Musée des troupes de marine

Avant même la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le général de Lattre deTassigny donnait l'ordre de constituer un lieu de mémoire pour les troupes coloniales.

Inaugurée en mars 1949, à l'Ecole militaire, déménagée à la caserne de Clignancourt, la Salle d'honneur des troupes de marine rejoignit Fréjus en 1965. En effet, à l'initiative du général Gallieni, la ville était devenue, à partir de 1915, la principale garnison des troupes indigènes. Et depuis cette époque, les casernements rénovés des « camps du sud-est » sont
devenus la « maison mère » des troupes de marine. En 1979, le général Chef d¹Etat-major de l'Armée de terre décidait de créer à Fréjus un véritable musée en remplacement de l'ancienne salle d'honneur : le musée fut inauguré en octobre 1981.

Depuis 1981, le musée s'est développé grâce au soutien de l'Association des amis du musée (AAMTDM, forte de près de 4 000 membres), qui a permis la construction de deux premières extensions et le doublement de la surface initiale, pour la porter à près de 2 000 m2. Le projet d'une troisième extension est à l'étude, ainsi que la rénovation des salles d¹exposition permanente.

Musée d'histoire, de sciences et techniques, d'arts et traditions militaires, mais aussi d'aventures humaines, le musée des troupes de marine présente une évocation illustrée aussi bien par des biens muséaux très diversifiés que par des archives ou des documents iconographiques.

L'histoire de l'arme qui a donné ses empires coloniaux à la France sert de fil conducteur à l'histoire de la France d'outre-mer évoquée à grands traits.

La collection des objets s'est considérablement enrichie au cours des dix-neuf années d'existence du musée, principalement grâce aux dons des particuliers et de l'AAMTDM. Quelques chiffres permettent de préciser l¹importance des collections présentées au public : 120 vitrines, 55 uniformes, 100 armes à feu et armes blanches, plus de 130 coiffures et 250 décorations, quelques 2 000 insignes. Le public peut admirer en particulier
une très belle collection de 25 armes spécifiques de la Marine (du sabre de marine 1769 au révolver Lefaucheux 1858), en service dans l'infanterie et l'artillerie de marine, ainsi que les très nombreux souvenirs de coloniaux illustres, moins célèbres, voire anonymes.

Par ailleurs, plus d¹une centaine d¹emblèmes et de fanions, une cinquantaine d¹affiches originales de recrutement, et 130 tableaux sont accrochés aux cimaises du musée. Les gouaches originales de Rousselot, Toussaint et Lajoux permettent de présenter l¹intégralité des tenues et uniformes portés par les marsouins, les bigors et les tirailleurs, du XVIIe siècle aux années trente du XXe siècle. Quelques oeuvres plus récentes complètent la série, réalisées par des peintres officiels des armées, mais aussi par les artistes qui participent au Salon de peinture du musée. Au total plus de 7 000 numéros
figurent à l¹inventaire du musée.

L¹histoire présentée dans le musée s¹étend sur près de quatre siècles.

En 1622, Richelieu créa les « cent compagnies de la mer » : cette première troupe d¹infanterie de marine appelée à former la garnison des vaisseaux du roi, devint, en 1626, le régiment « La Marine ». A la fin du siècle, les « compagnies franches » (1683) furent envoyées au Canada, tandis que les « compagnies de bombardiers de la marine » étaient affectées à la défense des grands ports du Ponant (Brest et Rochefort) et du Levant (Toulon).

Dès le milieu du XVIIIe siècle, on procéda au recrutement de troupes indigènes, d¹abord les cipayes aux Indes (1750), puis les laptots de Gorée au Sénégal (1765). Le corps royal d¹infanterie et d¹artillerie de marine fut créé en 1769, remplacé, en 1772, par le corps royal de la marine, composé de huit régiments, dits des ports, dont ils portent les noms : Bayonne, Bordeaux, Brest, Le Havre, Marseille, Rochefort, Saint-Malo et Toulon. Pour la
première fois, leurs drapeaux d¹ordonnance portaient l¹ancre de marine, marque symbolique que les troupes de marine ont conservée sur leurs attributs jusqu¹à nos jours.

