CHARLES-QUINT à FRÉJUS


<< En 1536, Charles-Quint traversa le Var (25 juillet) et rassembla le gros de ses cinquante mille hommes à Fréjus où il séjourna quelques jours, tandis que la flotte d'Andrea Doria qui avait ravagé la côte jusqu'à Hyères, jetait l'ancre sur le rivage ou dans ce qui restait du port de la cité. Il est impossible de mesurer les dégâts, car, curieusement, il n'est pas fait mention directe de la ville de Fréjus même, aussi bien à l'occasion de la terre brûlée pratiquée par les Français devant les Impériaux, qu'à l'occasion de la retraite de Charles-Quint (mi-septembre).

L'armée d'invasion, décimée par la faim et par la maladie, eut, alors, a affronter une guérilla meurtrière des paysans, en particulier dans la région de Fréjus [...] Au passage de l'Esterel, les Impériaux incendièrent les bois remplis de femmes, d'enfants et de bétail qui s'y étaient réfugiés. Cette retraite
catastrophique acheva de donner à l'invasion l'aspect d'une défaite [...] :

" depuis Aix jusques à Fréjus, où l'Empereur avoit premierement logé son camp, tous les chemins estoientjonchéz de morts et de malades, de harnois, lances, piques, arquebuses et autres armes, et de chevaux abandonnéz qui ne pouvaient se soutenir. Là eussiez veu hommes et chevaux tous amasséz en un tas les uns parmy les autres, et tant de costé que de travers, les mourans pesle-mesle parmy les morts, rendans un spectacle si horrible et piteux qu'il estoit misérable jusqu'aux obstinez et pertinax ennemis; et quiconque eu veu la désolation ne la peult estimer moindre que celle que descrivent Josèph en la destruction de Hierusalem et Thucidide en la guerre de Peloponesse. Je dy ce que j'ay veu, attendu le travail que je prins à cette poursuite avecques ma compagnie... de sorte qu'à mon retour à Marceille, je demouray quinze jours sans avoir puissance de monter à cheval. "

Le brigandage et le pillage exercés par les miséreux et les soldats débandés prolongèrent les malheurs de la guerre.

En 1538, à l'occasion de l'entrevue de Nice qui devait conduire à la paix, l'empereur revint à Fréjus ravitailler ses galères. >> (1)

(1) - " FRÉJUS - Ve -XXe siècle, Déclins et Renaissances " par Louis ROBION,professeur au Collège Henri Bosco à La Valette-du-Var (C.R.D.P. de Nice année 1987) Page 71.

ICONE : peinture origine inconnue