte d'une nouvelle organisation du commandement né sous la pression des évènements de la guerre : la Commission d'Etudes Pratiques de l'Aéronautique Navale est créée à la base de Fréjus - Saint-Raphaël. En 1921, 1924 et 1927, Le Service central de l'Aéronautique est réorganisé, mais la C.E.P.A. reste en place et les essais, les expérimentations, la formation du personnel sont toujours assurés sur la base. En 1977, enfin, la C.E.P.A. devient " LE " C.E.P.A., Centre d'Expérimentations pratiques de l'Aéronautique navale, toujours implanté sur la base de Fréjus - Saint-Raphaël. En 1995, à la fermeture de la base, le C.E.P.A. va s'installer sur la base d'Aéronautique navale de Hyères Avant d'aborder les
travaux effectués sur les matériels du " Centre d'expérience
", il faut citer deux organismes qui ont marqué la vie de
la base, il s'agit : La création opérationnelle de ce Centre date du décret du 20 mars 1912, reprenant les propositions faites par le C.V. DAVELUY. Le Service de l'Aviation maritime comprend :
Le 14 janvier 1913, 11 nouveaux centres sont prévus, mais celui de Fréjus - Saint-Raphaël reste le principal pour les expérimentations et les essais de matériels d'aviation. Le 24 février est créé, sous les ordres du C.E.M. un Service central de l'Aviation maritime. Puis le décret du 10 juillet 1914 règle l'organisation de l'Aéronautique maritime qui comprend :
Le Centre principal est chargé des expérimentations, de l'entrainement, de l'instruction et des approvisionnements. Maintenant La FOUDRE lui est rattachée. Fin 1916, apparait le sigle CEPA, qui existe encore, et qui résulte d'une nouvelle organisation du commandement né sous la pression des évènements de la guerre : la Commission d'Etudes Pratiques de l'Aéronautique Navale est créée à la base de Fréjus - Saint-Raphaël. En 1921, 1924 et 1927, Le Service central de l'Aéronautique est réorganisé, mais la C.E.P.A. reste en place et les essais, les expérimentations, la formation du personnel sont toujours assurés sur la base. En 1977, enfin, la C.E.P.A. devient " LE " C.E.P.A., Centre d'Expérimentations pratiques de l'Aéronautique navale, toujours implanté sur la base de Fréjus - Saint-Raphaël. En 1995, à la fermeture de la base, le C.E.P.A. va s'installer sur la base d'Aéronautique navale de Hyères Avant d'aborder les
travaux effectués sur les matériels du " Centre d'expérience
", il faut citer deux organismes qui ont marqué la vie de
la base, il s'agit : Sur ce territoire amphibie, l'histoire de la B.A.N. se découpe en deux phases, séparées par la deuxième guerre mondiale. Avant 1940, la Marine se préoccupe particulièrement des hydravions, le site est parfaitement adapté à leur expérimentation, les avions à roues se contentant de terrains engazonnés de faibles dimensions. L'après-guerre voit la disparition de l'hydravion, et le développement vertigineux de l'avion à roues qui requiert des pistes de dimensions généreuses. Ce changement va conditionner le destin de la B.A.N. par le biais des infrastructures. En ce qui concerne les hydravions, les hangars sont installés au plus près du bord de mer, les hydravions mis à l'eau et ramenés à terre par l'intermédiaire de rampes ou de grues dont les charges atteignent les 15 tonnes. Les hydravions d'exploration trouveront abri sous le hangar CAQUOT, terminé en 1935, mesurant 120 m. de long et 60 m. de large, conçu par l'ingénieur du même nom, mais qui a beaucoup uvré dans le domaine aéronautique car il fut en 1917 Directeur des Services techniques de l'Aviation et, de 1928 à 1934, Directeur général technique au Ministère de l'air, réussissant à faire de la technique aéronautique française une des premières du monde. Pour ce qui est de l'avion à roues, le terrain est en 1923 en partie constitué de sable, entrainant fréquemment des avaries de train d'atterrissage et des béquilles. Des crédits sont demandés ; il est répondu : Utilisez la main d'uvre du Centre et des corvées des Troupes coloniales pour accélérer par des apports de terre la stabilisation du terrain . Seule une aire restreinte, dite bouchon de champagne à cause de sa forme est réalisée en dur pour permettre l'entrainement des pilotes de l'Aviation d'escadre opérant à partir de plateformes nautiques. En 1928, enfin, des crédits sont votés pour permettre le remblaiement et le ré-engazonnement du terrain, alors que le terre-plein des hydravions est goudronné. Après la guerre, le terrain est déminé en 1945 et une piste pour avions légers est aménagée : orientée NO-SE elle mesure 750 m. de long sur 50 m. de large. Ce n'est qu'en 1956 qu'est construite la piste en béton de 1.000 m. de long sur 30 m. de large, qui sera allongée à 1.200 m. par la suite. Entre temps, pour tenir compte de l'évolution des avions, des projets avaient été proposés :