Les souvenirs de l¹Ancien Régime sont rares. Parmi les plus précieux citons : un plan de défense du bourg de Saint-Pierre (Martinique) daté de 1683 ; une plaque de giberne d¹un régiment des colonies, et le premier modèle de pistolet réglementaire de la marine (1779). Une très belle maquette d¹un vaisseau de 74 canons est l¹occasion d¹évoquer la place particulière des marsouins et des bigors à bord des bâtiments de la Marine.

L¹artillerie de marine participa aux campagnes de l¹Empire, avec sept brigades et, à partir de 1804, avec les quatre premiers régiments d¹artillerie de la marine, qui s¹illustrèrent en 1813, en particulier à Lützen, plus ancienne inscription de bataille figurant sur les emblèmes des troupes de marine.

Au XIXe siècle, le développement des possessions outre-mer se traduisit, à partir de 1822, par un accroissement des effectifs des troupes de marine. Au milieu du siècle, la Marine ayant créé des formations de fusiliers-marins et de canonniers-marins, fantassins et artilleurs de marine abandonnèrent le service des armes et la man¦uvre des agrès aux matelots. N¹étant plus que transportés à bord des bâtiments, les fantassins de marine furent surnommés « marsouins » par les matelots, par référence aux cétacés qui accompagnent les navires. Le surnom, moqueur à l¹origine, deviendra rapidement un motif
de fierté et continue d¹être porté par tous ceux qui servent sous l¹ancre d¹or ! Quant aux « bigors », leur surnom proviendrait de l¹assimilation des artilleurs de marine à des bigorneaux, les soldats étant débarqués des navires pour être désormais fixés à leurs batteries côtières, comme le coquillage sur le rocher .

Quelques vitrines ne manquent pas de présenter les combats de la « Division Bleue », qui lutta jusqu'à « la dernière cartouche » dans les Ardennes, les 31 août et 1er septembre 1870. Les régiments coloniaux, engagés pour la première fois dans une même grande unité, furent aux prises avec le 1er Corps bavarois. Leur résistance héroïque, deux jours durant, leur coûta deux mille six cents hommes. De ces terribles moments naquit l¹esprit de corps
d¹une arme, où, depuis cette date, l¹on fait volontiers référence aux forces morales qui fondèrent alors la détermination des marsouins et bigors : seule une troupe professionnelle, aguerrie par les campagnes coloniales, eut la volonté et la capacité de « faire Bazeilles » . Ces combats sont évoqués par quelques objets chargés de sens : l¹épée du général de Vassoigne, qui commandait la division, et auquel l¹arme fut laissée en hommage à l¹héroïsme de ses troupes ; le bidon d¹une cantinière des troupes de marine ramassé sur le champ de bataille à l¹issue des combats ; un coq qui servait de girouette
sur le clocher de l¹église de Bazeilles, village anéanti à l¹issue de la bataille...


L¹épopée coloniale de la IIIe République connut son apogée au début du XXe siècle.

Les campagnes s¹étaient multipliées, et les colonies se créèrent les unes après les autres : Sénégal, Pacifique, lndochine, Soudan, Madagascar, Afrique occidentale, puis l¹Afrique centrale, sous l¹impulsion de Borgnis-Desbordes, Archinard, Gallieni, Mangin, Gouraud, Largeau, Marchand... Ces territoires, ces grands chefs et leurs soldats sont présentés dans les vitrines au travers des souvenirs personnels ou des trophées qu¹ils ont légués. Mentionnons trois pièces exceptionnelles : les médailles coloniales (décoration créée en juillet 1893) du général Mangin, du général Kieffer et du capitaine de Thézillat, portant des agrafes en or, en témoignage des grandes missions africaines des années 1898-1900 :

     - « De l¹Atlantique à la Mer Rouge » pour la mission Marchand,
     - « Mission Saharienne » pour la mission Foureau-Lamy,
     - « Centre Africain » pour la mission Gentil-Robillot.

