Enceinte du XVIe siècle


<< Grande affaire par les dépenses et par la durée des travaux, l'extension des remparts engloba les faubourgs de la Bourgade. Dès 1542, dans un ordre de portée générale, François 1er avait exprimé sa volonté de voir les villes se fortifier[...]. En 1557, sur l'invitation du comte de Tende, gouverneur de la province, la communauté décida de fortifier la ville en y comprenant la Bourgade:

"laquelle est le meilleur de ladicte ville" [...]

Les menaces de la piraterie turque et les émeutes des "guerres de religion" démontrèrent l'urgence de la construction. Le 8 novembre 1564, Charles IX accorda à la communauté le droit d'enclore la ville de murailles et six années d'exemption fiscale, à compter du 1er janvier 1565 [...]. Les travaux s'étalèrent sur plus de vingt ans. L'achèvement survint, vers 1588, alors que la Valette, lieutenant-général du roi, hâtait les préparatifs des villes côtières en prévision d'un soulèvement de la Ligue [...].

La muraille nouvelle entourait la vieille cité et la Bourgade, d'un périmètre de 1500 m. environ. Cette limite de protection se situait en retrait par rapport à la surface effectivement construite. Quelques groupements de maisons (notamment des installations de potiers près ou au devant des portes Saint-Joseph, Raynaude, ou Saint-François) furent détruits pour les besoins de la
fortification, entre 1577 et 1584 [...]. Alors que le tracé semi-ovalaire de l'enceinte médiévale devait serrer au plus juste les surfaces construites, pour des raisons d'économie, le tracé du XVIe siècle était plus largement prévu. Il englobait des espaces vides, des jardins ou des ferrages qui ne furent jamais bâtis, par de longues sections de murailles rectilignes ou présentant des angles accusés, le pan coupé du nord-est de l'enceinte permit de ne pas empiéter sur le clos du chapitre (le Clos de la Tour). Huit portes ou portalets assuraient la
communication avec l'extérieur [...] :

- à l'est, les portes Saint-Joseph et Raynaude,
- au sud, les portes du Masel (ou de Méoux), de Saint-Pierre, et de Saint-Pons (il est difficile de savoir si cette dernière était distincte de la porte de la Pertussière, nom qui apparaît au début du XVIIIe siècle),
- à l'ouest et au nord, la porte Saint-François (déjà connue sous les noms de porte du puits de Reclus ou de porte Notre-Dame), la porte du Pati (actuelle porte des Gaules), et le portalet de l'Agachon.

Les murailles nouvelles avaient repris des pans de murailles antiques, vers l'ouest et vers le sud. Elles se raccordaient à la vieille enceinte médiévale que l'on traversait difficilement par des ouvertures exiguës, notamment le Grand
Portail qui était fort étroit.

Ces murailles modernes, constituées d'un blocage dépourvu d'appareil et renforcées de tours circulaires ou semi-circulaires, avaient une fonction de police plus que de défense : avec 1,5 m. d'épaisseur à la base, elles n'auraient pas résisté longtemps aux armements modernes. D'ailleurs, entre 1590 et 1595, au moment des guerres de la Ligue, il fallut hâtivement les renforcer par des bastionnages en terre [...]. En 1635, au moment de la prise des îles de Lérins par les Espagnols, la ville chercha à "immortaliser" ces bastions, sans doute en les renforçant de maçonnerie [...].

Ces murs - ou barris -, permettaient un contrôle des entrées et des sorties, offraient une protection contre les attaques-surprise des pirates ou des soldats incontrôlés, ainsi qu'une barrière en temps de peste ou de disette.


Psychologiquement, ils réduisaient le rôle tutélaire des évêques et renforçaient les sentiments d'autonomie d'une ville qui avait pris l'initiative de leur construction.>>
(1)

(1) - " FRÉJUS - V° -XX° siècle, Déclins et Renaissances " par Louis ROBION,professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1987) pages 79 et 80



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