Dans la
nuit du 2 au 3 décembre 1959, la rupture du barrage de Malpasset
n'épargnait pas la base où les dégâts matériels
furent très importants. Dès les premières heures
du sinistre, la BAN participa au sauvetage civil. L'impossibilité de faire aboutir les projets avait conduit la Marine à envisager la fermeture de la Base en 1965, 1972, 1975. En 1976 cependant, M. Yvon BOURGES, Ministre de la Défense, décidait le maintien de la B.A.N. En 1983, la Marine abandonne de projet de réorientation de la piste. Ainsi, "infrastructurellement"
parlant cette bas créée pour les besoins en expérimentation
des matériels aéronautiques destinés à l'époque
où elle correspondait exactement aux besoins, n'a pas pu évoluer
pour permettre la poursuite des activités d'expérimentation
de matériels aériens de la C.E.P.A. Cette coupure de la deuxième guerre mondiale a provoqué la remise en cause des hydravions et le développement prodigieux de l'avion à roues au sein de l'aéronautique navale. Cette coupure n'a pas affecté le domaine de la Base, cependant :
Le rôle de la C.E.P.A. est d'essayer et d'établir les procédures d'emploi des nouveaux matériels. Dès lors, le parc aérien de l'escadrille d'essai de la C.E.P.A., qui deviendra la 10S en 1946, est fort disparate : il se compose de tous les avions en essais ou expérimentations dont certains ne feront pas l'objet de réalisations en série car ils ne remplissent pas les conditions exigées par la Marine, et de quelques avions servant de support à des essais ou des expérimentations d'équipements aéroportés : le N 2504, unique en son genre, qui a sillonné longtemps le ciel de la base en est un exemple remarquable. La spécifité des travaux menés sur cette base a conduit a créer une structure de commandement unique en son genre. Le Commandant du
Centre dispose d'une section opérationnelle qui regroupe le personnel
chargé de l'utilisation militaire des matériels : pilotes,
personnel volant, mécaniciens
etc et d'une section technique,
dirigée par un ingénieur de l'armement, qui est chargée
de la mise en uvre de toutes les installations de mesure, embarqués
sur les aéronefs ou à terre. Le personnel civil de cette
section technique appartient à la Défense, ses qualifications
permettent de conférer le label Etat aux essais effectués
par la (puis le) C.E.P.A. Cette mixité de personnel, militaire et civil, affectés sur ce Centre, a conféré à cette base un état d'esprit particulier : faite de rigueur, d'enthousiasme, et d'une grande aptitude à savoir travailler en équipe, pour le développement de l'aéronautique. Mais, qu'a donc fait le personnel affecté sur cette base ? L'histoire peut se décomposer en quatre phases : Jusqu'en 1914 , il faut inventer des avions capables de décoller de la mer et de se poser sur l'eau, et de valider les méthodes de pilotage des avions au cours de ces deux phases. Les constructeurs cherchent dans deux directions : celle de l'hydravion à coque qui avait la préférence de la Marine, car elle les juge plus marins, celle des hydravions à deux flotteurs, version navalisée des avions terrestres. C'est ainsi que :
En juillet 1917, le Centre met en uvre 54 hydravions pour l'instruction et en avril 1918, il y a 75 hydravions en ligne. Le 18 novembre 1929,
le Croiseur Sous-Marin "Surcouf" fut lancé et
effectua sa première plongée le 10 juillet 1931 avec à
son bord l'hydravion Besson, remplacé par la suite par les nouveaux
MB 411. Le début des années 30 fut consacré aux essais
des hydravions Besson, Léo, et Loire[...]. Jusqu'en 1939,
Lors du second conflit mondial l'Aéronautique Navale put prouver son efficacité. En effet, le 19 mai 1940 les Loire Nieuport 40 et les Chance Vought piquèrent à 70° sur les colonnes allemandes. Le travail de l'aviation d'escadre et le CEPA n'étaient donc pas des chimères. La troisième
période va de 1918 à 1940, c'est la période de développement
de l'aviation de porte-avion : il faut imaginer les procédures
et les matériels nécessaires au décollage et à
l'appontage. On développe l'hydraviation embarquée sur les
cuirassés et les croiseurs, avec lancement par catapulte et récupération
par tapis flottant. C'est la période des raids et des grands hydravions.