En 1900, les troupes de marine quittèrent le marine et furent rattachées au ministère de la Guerre (armée de terre) sous l¹appellation nouvelle de « troupes coloniales ».

Parmi les coloniaux célèbres, le maréchal Gallieni tient une place particulière. Fréjusien d¹adoption par son mariage, il a été inhumé à Saint-Raphaël. Le musée conserve l¹automobile Koch, sortie des ateliers de Clichy, dont il se servit à Madagascar de 1900 à 1905 ; la tunique modèle 1883 qu¹il portait à la même époque, sur laquelle les 3 étoiles de général de division sont présentées « à la mode coloniale », sur 7 galons d¹or ; un portrait du général, une réplique de la statue érigée à Saint-Béat, son pays natal, et plusieurs meubles, dont les bureaux sur lequel il travaillait au Tonkin et à Madagascar.

Six vitrines couvrent la Grande Guerre de 1914-1918, dans laquelle furent engagés deux corps d¹armées coloniaux en France, et trois divisions en Orient. Le régiment d¹infanterie coloniale du Maroc gagna le titre de régiment le plus décoré de France, obtenant 10 citations à l¹ordre de l¹armée . Les unités venues d¹outre-mer ne furent pas en reste. Le 43e bataillon de tirailleurs sénégalais, le bataillon de tirailleurs somalis et le 12e bataillon de tirailleurs malgaches, furent aussi parmi les plus glorieuses.

Quatre héros de l¹arme, peuvent être choisis comme exemples, car ils ont incarné les vertus traditionnelles dans l¹arme, la valeur, la détermination et l¹esprit d¹abnégation :

     - Mangin, le « père de l¹Armée noire », qui entra en Allemagne à la tête de
       la 10e Armée,      
     - Marchand, légendaire chef de la 10e DIC,
      - Van Vollenhoven, qui renonça à sa charge de Gouverneur pour servir au front,
       où il fut tué à la tête de sa compagnie en juillet 1918, et
      - Mathieu Jouy, « héros du fortin de Beauséjour », qui, seul contre huit adversaires,         parvint à couvrir le repli de ses camarades. Sa bravoure lui valut de recevoir
       la Médaille militaire en 1915, puis la Légion d¹honneur que lui remit le général Joffre        en 1916.

La Grande Guerre à peine terminée, les combats reprirent autour de la Méditerranée.

Au Levant, puis au Maroc, les régiments coloniaux tinrent leur place au milieu l¹armée d¹Afrique, sous les ordres de Gouraud et de Lyautey. En 1924-1925, les Sénégalais du
5e RTS combattirent héroïquement les bandes fanatisées d¹Abd-el-Krim. Les chefs des postes du Rif devinrent célèbres dans la geste coloniale pour les prodiges d¹héroïsme qu¹ils ont déployés :

     - Pol Lapeyre à Beni Derkoul,
     - Bernez-Cambot au Bibane,
     - Berger à Aïn Matouf

sont les plus connus.

L¹Exposition coloniale de 1931, orchestrée par le Maréchal Lyautey, a incontestablement marqué les esprits. Les pavillons de toutes les terres françaises, proches ou lointaines, furent visités par des millions de visiteurs dans le bois de Vincennes. On connaît moins sans doute l¹existence du défilé du 14 juillet 1931, qui vit un grand cortège des troupes
coloniales traverser Paris : précédant les emblèmes de tous les régiments coloniaux,
18 détachements regroupant près de 500 personnages revêtus des anciens uniformes reconstitués de toutes les unités ayant servi dans l¹empire colonial français, depuis le XVIIe siècle, défilèrent sur les grands boulevards. Le général Gouraud présenta ce cortège prestigieux au chef de l¹Etat, entouré des ambassadeurs de toutes les Nations du monde ! Le visiteur peut imaginer ce que fut cette journée exceptionnelle pour la Coloniale en admirant le défilé de 250 figurines présenté dans le musée, à l¹imitation du défilé de 1931.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les coloniaux abordèrent les combats avec détermination. Mais leur héroïsme fut vain, marsouins, bigors et tirailleurs payèrent très cher cette défaite : 40 % des pertes totales de l¹Armée française, de nombreux Sénégalais étant massacrés par réactions racistes de l¹ennemi. Mais ce sont encore les coloniaux qui, après le 18 juin et selon les mots du général de Gaulle, « ramassent les tronçons du glaive ». Ils furent, avec leurs camarades légionnaires et quelques autres,
des premiers combats des Forces françaises libres : Mourzouk, Kub-Kub et Koufra. Autour de quelques chefs décidés, ils redonnèrent aux Français des raisons d¹espérer dans l¹avenir du pays.

Signalons la vitrine du 1er bataillon d¹infanterie de marine, formé d¹éléments stationnés à Chypre et au Levant, ralliés dès juin 1940 au général de Gaulle. Après Bir Hakeim, en juillet 1942, il fusionna avec le bataillon du Pacifique pour créer le BIMP. Fait exceptionnel, à sa création, le 1er bataillon reçut un emblème britannique, dont les reliques sont exposés au musée, avec d¹autres souvenirs tout aussi précieux.

Au sein de la 1re Division française libre, puis du Corps expéditionnaire français en Italie, ainsi que dans les rangs de la 1re Armée, les coloniaux prirent part à tous les combats de la Libération, en Europe puis en Extrême-Orient. La 1re Division française libre, les unités coloniales de la 2e Division blindée et la 9e Division d¹infanterie coloniale sont en bonne place dans le musée. Rappelons que sur les neuf unités militaires de l¹armée de terre
reconnues comme compagnon de la Libération par le général de Gaulle, six appartenaient aux troupes coloniales :

     - Bataillon de marche n° 2, 1er
     - Bataillon d¹infanterie de marine et du Pacifique,
     - 2e brigade de la DFL,
     - 1er régiment de marche du Tchad,
     - 1er régiment d¹artillerie de marine,
     - 1er groupe du 3e régiment d¹artillerie de marine.

La présentation des guerres d¹Indochine s¹ouvre sur le coup de force japonais du 9 mars 1945.

Emouvants souvenirs que ceux laissés par le colonel Le Cocq, tué d¹une balle au coeur en contre-attaquant : sa carabine USM1 et son stick sont présentés à côté des reliques de l¹étendard du 4e RAC, brûlé dans la citadelle de Hanoi pour qu¹il ne tombe pas aux mains de l¹ennemi.

Deux vitrines sont également consacrées au Corps léger d¹intervention et au Commando Ponchardier, trois autres au Bataillon français de Corée. Le musée conserve la trompe d¹auto que le « Ponch » ou le « Pacha », autrement dit le capitaine de corvette Ponchardier, portait à la ceinture (pour signaler sa présence) au cours des opérations en Cochinchine (octobre 1945 à juin 1946).

Dans les vitrines consacrées à la guerre d¹Algérie, mentionnons les décorations du lieutenant Guillaume, tué en mars 1957 à la tête de son commando. Fait rarissime, l¹unité devait conserver le nom de « commando Guillaume » jusqu¹à sa dissolution.

Les troupes coloniales devinrent troupes d¹outre-mer en 1958, puis à nouveau troupes de marine en 1961. Elles assurèrent avec efficacité le délicat transfert des souverainetés au moment des indépendances. Mieux, elles surent s¹adapter de manière remarquable aux nouvelles missions apparues à cette époque dans le cadre des accords de Défense et de coopération qui lient la France avec de nombreux pays du monde.

Les subdivisions d¹arme ou les spécialités disparues ne sont pas oubliées dans le musée :

     - intendance coloniale,
     - service du matériel et des bâtiments,
     - télégraphistes coloniaux,
     - méharistes,
     - aviateurs.