L'immédiate après-guerre amène la C.E.P.A. à étudier et expérimenter des matériels ex-allemands, récupérés comme dommages de guerre puis, rapidement, à se livrer aux expérimentations et essais d'aéronefs, d'équipements et d'armements français. Le champ de mesures
s'étend. Le secteur Pampelonne-Camarat est choisi et équipé
de cinéthéodolites récupérés en Allemagne,
mais dès 1950 il se révèle trop exigu et les Services
techniques de la C.E.P.A. organisent une première campagne d'essais
à l'île du Levant et, en 1952, est créé sur
l'île le Centre d'Essais et de Recherches d'Engins Spéciaux,
le C.E.R.E.S. qui constitue une annexe de la C.E.P.A. De nombreux lancements
seront effectués : Masurca
etc. Les activités de la C.E.P.A. sont si nombreuses qu'il faut les résumer par catégories et, arbitrairement, on peut les sérier ainsi :
Les équipements et les armements sont essayés et étudiés d'abord sur des bancs d'essais volant, puis sur les avions d'armes en cours d'expérimentation, et dont la liste est infinie. Tout ce qui concerne les matériels de l'Aéronautique navale a été essayé et expérimenté par les personnels du C.E.P.A. et de ses Services techniques, ici sur la base de Fréjus - Saint-Raphaël, ou à partir de cette base pour ce qui concerne les avions que l'infrastructure ne pouvait accueillir. Le C.E.P.A. a donc été amené à créer des détachements :
L'activité exercée sur la B.A.N. était d'une importance capitale pour l'aéronautique en général et l'aéronautique navale en particulier, mais elle était discrète, les vols d'essais ou d'expérimentation se succédant à une allure de sénateur. Le choix de l'essai à exécuter, sa préparation et l'analyse des données après atterrissage, comptent pour 90% du temps consacré à l'essai. Le niveau de compétence des personnels, leur enthousiasme, leur capacité à unir leurs efforts dans un but commun, ont été les critères de sélection des personnels affectés sur cette base d'aéronautique navale, et cela depuis sa création.
Histoire de la B.A.N. Extrait
de la Plaquette officielle 1910 fut l'année durant laquelle une commission spéciale du Ministère de la Marine étudia le rôle que jouerait l'Aéronautique dans les guerres navales. Ce fut la même année que sept officiers de marine passèrent leur Brevet de pilote et que le premier appareil de la marine fut acheté (un Farman). En dépit
des polémiques soulevées par ses détracteurs,[...]
l'aviation maritime reçut l'agrément du Ministre de la marine,
Monsieur Delcassé, qui décida, le 26 octobre 1911, d'établir,
à l'embouchure de l'Argens, sur la baie de Fréjus Saint-Raphaël,
le premier aérodrome naval, choix particulièrement judicieux
Ce fut donc sur ce terrain marécageux que naquit "l'Aviation Maritime" depuis rebaptisée "Aéronautique Navale". Il fut d'ailleurs plus facile, dit-on, de prendre pied sur ce sol spongieux que de réduire l'opposition de trois services administratifs perturbés dans leur routine par ce débarquement en force:
Armé par
un Lieutenant de Vaisseau Chef de Centre, 4 officiers mariniers et 39
quartiers maîtres et marins, le "Centre Principal de l'Aviation
Maritime" recevait bientôt le premier hydravion de la Marine,
un "canard Voisin , Le total des heures
de vol en 1912 fut de 10 heures 24 minutes . Outre le Centre Principal
à terre, l'aviation maritime disposait de navires : un transport,
la "Foudre", et plusieurs petits bâtiments. Mais ce fut
seulement en 1913 que le premier programme d'Aéronautique Navale
fut approuvé par le Ministre Ainsi, au moment où la guerre de 1914-1918 éclata, l'Aéronautique Navale n'existait que de façon embryonnaire, et le centre de Saint-Raphaël n'avait été que partiellement installé. C'est le 13 mars 1914 que deux hydravions Nieuport pilotés par le Lieutenant de Vaisseau de l'Escaille et le Lieutenant de Vaisseau Destrem ralliaient Ajaccio (en trois heures). À noter que le même jour, l'Enseigne de Vaisseau Janvier échouait sur Voisin. Le 8 mai 1914, René
Caudron réalisait le premier décollage depuis la piste en
bois du "Porte-avions" Foudre, mais amérrit au
retour. Durant le même mois de mai 1914 survinrent les succès
de Nove-Josserand sur Caudron et de Janvier sur Voisin aux grandes manoeuvres