Quant au service de Santé, une place importante lui est consacrée. Les médecins de la marine ou des troupes de marine partagèrent avec leurs frères d¹armes les risques des
combats. Le musée rappelle que plusieurs d¹entre eux sont morts pour la France sur les champs de bataille. Mais ils furent aussi des chercheurs renommés, qui luttèrent avec efficacité contre les grandes endémies et firent des découvertes scientifiques capitales dans l¹histoire de la médecine. Citons simplement les travaux de Yersin qui découvrit le microbe de la peste (1894), Simond qui identifia le mode de transmission de la maladie (1898), Girard et Robic qui mirent au point le vaccin contre la peste (1934) ; et les recherches des médecins Chiffaux, Huguenard et Laborit qui furent les premiers à utiliser l¹hibernation artificielle pour traiter les grands blessés en Indochine.

Quelques vitrines proposent une évocation succincte des opérations récentes : Tchad, Liban, Cambodge, Golfe, Ex-Yougoslavie, et jusqu¹à l¹une des dernières interventions humanitaires, l¹opération « Libage » au Timor Oriental, achevée en janvier 2000.

Des objets ayant appartenu au général Nemo rappelle enfin le rôle essentiel qu¹il joua en créant, en 1961, à la demande du général de Gaulle, le Service militaire adapté. Cette expérience qui avait pour but de permettre aux jeunes appelés des DOM et TOM d¹acquérir une formation professionnelle, fut une réussite complète, puisque le nombre
des unités du SMA n¹a cessé de croître, et les spécialités enseignées de se diversifier.

Les troupes de marine constituent aujourd¹hui une force plus que jamais adaptée aux missions d¹assistance et d¹intervention. Deux domaines d¹expertise leur sont plus particulièrement reconnus : le service ultra-marin et les opérations amphibies.

 

Conservatoire du patrimoine des troupes de marine, le musée est également un pôle culturel dynamique et propose des activités diversifiées : un cycle annuel de conférences (le musée dispose d¹une salle de 200 places), des expositions temporaires, et depuis six ans, un salon de peinture à l'automne. Enfin, le musée est accessible aux historiens et aux chercheurs.

Créé en novembre 1996, son Centre d'histoire et d'études des troupes d'outre-mer (CHETOM) est classé dépôt d'archives intermédiaires du ministère de la Défense. Mémoire de la France d'outre-mer, le CHETOM détient un fonds spécialisé de 12 000 livres et de 800 cartons d'archives, qui peuvent être consultés sur place. Ce centre, qui permet en particulier la conservation dans de bonnes conditions et la communication des fonds privés confiés au musée, est désormais un outil essentiel pour préserver la mémoire des troupes de marine, et en assurer le rayonnement. L'accueil des étudiants, l'organisation de journées d'études et de colloques, la publication d'ouvrages, la participation aux enseignements spécialisés d'histoire donnés par les universités dans le Grand Sud de la France, sont autant de résultats de cette volonté d'ouverture, de garder vivante la mémoire de l'arme, et de mettre en valeur son patrimoine. La fréquentation du musée, qui se situe autour de 20 000 visiteurs par an, dont deux tiers de civils, témoigne de l¹audience du musée.

Depuis 1986, Fréjus accueille chaque année le rassemblement de la grande famille de l'Arme, le 31 août, jour de la commémoration de Bazeilles et de la fête des troupes de marine. Témoignant du lien très fort qui unit Fréjus et Bazeilles, les deux pôles de la mémoire des troupes de marine, la crypte du musée à Fréjus garde une urne contenant des reliques de Bazeilles et rend hommage aux 400 000 soldats des troupes de la marine, des troupes coloniales et, enfin, des troupes de marine, morts pour la France sous l'ancre d'or. La fidélité à leur souvenir, le rappel de leur idéal et des valeurs qu¹ils ont défendues, et la célébration de leur sacrifice exemplaire assurent le devoir de mémoire et la fonction éducative du musée. Par les différents objectifs auxquels il s¹efforce de répondre, le musée des troupes de marine concourt à la promotion de l¹esprit de Défense et au renforcement du lien Armée-Nation.

TEXTE : Lt-Colonel A. CHAMPEAUX, Conservateur du Musée des troupes de marine

ICONE : Photo J. Houben