navales. De l'Escaille repérait des sous- En août 1914, la guerre vit l'aviation maritime accroître son potentiel de trente appareils à plus d'un millier. En plein conflit, l'arrêté du 8 septembre 1916, rectifié le 25 novembre de la même année, créait la Commission d'Études Pratiques d' Aéronautique. Par la suite, la C.E.P.A. devint le Centre d' Expérimentations Pratiques de l'Aéronautique Navale, dont l'appellation est toujours en vigueur aujourd'hui. Dès 1918,
le Lieutenant de Vaisseau de l'Escaille, le Lieutenant de Vaisseau Teste
et l'Enseigne de Vaisseau Guerre procédaient aux premiers vrais
essais de porte-avions. De 1920 à
1925 de nombreux essais de matériels et de méthodes de combat
furent menés à bien. C'est durant cette période qu'eurent
lieu les premières simulations de bombardement en piqué
(avec des sacs de plâtre) et à haute Le Commandant Teste, qui fut à l'origine de nombreuses expérimentations à partir des "porte-avions", mourut à Villacoublay en 1925. Le 18 novembre 1929,
le Croiseur Sous-Marin "Surcouf" fut lancé et
effectua sa première plongée le 10 juillet 1931 avec à
son bord l'hydravion Besson, remplacé par la suite par les nouveaux
MB 411. Le début des années 30 fut consacré aux essais
des hydravions Besson, Léo, et Loire[...]. Jusqu'en 1939, Lors du second conflit mondial l'Aéronautique Navale put prouver son efficacité. En effet, le 19 mai 1940 les Loire Nieuport 40 et les Chance Vought piquèrent à 70° sur les colonnes allemandes. Le travail de l'aviation d'escadre et le CEPA n'étaient donc pas des chimères. Désarmé en septembre 1940, le Centre fut rendu en 1945 à sa vocation expérimentale. En 1946 le Centre était progressivement réarmé et c'est alors que la section d'essais devint l'Escadrille 10 S, l'actuelle escadrille d'avions de la BAN. En 1950, débutèrent les premiers essais d'hélicoptères, avec l'appontage du Bell 47 D à bord de l'"Émile Bertin" sur une plate-forme en bois, placée à l'avant du bâtiment. Dix ans plus tard, l'Alouette II appontait sur l'Escorteur d'Escadre "Cassard". En 1954, était implantée à St-Raphaël une annexe de l'Ecole de Maistrance qui allait rapidement devenir l'Ecole de Maistrance de l'Aéronautique Navale. Le 1er février 1956 fut formée l'Escadrille 20 S à partir de la section d'hélicoptères de la 10 S. La nuit du 2 au
3 décembre 1959, la rupture du barrage de Malpasset n'épargnait
pas la base où les dégâts matériels furent
très importants. Dès les premières heures du sinistre,
la BAN participa au sauvetage civil. Les aéronefs de la base durent
être transportés par la route jusqu'au port de Saint- En 1960 le CEPA participa à la première campagne des installations d'aviation sur le porte-avions "Clémenceau". C'est en 1978 que commencèrent les travaux de l'Ecole de Survie ; ceux-ci furent achevés en 1980. L'ESSAN (École de Survie et de Sauvetage de l'Aéronautique Navale) put alors commencer ses stages pour les pilotes de la marine, des autres armées et de l'Aviation civile, française et étrangère . Elle a effectué 47 stages en 1987, soit un total de 573 stagiaires. En 1979, la 20S
fêtait sa 50.000e heure de vol. La même année la base
ouvrait ses portes à 20.000 personnes pour informer le public sur
ses activités. L'École de Maistrance Aéro fut transférée
au CIN de Brest en Novembre 1983. Ce fut la fin d'une longue tradition
de la base. Place était ainsi faite aux La Marine Indienne vint sur la base en 1984 pour essayer du matériel de détection. Ce fut également en 1984 que l'on créa une antenne du Centre d'Expérimentations Pratiques de l'Aéronautique Navale à Cazaux pour expérimenter les nouveaux armements de nos avions de chasse (Super Étendard et Crusader). Depuis 1985 le détachement d'Istres étudie et expérimente les matériels de l' "Atlantique II" nouvellegénération. Le 14 mai 1988, la base fête ses 75 ans d'activité et dresse un bilan très positif de son histoire. La BAN suscite désormais une curiosité accrue de la part du public. Aujourd'hui, le Centre d'Expérimentations de Fréjus Saint-Raphaël est toujours chargé de l'expérimentation des aéronefs de la marine, avions et hélicoptères, de leur équipement, radar, sonar, radio, ainsi que de leur armement. En raison de sa
situation unique sur le Golfe de Fréjus Saint-Raphaël, le
centre peut accueillir de nombreux visiteurs étrangers à
la marine pour l'exécution d'essais particuliers au milieu marin,
comme les stages d'entraînement à l'utilisation des équipements
de secours et de sauvetage de l'Aéronautique ICONE : composition J. Houben |